Burkina Faso: À 18 ans, Mouniratou se remet de la tuberculose

Mouniratou (Devant) et Djeneba Baro, travailleuse communautaire
Tout au long de son traitement contre la tuberculose, Mouniratou (devant), 18 ans, a eu des visites régulières de Djeneba Baro, travailleuse communautaire. (photo: Kerstin Gosse / UNDP)

Mounitarou, une jeune fille de 18 ans vivant à Bobo-Dioulassou au Burkina Faso, ne cache désormais plus sa joie de vivre. Il y a deux semaines, elle a pris sa dernière pilule et mis un terme à un traitement de six mois contre la tuberculose.

A retenir

  • Plus de 2700 nouveaux cas de tuberculose au Burkina Faso ont été rapportés en 2008.
  • Depuis le lancement du programme en 2005, plus de 5.300 personnes ont bénéficié de ses services communautaires.
  • En conséquence de cette initiative, le succès du traitement au Burkina Faso a considérablement augmenté, passant de 60% en 2000 à 72% en 2007.

« J’étais si malade que je n’avais même pas la force de marcher pour me rendre à ma première consultation médicale. J’étais persuadée que j’allais mourir, mais j’ai reçu beaucoup de soutien, je suis si heureuse d’être encore en vie », explique Mouniratou en donnant une grande accolade à la travailleuse communautaire Djeneba Baro.

La tuberculose reste un problème de santé publique majeur au Burkina Faso aujourd'hui. Plus de 2 700 nouveaux cas ont été signalés en 2008 dans ce pays.

Les deux femmes se sont connues par le biais d’un projet de soins de santé communautaire contre la tuberculose, parrainé par le PNUD. Grâce à ce projet, le PNUD a formé des organisations de la société civile pour assurer des prestations que le personnel médical n’a ni le temps ni les moyens de prendre en charge, comme par exemple, la mission de s'assurer que les patients suivent scrupuleusement leur traitement.

Nous avions beaucoup de malades qui ne se présentaient pas pour recevoir le traitement, mais nous n’avions aucune possibilité d’aller à la recherche des patients qui manquaient à l'appel. À cet égard, la collaboration avec les associations communautaires répond à un besoin pressant », indique Ablasse Sakande, infirmière et responsable des traitements contre la tuberculose à Bobo-Dioulasso.

Ce projet de soins de santé communautaires contre la tuberculose a permis de mettre en place un réseau national d’associations destiné à soutenir les patients pendant toute la durée de leur traitement. Depuis son lancement en 2005, plus de 5 300 personnes ont bénéficié de ces services. Par exemple, les travailleurs communautaires tels que Djeneba Baro aident les patients à comprendre ce qu’ils doivent faire pour aller mieux.

« Dès que l'on constate que les patients ne viennent plus à la clinique pour recevoir leur traitement, je me rends chez eux pour voir ce qu’il en est. Il y a souvent des explications logiques à leur absence. Ils sont parfois trop mal en point pour se déplacer et certains n’ont pas les moyens de payer les frais de transport », explique Djeneba Baro, qui a une longue liste de noms de patients qu’elle visite régulièrement.

À la suite de cette initiative, le taux de réussite du traitement au Burkina Faso a considérablement augmenté. Les évaluations montrent que les patients qui ont bénéficié d’au moins trois visites à domicile durant leur traitement récupèrent mieux et plus vite que ceux qui n’ont pas eu accès au soutien des services communautaires.

La gestion du projet de soins contre la tuberculose est assurée par le Programme d’Appui au Monde Associatif et Communautaire (PAMAC), qui est mis en œuvre par le PNUD.