Guatemala : les producteurs de café se rassemblent pour protéger la biodiversité

La famille productrice de café
Eloy Donis Samayoa (à droite), son fils (à gauche) et son petit-fils (au centre) : trois génétations dédiées à la culture du café. ©PNUD Guatemala

Eloy Donis Samayoa a créé sa plantation de café en 1982 à l’aide d’un groupe de Jésuites de Chapa à Nueva Santa Rosa, dans le Sud-est du pays.

« J’ai planté mes premiers arbres à café il y a 32 ans sans outils particuliers ni grande connaissance des techniques. À l’époque, je ne possédais que la maigre portion de terre que mon père m’avait cédée, » dit-il.

À retenir

  • Un projet soutenu par le PNUD, conduit par la Rainforest Alliance et financé par le FEM a aidé à transformer la production de café au Guatemala en faisant la promotion d’un café d’origine durable et certifiée.
  • Près de 110 millions de dollars ont été investis dans le café durable, profitant directement aux producteurs.
  • Le café est la deuxième matière première la plus importée dans le monde après l’huile, et plus de 90 000 entreprises guatémaltèques en produisent.

À l’âge de 20 ans, son fils ainé Vidal est parti pour la capitale. Il envoyait l’argent qu’il gagnait à sa famille afin de faire grandir la plantation et d’aider ses frères et sœurs. En 1988, il rentre au pays pour travailler avec son père. Alexandre, le fils de Vidal, a rejoint son père et son grand-père dans l’affaire. Cela fait aujourd’hui huit ans qu’ils travaillent ensemble.

En 2003, ils rejoignent Nueva Sendero, une coopérative montée dans le cadre du projet Biodiversity Conservation in Coffee du PNUD. Mené par la Rainforest Alliance et financé par le Fonds pour l’environnement mondial (FEM), ce projet vise à promouvoir un café d’origine durable et certifiée dans six pays d’Amérique latine, dont le Guatemala.

« Nous contribuons à l’organisation du travail depuis une dizaine d’années. L’expérience s’est avérée fructueuse, » dit Vidal. « La coopérative a joué un rôle majeur dans l’économie de la ville. »

Au cours des années, la coopérative a aidé 4 000 petits producteurs à améliorer leurs pratiques et à développer leurs idées pour relever les défis, notamment en leur permettant d’accéder à des prêts suite aux récoltes.

Nuevo Sendero est rattachée à une deuxième coopérative qui exporte le café produit par près de 20 000 petits producteurs, rassemblés au sein de 148 coopératives.

« Nous avons adopté de meilleures procédés, » explique Alexander, « et aujourd’hui, nous cherchons de nouveaux moyens pour combattre la rouille du café, une maladie qui a gravement endommagé nos plantations ces dernières années. »

Pour cette entreprise familiale, obtenir la certification était une étape cruciale.

« Il ne s’agissait pas tant d’acquérir un statut administratif, mais plutôt de changer nos habitudes de production, » dit Alexandre. « Nous faisions tout à la main, loin des exigences de la certification. »

« Le but est d’équilibrer l’offre et la demande de café durable, » explique Flor Bolanos, Responsable de programme pour l’environnement pour le PNUD. « Le programme Green Commodity nous permet de mettre en relation les parties prenantes (les gouvernements, les agriculteurs et les marchés mondiaux) afin de renforcer la production durable dans le pays. »

Aujourd’hui, la ferme de la famille Donis recouvre 15 hectares de plantations de café certifié dans le couloir méso American, où la biodiversité est particulièrement menacée. La certification contribue à la protection de la faune et de la flore appartenant aux plantations de café, mais permet aussi de protéger une superficie 7 à 10 fois supérieure à celle des exploitations.

Ce projet, conduit de 2006 à 2014 en partenariat avec Nespresso, Nescafé, Modelez, Tchibo et Nestlé, a permis d’établir un programme d’implantation du café durable sur le marché. Près de 110 millions de dollars ont été investis dans le café durable et cet argent a directement profité aux producteurs. Un tiers de la production certifiée par Rainforest Alliance est vendue en Europe et les deux tiers restants, aux États unis, au Japon et en Australie.

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