Kazakhstan: préserver les zones humides relance l'économie

Au Kazakhstan, les femmes vivant dans les zones humides protégées créent des produits en feutre pour générer des  revenus supplémentaires. Photo: PNUD
Au Kazakhstan, les femmes vivant dans les zones humides protégées créent des produits en feutre pour générer des revenus supplémentaires. Photo: PNUD

Pendant des années, la famille de Valentina Zhakupbekova a eu recours au braconnage pour survivre dans les vastes zones humides du Kazakhstan — des milliers de kilomètres carrés de sols riches, aux nombreux lacs regorgeant de poisson, d'oiseaux et de plantes aquatiques uniques au monde.

« Mon mari n'avait plus d'emploi, » dit-elle. « Le poisson qu'il pêchait nous nourrissait tous. »

A retenir

  • Plus d' 1,6 million d'hectares de zones humides ont obtenu le statut d'aire protégée au Kazakhstan.
  • La pêche illégale a diminué de 45 à 65 pour cent entre 2004 et 2010 sur les sites du projet.
  • Les résidents de 500 villages ont développé des activités commerciales écologiquement durables.

Après l'effondrement de l'Union soviétique, de nombreux villageois dans la région ont perdu leur emploi et n'ont pas eu d'autre choix que de recourir au braconnage. La population de poissons et d'oiseaux migrateurs a commencé à diminuer, et l'équilibre écologique des zones humides a été sérieusement perturbé. L'utilisation non durable de l'eau pour l'agriculture industrielle a également été extrêmement préjudiciable à l'environnement.

En 2003, une initiative conjointe du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), du Fonds pour l'environnement mondial (FEM) et du gouvernement a été lancée pour sauver et protéger les zones humides.  Dans un premier temps, le Kazakhstan a ratifié la Convention de Ramsar, un traité environnemental international pour la préservation des zones humides. Sept sites couvrant plus d'1,6 million d'hectares sont aujourd'hui des aires protégées, et deux des réserves naturelles de la région sont les premières en Asie centrale à être classées au patrimoine mondial de l'UNESCO.

Le PNUD a contribué à la révision du Code de l'eau du pays, qui limite strictement l'exploitation industrielle dans les zones humides et réglemente les activités de chasse et de pêche amateur. La pêche illégale a ainsi été réduite de 45 pour cent dans le delta de l'Oural entre 2004 et 2010.

En plus de promouvoir le changement institutionnel, le projet est axé sur l'éducation du public: des campagnes médiatiques de sensibilisation, de la documentation pédagogique et des formations sur la biodiversité ont été proposées dans tout le Kazakhstan. Pour permettre le développement de l'éco-tourisme, le PNUD a mis en œuvre un programme pour encourager l'esprit d'entreprise dans les communautés rurales, allouant plus d'un million de dollars de soutien à la création de nouvelles entreprises communautaires dans trois zones pilotes.

Les touristes peuvent aujourd’hui se rendre sur les sites de zones humides en camion ou en bateau à moteur, sans porter atteinte à l'écosystème. En un an et demi, plus de 6 000 touristes ont visité la réserve naturelle de Korgalzhyn, ce qui a généré un revenu de 40 000 dollars pour la réserve et permis de financer les activités des résidents tout en poursuivant le développement des infrastructures. 

L'initiative a été étendue à 25 aires protégées dans le pays, ce qui a permis aux habitants de 500 villages de se lancer dans de nouvelles activités commerciales, comme la construction de serres, la création d'étangs de pêche, la fabrication de souvenirs et de vêtements, etc. 

Après le décès de son mari, Valentina a participé à l'un de ces ateliers et a appris à fabriquer des produits en feutre à partir de la laine, une matière première disponible en abondance. Aujourd'hui, les produits populaires qu’elle réalise à la main (chaussons, bottes et bijoux) sont vendus dans sa propre boutique. Elle a par ailleurs formé sept autres femmes à son commerce, parmi lesquelles des personnes handicapées.

« Ces terres nous ont tout donné pendant de nombreuses années : nourriture, abri, paix et inspiration, » dit-elle. « Aujourd'hui, je suis heureuse de pouvoir aussi assurer leur conservation. »