Préserver les plantes médicinales pour renforcer les moyens de subsistance en Inde

Men harvesting medicinal plants in India
Les plantes médicinales fournissent revenus et traitements à plus de 60% de la population indienne. Photo : Ishan Tankha/PNUD Inde

Janaki Devi, 52 ans, est guérisseuse traditionnelle dans l’État de l’Uttarakhand en Inde. Sa formation n’est pas très académique, mais elle sait sélectionner les meilleures plantes médicinales pour les habitants de son village et les gens viennent parfois de loin pour la consulter.

Il y a quelques années encore, les techniques de guérison traditionnelles étaient transmises par voie orale. Malheureusement, aucun inventaire des plantes médicinales, des pratiques et des techniques de cueillette n’a été effectué jusqu’ici. Et puisque les nouvelles générations s’intéressent peu à ces techniques, ce savoir unique risque aujourd’hui de disparaître.

À retenir

  • L’Inde est le deuxième plus grand exportateur de plantes médicinales après la Chine. Cette activité représente 35 millions de jours de travail pour les populations en difficulté, soit 2,5 milliards de dollars de chiffre d'affaires.
  • La hausse de la demande et les pratiques de récolte destructrices ont un impact négatif sur les moyens de subsistance des personnes qui en dépendent et mettent en péril la survie de 316 espèces de plantes médicinales.
  • Le projet encourage l’exploitation durable des ressources et la préservation des plantes médicinales et contribue à organiser la codification des connaissances des guérisseurs.

Depuis 2008, en partenariat avec le ministère de l’environnement et des forêts, le gouvernement et le Fonds pour l’environnement mondial, le PNUD encourage les communautés de guérisseurs traditionnels à documenter ces traditions et à recenser les plantes médicinales en voie de disparition. Cette opération est menée dans les États de l’Uttarakhand, du Chhattisgarh et de l’Arunachal Pradesh, qui détiennent 40 % de ces ressources.

L’Initiative People’s Biodiversity Registers (Les registres de la biodiversité des peuples) contribue à mettre sur pieds un registre faisant l’inventaire des ressources biologiques de l'Inde et à lutter contre le biopiratage et le détournement illicite des connaissances. Jusqu'à présent, 16 comités ont été mis en place pour répertorier les ressources forestières et le corpus de connaissances locales qui leur est associé.

« C'est un travail difficile, » explique Ganga Sangi Vohra, 57 ans, guérisseur traditionnel. Il tient un registre de tous ses patients et consultations. « Pour que les traitements soient efficaces, il faut parfaitement connaître les périodes et les méthodes de récolte. » 

Au village de Bodmallah, à 1200 mètres d’altitude dans l'Himalaya, les villageois sont formés à l’exploitation durable des ressources, au séchage, au classement, à l'emballage et au stockage du tejpatta, une feuille aux multiples propriétés culinaires et médicinales cultivée localement. Ces formations ont permis de préserver d’importantes plantes médicinales et d’améliorer les revenus des villageois.

Après la Chine, l'Inde est le deuxième plus grand exportateur de plantes médicinales au monde. Chaque année, les activités de collecte et de traitement mobilisent 35 millions de jours de travail pour les populations défavorisées, soit 2,5 milliards de dollars de chiffre d'affaires. Malgré tout, la hausse de la demande et les pratiques de récolte non respectueuses de l’environnement ont un impact négatif sur les moyens de subsistance des personnes qui en dépendent et mettent en péril la survie de 316 espèces.

Dans le cadre d’efforts visant à promouvoir l'utilisation durable et la préservation des plantes médicinales menacées, des zones de conservation, gérées par les ministères d'État en collaboration avec les communautés locales, ont été mises en place. À ce jour, 21 zones de conservation d’une superficie totale de 32 000 hectares ont été créées dans les trois états du projet afin de protéger 32 espèces de plantes médicinales.

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