Ex-République yougoslave de Macédoine: La foi en l’avenir renaît à Prespa

 Lac Prespa
Beaucoup peut être fait pour combattre la surpêche et atténuer les effets de la pollution dans le bassin de Prespa (Photo: Ljubomir Stefanov/PNUD)

« Avant, nous faisions plein de choses sans réfléchir à leur impact sur l’environnement, explique Naume Toskovski, un cultivateur de pommes dans la région des lacs de Prespa. Nous ne savions pas que jeter les pommes polluait l’eau. Peut-être que c’est différent avec les pesticides et les engrais (les agriculteurs ont toujours tendance à utiliser ces produits chimiques en trop grande quantité, et nous savons qu’ils sont dangereux pour la nature), mais nous ignorions leur degré de nocivité. Il y a peu encore, nous ne connaissions pas de meilleures alternatives. »

 

On sait à présent que les pratiques agricoles dans cette région écologiquement fragile, qui abrite plus de 2 000 espèces d’oiseaux, de poissons et de mammifères, sont l’une des principales causes de la pollution de ces lacs d’eau douce millénaires. Au cours des ans, plusieurs milliers de tonnes de pommes pourries ont été déversées sur leurs berges. Et l’usage excessif de pesticides et d’engrais chimiques est une pratique courante depuis des dizaines d’années. Ajoutées aux effets de l’érosion et à l’absence de tout système de gestion durable pour le traitement des déchets et des eaux usées, ces pratiques ont entraîné une grave détérioration de la santé du lac, mettant en danger l’habitat de nombreuses espèces menacées que l’on ne trouve que dans le bassin de Prespa.

 

Depuis plusieurs années, le PNUD collabore étroitement avec la municipalité de Resen afin d’assainir l’écosystème de Prespa, avec un financement du FEM. Il s’agit d’aider les paysans à adopter des pratiques agricoles plus durables, de sensibiliser le public aux problèmes environnementaux, de chercher des solutions à des problèmes de pollution complexes dans ces étendues d’eau et de formuler un plan global pour la gestion future du bassin hydrographique.

 

Ces initiatives ont déjà permis de réduire de trente pour cent la quantité de pesticides que les paysans utilisent chaque année. Et l’expérience et les connaissances acquises au moment de définir et atténuer les pressions sur les lacs sont extrêmement précieuses et constituent une base solide pour l’élaboration d’un nouveau projet qui s’étalera sur six ans et rendra les eaux considérablement plus salubres.

 

Le nouveau projet, intitulé « Restauration du lac Prespa », aide des centaines de paysans à apprendre de nouvelles pratiques plus écologiques et à les appliquer, notamment dans un verger modèle où on démontre les nombreux avantages qu’il y a à réduire la quantité de pesticides et d’engrais chimiques.

 

Avec un financement généreux, à hauteur de plus de cinq millions de dollars, de l’Agence suisse pour la coopération et le développement, le projet met en place un système de surveillance du lac et un système de gestion, avec un laboratoire dernier cri pour veiller à ce que les capacités locales restent suffisantes pour maintenir la santé à long terme de l’écosystème.

 

Le projet suivra les recommandations du plan de gestion du bassin de Prespa élaboré en 2012 avec l’appui du PNUD. Celles-ci comprennent un reboisement à grande échelle pour combattre les effets de l’érosion, l’introduction de techniques de restauration des zones humides pour contrôler les inondations et filtrer l’eau de la rivière Golema et une gestion des eaux usées améliorée etplus naturelle.

 

En introduisant de telles améliorations dans les pratiques agricoles et la gestion du bassin, on réduira de beaucoup les pressions exercées sur le lac et on pourra enfin contrôler le néfaste processus d’eutrophisation. Ainsi, les espèces rares ou menacées de la région auront de meilleures chances de survie.

 

Quant aux habitants, ils ressentiront aussi les bienfaits de ce projet. Les agriculteurs dépenseront moins s’ils utilisent du compost organique et des méthodes plus efficaces d’irrigation et de contrôle des insectes nuisibles. Tous les habitants de la municipalité auront une eau de meilleure qualité, et si le lac est plus propre, il attirera davantage de tourisme, qui représente une source de revenus autre que l’agriculture.