Zimbabwe : les opportunités de l’agriculture biologique

Une agricultrice de la coopérative Makoni.
Des habitants du district de Makoni pratiquent l'agriculture alternative. ©PNUD Zimbabwe

L’association des agriculteurs de Makoni, une coopérative zimbabwéenne forte de 450 pratiquants de l’agriculture biologique, s’imposée comme référence dans le domaine de la préservation de l’environnement et de l’utilisation durable des ressources naturelles.

« Avec l’agriculture bio, nous n’avons plus besoin d’acheter des engrais ni de trouver des fonds pour nous procurer des pesticides chimiques. Nous pouvons désormais consacrer cet argent aux besoins du ménage, » explique Regina Chiwaya, membre de Makoni.

À retenir

  • L’initiative s’inscrit dans le cadre d’un programme doté d’un budget de 400 000 dollars pour l’exploitation durable de la biodiversité afin d’améliorer les modes de subsistance.
  • Environ 60 % des 450 membres de l’association sont des agricultrices.
  • L’introduction de sources de revenus bio et alternatives et la multiplication des activités ont aidé les agriculteurs locaux à améliorer leurs revenus et à avoir accès à de nouveaux marchés plus lucratifs.

L’association, fondée en 2007 en tant qu’organisation de développement communautaire, avait pour objectif initial de sensibiliser la population à l’agriculture biologique et d’offrir une alternative à la culture du tabac et à l’utilisation des pesticides. Grâce à une contribution de 50 000 dollars du Programme de microfinancement du Fonds pour l’environnement mondial (un programme mis en place par le PNUD), les cultivateurs ont créé des potagers bio et ont suivi des formations sur, entre autres, la rotation des cultures, l’engrais animal ou vert, le compost, le mulch et le couvert végétal.

Les membres veillent à ce que les projets soient initiés et gérés par la communauté.

« L’association s’implique dans toutes les phases du projet, depuis la rédaction de la proposition jusqu’à la mise en œuvre et aux activités de contrôle, » assure l’administrateur de programme Tsitsi Watawunashe.

L’introduction de sources de revenus bio et alternatives (allant de l’horticulture à la gestion de pépinières, la production de champignons, l’aquaculture, l’apiculture ou l’agroforesterie) a permis aux agriculteurs locaux d’améliorer leurs revenus et facilité l’accès à des marchés plus lucratifs.

Par conséquent, la sécurité alimentaire des localités participantes s’est nettement améliorée et les agriculteurs concernés disent avoir amélioré et accru le rendement de leurs cultures. La vente de leurs légumes sur les marchés locaux leur procure un revenu annuel moyen de 250 à 300 dollars.

« Presque tous les habitants de la région ont adopté les techniques des membres fondateurs, » se réjouit Sifelani Zvigerenani, présidente de l’association, qui ajoute que le groupe est bien organisé et que ses membres ont mis en place un dispositif de fonds renouvelables pour faciliter l’accès aux capitaux.

Les membres du groupe ont été certifiés comme agriculteurs biologiques en 2012, et ont désormais accès aux marchés régionaux et internationaux. En 2013, ils ont commencé à exporter des petits pois au Royaume-Uni.

Plus récemment, le groupe a figuré parmi les 25 lauréats du prestigieux Prix Équateur qui récompense des initiatives locales exceptionnelles visant à réduire la pauvreté grâce à la préservation et à l’exploitation durable de la biodiversité. Avec ce prix d’un montant de 5 000 dollars, l’association souhaite se procurer de quoi construire des clôtures afin d’agrandir ses potagers bio et d’accroître sa production.

« Cette récompense nous donne la force et le désir d’aller de l’avant, note la présidente du groupe, Mme Sifelanani Zvigerenani. Jamais nous n’aurions imaginé aller aussi loin. C’est un rêve qui se réalise. »

Le PNUD en action
De nouveaux partenariats pour le développement

Notre Rapport annuel 2013-2014 met en lumière les résultats de notre travail dans plusieurs domaines clés. De la sécurité alimentaire à la création d’emplois, au bon déroulement des élections, au relèvement d’après crise et à la gestion des ressources naturelles non renouvelables, nos efforts convergent vers un but concret : aider les pays à éliminer la pauvreté et à réduire les inégalités.

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