Panama : des titres fonciers pour aider les agriculteurs à protéger les forêts

Fermiers du Panama brandissant leur titres
Des fermiers du Panama sont enfin entrés en possession des titres de propriété de leurs terres. (Photo: PNUD Panama)

Cela fait 45 ans que Melquiades Jaén vit de ses terres, qu’il les travaille, les cultive, et y fait paître son bétail. Il lui aura pourtant fallu attendre jusqu’à aujourd’hui pour posséder les titres de propriété de ses quelque 130 hectares situés dans la région montagneuse de Capira, au niveau du bassin versant du canal de Panama. La végétation y était jadis luxuriante, mais le couvert végétal a aujourd’hui diminué du fait de mauvaises pratiques en matière d’agriculture et d’élevage.

A l’instar de Jaén, près de 480 agriculteurs sont désormais en possession des titres de propriété de leurs exploitations, grâce au projet d’appui au cadastre et au titrage des terres dans le bassin versant du canal de Panama. Il s’agit d’un projet que l’Autorité du Canal de Panama (ACP) a mis sur pied avec l'appui du PNUD afin de garantir la sécurité juridique de la tenure des terres pour les habitants de ces régions pour la plupart rurales ou semi-rurales.

À retenir

  • Le projet, d’un budget de 2 790 109,87 millions de dollars financés par l'Autorité du Canal de Panama, a permis de cadastrer 31 182 hectares.
  • 4 387 titres de propriété ont été remis aux agriculteurs.
  • Le projet a été mis en place en 2007 et se prolongera jusqu'en 2015.

« Cela fait longtemps que nous travaillons nos terres, et ces titres de propriété nous garantissent d’en être les seuls propriétaires. Tout producteur ou agriculteur aspire à la légitime propriété de la terre qu’il travaille », déclare Jaén.

Il y a plusieurs dizaines d’années, de nombreux autres agriculteurs et petits éleveurs ont, comme lui migré des provinces du centre du pays en quête de terres fertiles, et se sont installés dans ces montagnes vierges. Les forêts centenaires qui s’y trouvent abritent la principale ressource du canal de Panama : l’eau douce des rivières et des lacs. Elle approvisionne les usines de traitement de l'eau qui alimentent les deux plus grandes villes du pays.

À terme, il serait souhaitable que les bénéficiaires prennent davantage conscience de la valeur économique des services environnementaux et de la préservation de la biodiversité. Il est également prévu d’identifier les besoins en matière de changement climatique, tels que la mise en œuvre de politiques de développement favorisant l'utilisation durable des ressources naturelles dans la région.

« Nous soutenons nos voisins en reboisant dans différentes communautés afin de préserver cette forêt, de protéger les sources d'eau et d’améliorer les conditions de vie des locaux », précise Jaén, qui préside le comité de sa communauté.

Dernièrement, les résidents des communautés d’Arenas Blancas, Cirí, Santa Fe, Venado, Las Lajas, Nuevo Progreso, La Hamaca, La Encantada, Los Chorros, Dos Aguas, Cirí de los Sotos et Nuevo Paraíso se sont vu remettre leurs titres de propriété.

María Clementina Cedeño est l’une des cinq cents agriculteurs réunis dans les locaux de l’école communautaire à l’occasion de la remise des titres de propriété. « Les employés de l’ACP qui travaillent au cadastre se sont rendus ici en personne, mais je n’ai pas eu grand-chose à payer. Des fois, le fait de dresser le cadastre coûte plus cher que la terre elle-même. Le processus a été très rapide, et les employés de l’ACP se sont bien occupés de nous », ajoute-t-elle.

Bartolo Pérez Rodriguez est originaire d’El Santo. Âgé de 72 ans, cela fait 40 ans qu’il vit dans le bassin versant du canal, au sein de la communauté de Nuevo Paraíso. « Le géomètre est passé chez moi pour mesurer le terrain, puis il s’est rendu à l’ANATI (Autorité nationale des terres) pour payer la terre six balboas par hectare. Il est important de posséder un titre de propriété, parce que cela nous permet d’être sûr que la terre nous appartient »,  explique Bartolo.

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