Laos : diversifier les cultures pour s'adapter au changement climatique

Tai On (photo) a investi dans la culture des citronniers au Laos
Tai On (photo) a investi dans la culture des citronniers, qui couvrent aujourd'hui plus de la moitié de ses terres (Photo: Toby Fricker / PNUD République démocratique populaire lao)

Pour les habitants de Kioutaloun, un village niché dans les hautes montagnes au nord de la République démocratique populaire lao, le changement climatique survenu au cours des cinq dernières années  présente des défis considérables.

Avec des saisons de pluie plus courtes mais intenses, suivies de saisons sèches prolongées, les riziculteurs du village ont du mal à déterminer le moment propice à l’ensemencement. D’autre part, la multiplication des glissements de terrain, l’érosion des terres et les graves inondations qui frappent la région sont préjudiciables aux cultures qui poussent habituellement sur les pentes des montagnes de la région.

Pour relever ce défi, la communauté recherche des cultures de substitution qui seraient plus rentables et fiables que le riz.

A retenir

  • Les communautés de 4 villages au nord du Laos ont reçu 50.000 dollars pour un projet d'adaptation des cultures au changement climatique.
  • L'initiative s'appuye sur les connaissances locales des villageois quant aux cultures les plus productives.
  • Le projet, étalé sur quatre ans, vise à mettre au point 10 à 15 modèles d’interventions réussies dont les agriculteurs peuvent s’inspirer.

Afin d’aider à la réalisation de cet objectif, le Programme de microfinancements du Fonds pour l'environnement mondial, mis en œuvre par le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), a fait, en 2011, un don de 50 000 dollars à la communauté de Kioutaloun ainsi qu’à trois autres villages de la région pour leur permettre de planter des cultures non rizicoles et faire face à la modification des régimes climatiques.  Cette initiative a profité à plus de 2 000 personnes.

Le projet s'est appuyé sur les connaissances locales des villageois quant aux cultures les plus productives. Les agriculteurs ont reçu des aides pour l’achat de semences subventionnées ainsi que des formations sur la préparation des sols et les techniques d'ensemencement.

Selon Manfred Staab, conseiller technique du PNUD auprès de l’Institut national de recherches agricoles et forestière, la diversification des cultures est vitale pour améliorer la résilience des villageois.

« Lorsque vous avez plusieurs cordes à votre arc et qu’il vous arrive un problème, vous ne pouvez pas être brutalement privé de votre principale source de revenu ou menacé d’insécurité alimentaire », explique Manfred.

Tai On, considéré à Kioutaloun comme un agriculteur modèle, participe à l’animation d’ateliers destinés aux membres de la communauté pour leur transmettre ses connaissances sur la mise en culture de variétés de remplacement. Trois ans plus tôt, au cours d’un voyage en Thaïlande, Tai On a rencontré des agriculteurs locaux qui gagnaient leur vie en cultivant des citrons. De retour dans son pays, il a aussitôt investi dans la plantation de citronniers, qui couvrent désormais plus de la moitié de ses terres.

« Les citronniers portent des fruits tout au long de l’année. J’utilise les citrons pour faire la cuisine et je les vends au marché », dit-t-il.

Il peut à présent en tirer 0,25 dollar par kilogramme durant la saison des pluies et trois fois plus durant la saison sèche, lorsque la production de citrons diminue dans les basses-terres. Tai On plante aussi de la canne à sucre, dont il a découvert les vertus : croissance rapide, prévention de l’érosion des sols et vente sur les marchés à longueur d’année, tout comme le citron.

Ki Her considère que le revenu moyen supplémentaire qu'un ménage peut espérer tirer des cultures de substitution, notamment du citron, des concombres et de la canne à sucre, s’élève à 375 dollars. Cela représente un montant considérable dans un pays où le PIB par habitant se situe aux alentours de 1 200 dollars.

Parallèlement à son intervention directe auprès des communautés, le PNUD soutient également le Ministère de l'Agriculture et de la foresterie, dans le cadre d'un programme quadriennal destiné à améliorer la résilience du secteur agricole face aux changements climatiques.

Le projet, étalé sur quatre ans, vise à mettre au point 10 à 15 modèles d’interventions réussies dont les agriculteurs peuvent s’inspirer pour s’adapter au changement climatique.

Par Toby Fricker

Le PNUD en action
Oeuvrer pour un progrès global

Présent dans 177 pays et territoires, le PNUD appuie des activités visant à relever le niveau de vie et à créer des opportunités. Notre Rapport annuel 2012-2013 présente toute la gamme de nos partenariats et illustre notre rôle de leader en matière de coordination et de responsabilisation au sein du système des Nations Unies.

Voir tous les rapports annuels
Suivez-nous sur