Inde: préserver la biodiversité du Golfe de Mannar

A fisherman casts a net in the Gulf of Mannar, India
A fisherman casts a net in the Gulf of Mannar, off the south eastern coast of India.

La Réserve de biosphère du Golfe de Mannar, sur la côte sud-est de l'Inde, abrite l'une des plus grandes concentrations d'espèces marines au monde. La biodiversité de la réserve dépend en grande partie des récifs coralliens, où vivent de nombreuses espèces de poissons et qui contribuent aux moyens de subsistance de près de 150 000 pêcheurs.

La biodiversité est toutefois de plus en plus menacée par l'exploitation commerciale, la surpêche, l'exploitation illégale du corail, les changements dans l'environnement et l'accroissement d'une population qui tire son principal moyen de subsistance du littoral. Entre 1988 et 1998, près de 25 kilomètres carrés de récifs coralliens ont ainsi disparu.

A retenir

  • Depuis 2002, en partenariat avec le PNUD, le gouvernement de l'État de Tamil Nadu fait en sorte que les pêcheurs puissent continuer à gagner leur vie, tout en protégeant leur environnement fragile.
  • Les efforts de conservation ont permis la restauration de près de 50 pour cent des récifs coralliens et ont contribué à mettre un terme à leur exploitation illégale.
  • Le projet a également permis aux gens de diversifier leurs moyens de subsistance au-delà des activités côtières et maritimes classiques.

Pour encourager le développement durable dans la région, le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) et le gouvernement de l'État de Tamil Nadu ont créé la fondation pour la Réserve de biosphère du Golfe de Mannar avec le soutien du fonds pour l'environnement mondial.

La fondation a donné aux communautés locales l'opportunité de diversifier leurs moyens de subsistance, et ainsi d'éviter la surexploitation des ressources côtières. Elle leur a également appris à gérer les ressources de manière plus efficace, et en partenariat avec le gouvernement et d'autres acteurs, ce qui a permis de renforcer la capacité des communautés à prendre part aux processus de développement et de mise en œuvre des stratégies de préservation.

“Certaines des espèces marines rares de la région ont disparu. Lorsque nous capturons des espèces menacées, nous les rejetons à la mer, et nous invitons nos collègues pêcheurs à faire de même,” explique un pêcheur local, en montrant comment les nouvelles mailles plus larges de son filet permettent d'éviter les alevins et autres prises accessoires.

Les résultats sont visibles. Les récifs coralliens ont regagné de 37 à 43 pour cent de leur surface entre 2005 et 2009. L'extraction du corail a par ailleurs cessé, la récolte des algues marines dans le Parc national marin du Golfe de Mannar a été réglementée, et l’interdiction de pêcher dans les zones côtières pendant la période de reproduction favorise la nécessaire régénération des espèces.

Les communautés locales ont été étroitement associées au processus de conservation. La jeunesse locale est employée par les comités de village pour la conservation marine et l'écodéveloppement, et 250 autres organisations communautaires, pour lutter contre le braconnage. Des campagnes de sensibilisation permettent en outre d'associer les pêcheurs locaux aux actions engagées en veillant à ce qu'ils soient bien formés aux techniques de pêche durables.

“La préservation de la biodiversité ne saurait être efficace sans l'engagement actif des communautés locales qui sont tributaires des ressources naturelles au quotidien,” indique Caitlin Wiesen, Directrice du PNUD en Inde.

Les femmes en particulier ont vu leurs conditions de vie s'améliorer. Plus de 2 000 groupes d'entraide ont développé des activités alternatives, comme le tissage, la production de jagré (sucre brut) et la culture du jasmin. En outre, les enfants des pêcheurs les plus pauvres ont reçu une formation professionnelle dans les domaines de l'air conditionné, de la réparation de réfrigérateur, du soudage, de l'informatique et des technologies d'impression, entre autres.