Répondre à l’épidémie de VIH en Éthiopie


Cours d'éducation sexuelle au Gondar, Ethiopie. Photo: Adam Rogers /UNCDF

La crise du VIH en Éthiopie

En Éthiopie, les premiers cas de VIH ont été recensés en 1986, après quoi la maladie s’est propagée rapidement. En 2009, quelque 1,1 million d’Éthiopiens vivaient avec le virus, mais le pays ne disposait que de ressources et de capacités limitées pour combattre l’épidémie.

À la fin des années 1990, le gouvernement a lancé un important projet VIH s’appuyant sur le programme de perfectionnement des cadres et l’approche « Conversations communautaires » du PNUD. En 2008, la prévalence du VIH était en baisse et 53 pour cent de ceux qui en avaient besoin recevaient un traitement.

Faire participer les individus et les communautés

En tant que coparrain d’ONUSIDA, le PNUD s’efforce d’aider les pays à répondre aux dimensions sociales et de développement du VIH. Il sait que des mesures relatives à la protection sociale, à l’égalité des sexes, aux droits de l’homme et à l’environnement peuvent contribuer à améliorer les résultats dans le domaine de la santé. C’est pourquoi il aide les pays à incorporer le VIH de façon prioritaire dans leurs processus de planification nationale, à renforcer la gouvernance et la coordination des ripostes au virus et à promouvoir les droits de l’homme et l’égalité des sexes.

Acquis principaux:

  • demande en hausse pour les consultations et le dépistage volontaires ;
  • consommation en hausse des préservatifs;
  • intégration et expansion des consultations et du dépistage volontaires;
  • fourniture de services de prévention de la transmission de mère à enfant et de distribution d’antirétroviraux;
  • tendances encourageantes en ce qui concerne l’implication de personnes vivant avec le VIH pour renforcer la participation locale.

Le PNUD a lancé deux méthodologies au cours des années 1990 – le  programme de perfectionnement des cadres et les conversations communautaires – afin d’encourager les partenariats et les ripostes stratégiques intersectorielles au VIH. Le programme de perfectionnement des cadres réunit les responsables de divers secteurs et donne à chacun les moyens de favoriser une culture organisationnelle apte à susciter des changements en profondeur. Les conversations communautaires peuvent être décrites comme un programme qui encourage le dialogue et la prise de décision et permet aux communautés de produire leurs propres réponses à l’épidémie de VIH. Les deux approches, qui se complètent, visent à renforcer le leadership à tous les niveaux de la société.

En Éthiopie, le PNUD a commencé par intervenir auprès du ministère de la Santé publique, qu’il a aidé à planifier une riposte nationale. Il s’est ensuite impliqué au plan opérationnel en soutenant l’introduction des conversations communautaires. S’appuyant sur une expertise acquise aux quatre coins du globe, le PNUD a formé des animateurs locaux pour lancer ces conversations dans quatre provinces, avec des résultats remarquables. Les communautés en sont arrivées à reconnaître l’existence de l’épidémie de VIH et à explorer les normes et pratiques nuisibles qui en favorisaient la propagation. Les femmes en particulier se sont senties suffisamment armées pour aborder des problèmes comme la violence sexuelle et sexiste et la santé génésique.

En 2004, le gouvernement a incorporé la méthodologie des conversations communautaires dans sa stratégie nationale. Cette dernière a été lancée dans tout le pays, non seulement pour susciter des discussions franches ainsi que des modifications comportementales, mais aussi pour aider à définir les priorités du programme national de lutte contre le sida.

En 2009/2010, 89,3 pour cent des kebele (unité administrative de base en Éthiopie) ont organisé des conversations communautaires et formé 24 723 animateurs. Les résultats semblent avoir été tout aussi impressionnants pour les conversations communautaires dans les écoles. Le nombre de communautés participantes continue d’augmenter.

Obtenir des résultats : un impact transformationnel

Les efforts entrepris par l’Éthiopie pour enrayer la propagation du VIH ont donné des résultats impressionnants. Non seulement la maladie est sous contrôle et son incidence est en baisse, mais le pays a accru ses capacités à soigner ceux qui sont infectés (voir les tableaux ci-dessous). L’espérance de vie s’est allongée, ce qui réduit les conséquences économiques des décès précoces.

Des obstacles importants n’en demeurent pas moins. La pérennité des progrès est remise en question par l’important taux de rotation de fonctionnaires clés et les tensions entre institutions nationales et locales. L’extension du programme national à des zones à population très dispersée pèse lourdement sur les ressources disponibles et il reste difficile d’obtenir un financement durable.



Expansion des centres de dépistage du VIH

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Augmentation de la population dépistée

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Appui au changement transformateur
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Etudes de cas de coopération au développement durable et réussie
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Leçons apprises

Il fait peu de doute que le programme de perfectionnement des cadres et les conversations communautaires du PNUD ont grandement contribué au succès du programme éthiopien de lutte contre le VIH. Un certain nombre de facteurs expliquent ce résultat:

 

Positionnement stratégique du VIH dans le secteur plus large de la santé publique et du développement: Le VIH n’a pas été traité comme une question de santé publique isolée mais comme un défi demandant un effort concerté de tous les secteurs.

 

Leadership gouvernemental: Dès le début, le gouvernement a relevé le défi du VIH. Il a mis en place un cadre institutionnel national pour gérer un programme national. En constatant les succès remportés dès le départ par la méthodologie des conversations communautaires, il a rapidement fourni des fonds pour étendre celle-ci à l’ensemble du pays.

 

Application de programmes mondiaux au niveau du pays: Le programme de perfectionnement des cadres et les conversations communautaires étaient des programmes mondiaux qui existaient déjà à l’époque où ils ont été introduits en Éthiopie. Cela a permis à cette dernière de faire part de son expérience et de bénéficier d’initiatives similaires dans d’autres pays.

 

Partenariats internationaux: Le PNUD faisait partie de toute une série d’acteurs qui ont fourni des aides mutuellement complémentaires aux programmes nationaux. Le gouvernement a eu le mérite de se montrer ouvert à de tels partenariats internationaux. Cela lui a permis de s’assurer les ressources financières dont il avait besoin pour relever le défi du VIH.

 

Un développement institutionnel pour préparer le terrain: Il fallait des institutions compétentes et réactives pour gérer l’afflux de fonds internationaux. Même s’il y a eu des tensions entre les institutions nationales aux différents niveaux de la société, globalement, les capacités nationales à concevoir et appliquer des programmes se sont grandement améliorées au cours des quinze dernières années. Les programmes et politiques de renforcement des capacités se sont succédés au cours des années 1990 et au début des années 2000, au rang desquels le programme de perfectionnement des cadres et les conversations communautaires occupent une place proéminente. Cela a ouvert la voie, dès 2005, à un important afflux de ressources en provenance du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme et du Plan d’urgence du Président des États-Unis pour la lutte contre le sida.