Construire un avenir meilleur pour les riziculteurs du Cambodge

Un barrage dans la petite municipalité de Tuol Sdey, de la province de Svay Rieng au sud-est du Cambodge

Les cultivateurs de la petite communauté de Tuol Sdey, dans la province de Svay Rieng, au sud-est du Cambodge, ont de bonnes raisons de se réjouir. Pour la première fois depuis des décennies, ils peuvent compter sur deux récoltes par saison.

C’est dû en grande partie à la construction d’un nouveau barrage qui retient l’eau de pluie dans un réservoir tout proche. Les riziculteurs disposent ainsi d’une quantité d’eau suffisante pour irriguer leurs terres et obtenir des récoltes plus abondantes.

A retenir

  • 80 pour cent de la population cambodgienne vit dans des zones rurales exposées aux inondations, aux sécheresses et autres catastrophes climatiques.
  • Le barrage de Tuol Sdey a plus que triplé la superficie des terres irriguées pour la riziculture.
  • Le Programme d’adaptation communautaire du Cambodge aide 150 communautés rurales à renforcer leur résistance aux changements climatiques dans des zones vulnérables aux inondations et à la sécheresse.

Le nouveau barrage est l’un des 45 projets mis en œuvre au Cambodge par le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) et le Fonds pour l’environnement mondial afin d’améliorer la vie des populations touchées par la sécheresse ou d’autres phénomènes liés aux changements climatiques.

Avant la construction du barrage, les villageois connaissaient de graves pénuries d’eau, ce qui obligeait un grand nombre d’affamés à se rendre dans les villages voisins pour trouver du travail comme journaliers. Il leur arrivait d’aller jusqu’au Vietnam, où ils finissaient souvent par mendier. Même les enfants devaient abandonner l’école pour partir à l’aventure avec leurs parents, à la recherche de moyens de subsistance.

« Beaucoup de gens s’en allaient. Je parle de groupes entiers de familles qui émigraient, au point que les villages devenaient bien calmes », explique Sok Sek, le dirigeant local. Et d’ajouter que les choses se sont énormément améliorées après la construction du barrage en mai 2011.

Le barrage, qui fait plus de deux mètres de haut et 32 mètres de large, est un gros mur en ciment qui sert en réalité de déversoir pour préserver l’eau du lac Bathou, situé non loin de là, au cœur des immenses basses terres qui sont la clé de la survie économique des 2500 membres de la communauté. Dans le temps, il y avait une vanne en métal sous le pont principal du village, mais la corrosion a eu raison d’elle, laissant une ouverture béante qui permettait à l’eau de pluie de dévaler plus bas. Il n’en restait pas beaucoup pour les cultures.

Le réservoir et plus de 40 autres projets similaires dans le pays ont reçu un financement du gouvernement suédois et de l'Agence australienne pour le développement international. Les habitants de la commune de Tuol Sdey - dont la plupart vit dans des maisons de terre - ont également réussi à recueillir 1200 $ pour le réservoir, sur un coût total de 20,800 $, principalement financé par le une subvention du gouvernement suédois.

« Avant la construction du déversoir, nous obtenions une récolte de riz par saison. On en récoltait juste assez pour payer l’engrais et le diesel du groupe électrogène qui nous permet de pomper l’eau pour les rizières », explique Poy Morn, un villageois de 57 ans.

L’avenir s’annonce désormais plus riant pour la communauté. Neang Tey, qui vivait de la mendicité au Vietnam, habite seule dans une hutte au bord d’une rizière. Pour la première fois, elle a réussi à tirer deux récoltes de sa parcelle de terre, qui a produit une tonne de riz. Ce n’est pas ça qui la rendra riche, mais c’est assez pour vivre jusqu’à la prochaine récolte, dit-elle. «Je n’ai plus besoin de mendier», conclut-elle.

Le PNUD concentre ses activités dans trois grands domaines au Cambodge : la promotion de la gouvernance démocratique, la réduction de la pauvreté et la gestion environnementale. Son objectif est d’encourager le développement durable et d’aider le gouvernement à élaborer et appliquer des politiques qui permettront d’accélérer les progrès en vue des Objectifs du Millénaire pour le développement.

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