Le SIDA à Gaza : « Je sais, donc je ne crains rien »

Une dame assise de dos sur une colline de Gaza
Le Fonds Mondial, un programme mis en oeuvre par le PNUD dans plusieurs pays en développement, offre des services de prévention et des traitements pour les personnes vivant avec le VIH dans les territoires palestiniens occupés. Photo: PNUD PAPP

À cinquante ans, Um Mohammad, mère de neuf enfants, vit dans la bande de Gaza dans les Territoires palestiniens occupés. Il y a 16 ans, des tests ont révélé qu’elle était séropositive.

« Nous avons découvert que j’étais séropositive lorsque j’allaitais ma petite dernière. Le virus m’a été transmis par mon mari, » dit-elle. « J’étais inquiète pour ma petite fille, mais Dieu merci, elle est indemne. Cela a été un tel soulagement. »

Um Mohammad a raconté son histoire lors d’un atelier de formation destiné aux journalistes à Gaza et organisé par le Programme d’aide au peuple palestinien du PNUD, avec le soutien financier du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme. La formation avait pour but de réduire la stigmatisation associée à la maladie et de fournir des messages et des faits précis sur le VIH.

A retenir

  • Plus de 2 000 personnes dans les Territoires palestiniens occupés ont bénéficié de tests de dépistage du VIH et de services de conseil.
  • 22 ONG fournissent des services de prévention, de sensibilisation et de soutien aux personnes vivant avec le du VIH/Sida.
  • Le programme comprend des sessions de sensibilisation et des activités visant à réduire la stigmatisation associée au virus destinées aux chefs religieux, aux médias et aux professionnels de l’assistance juridique.

D’après le ministère de la Santé des Territoires palestiniens occupés, le nombre total de patients atteints du VIH/sida depuis 1987 est de 72, même s’il est difficile d’obtenir des statistiques précises dans le monde arabe, car le nombre de cas signalés est souvent inférieur à la réalité et que les systèmes de surveillance du VIH ne sont pas toujours adéquats.

Ceci est particulièrement vrai à Gaza. D’après les statistiques, parmi les 29 cas de personnes vivant avec le VIH dans la bande de Gaza, seulement huit personnes sont toujours en vie et bénéficient actuellement d’un traitement antirétroviral et d’un soutien fourni à travers le programme du Fonds mondial dirigé par le PNUD. Dans l'ensemble des Territoires palestiniens occupés, 21 personnes porteuses du VIH à un stade avancé sont traitées, et 20 autres personnes vivant avec le virus reçoivent un soutien psychologique.

Le programme du Fonds mondial à Gaza a permis à 2 153 personnes dans les Territoires palestiniens occupés, dont Um Mohammad, de subir le test vital de dépistage du VIH et de participer à des séances d’information. Le programme comprend également des sessions de sensibilisation et des activités visant à réduire la stigmatisation associée au virus destinées en particulier aux chefs religieux, aux médias et aux professionnels de l’assistance juridique.

Aujourd’hui, Um Mohammad mène une vie normale auprès de sa famille. « Beaucoup de gens ne savent pas comment le VIH est transmis, » explique-t-elle. Le VIH se transmet au cours de rapports sexuels non protégés, à travers des transfusions sanguines de sang contaminé ou en utilisant des seringues non stérilisées.

« Je sais, donc je ne crains rien, » dit-elle. « Je peux partager ma nourriture avec mes enfants et utiliser leurs couverts, et je les embrasse avant de dormir, comme n’importe quelle autre mère. Je fais la même chose avec mes voisins et le reste de ma famille. »

Son mari est mort quatre mois après avoir reçu un diagnostique de SIDA. Um Mohammad s'est retrouvée seule pour subvenir aux besoins de sa famille.

Le Fonds mondial a engagé 11 millions USD sur une période de cinq ans (2009-2013) pour mettre en oeuvre toutes les activités du programme dans les Territoires palestiniens occupés. À ce jour, 22 organisations non gouvernementales fournissent des services de prévention, de sensibilisation et de soutien aux personnes vivant avec le VIH/sida dans la Bande de Gaza et en Cisjordanie.

« Il est temps que notre société traite les personnes atteintes du VIH/sida de manière égale avec les reste de la société. Nous aussi avons le droit de vivre, de travailler, d’apprendre et d’être soignés quand nous sommes malades, » conclut Um Mohammad.

Par Amar Bokhari, Reem Abu Shomar et Dania Darwish

*Tous les noms ont été modifiés pour protéger l'identité des personnes atteintes du VIH.

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