Brésil : des fours écologiques au service des autochtones

Une femme autochtone brésilienne et son four écologique
Delma Gonçalves cuisine maintenant avec un four écologique. Photo: Jacob Said/UNDP Brazil

Par Daniel De Castro and Jacob Said, gagnants du 2e concours de reportage du PNUD

Panambizinho, Brésil – Le soleil se lève à peine et Delma Gonçalves, 41 ans, marche depuis deux heures déjà pour atteindre l’endroit où, avec d’autres habitants, elle va récolter du bois pour le feu. Le voyage de retour est pire encore : sous un soleil brûlant, elle doit transporter un fagot de 20 kilos sur ses épaules. Delma est membre des Kaiowá Guarani, le deuxième groupe autochtone du Brésil. Elle vit à Panambizinho, une terre située à 250 kilomètres de la capitale de l’État du Mato Grosso do Sul, dans la partie occidentale du pays.

Delma accomplit cette corvée matinale trois fois par semaine depuis de nombreuses années.

A retenir

  • 53 000 autochtones brésiliens pourront mener une vie plus saine grâce aux fours écologiques
  • Les matériaux utilisés dans la construction des fours aident à conserver la chaleur plus longtemps. Les plaques restent chaudes pendant plusieurs heures, ce qui facilite la cuisson.
  • Les fours écologiques produisent moins de gas à effets de serre.

« J’avais vraiment mal au dos. J’étais si fatiguée quand je rentrais chez moi que je n’avais plus la force de cuisiner », raconte-t-elle. Chaque jour, elle faisait un feu par terre pour préparer à manger, avec quelques boîtes de conserve pour le protéger du vent et une résistance de frigo servant de grille de fortune.
Non seulement ce feu à même le sol aggravait ses maux de dos, mais il enfumait la maison, nuisant ainsi à la santé de ses enfants, qui souffraient de problèmes 
respiratoires tels que des crises d’asthme, des pneumonies ou des bronchites. Mais tout cela a commencé à changer avec l’arrivée de cuisinières à bois très performantes, qui ont métamorphosé la vie de dizaines de familles autochtones à Panambizinho.

C’est un groupe d’ONG brésiliennes qui a mis au point la technologie de ces « fours écologiques », grâce à un projet du PNUD faisant la promotion de l’accès à une énergie propre et bon marché dans le nord-est semi-aride du pays. Les fours vont être adaptés pour répondre aux besoins des Kaiowá Guarani, qui vivent dans la savane tropicale du Brésil. Contrairement aux fours à bois traditionnels faits de ciment et de fer, ils utilisent des matériaux bon marché que l’on trouve dans la région : sable, argile et boue.

L’initiative du PNUD est le fruit d’un programme conjoint de plusieurs agences onusiennes qui vise à promouvoir la sécurité alimentaire et nutritionnelle des communautés autochtones, et surtout des femmes et des enfants. Le projet peut potentiellement bénéficier à quelque 
53 000 autochtones à travers le pays. Le nouveau four est considéré comme un modèle de technologie durable et devrait en principe être utilisé dans le monde entier pour d’autres projets similaires. C’est là un des objectifs majeurs du programme.

La conception du four et les matériaux employés permettent de retenir la chaleur plus longtemps. Une plaque en argile placée au-dessus du feu est un bon conducteur de chaleur et agit comme une barrière pour éviter les pertes d’énergie. Elle peut rester 
brûlante pendant près de cinq heures même si le feu s’éteint, ce qui permet de faire cuire des aliments sans avoir à les surveiller constamment.

Grâce à ce nouveau four, tout le monde est en meilleure santé dans la famille de Delma, surtout ses enfants, qui non seulement mangent mieux, mais souffrent moins de maladies respiratoires. Le four a une cheminée qui évacue la fumée ou autres sous-
produits pour que la maison reste bien ventilée.
Ce type de four est également bon pour l’environnement, car il produit nettement moins de gaz à effets de serre, grâce à une exploitation plus rationnelle du bois de chauffage.

Étant donné son haut rendement, il est possible d’utiliser comme combustible du petit bois, des feuilles sèches, des spathes de maïs, des écorces et autres produits faciles à trouver dans les environs immédiats, les jardins et les vergers familiaux. L’un des objectifs du projet est d’arriver à ce que les ménages ne se servent plus de bois de chauffage. Des branches plus petites et plus légères sont faciles à trouver autour des habitations, et cela atténue 
l’impact environnemental sur les forêts proches.

Delma en a donc fini des longues corvées de bois : elle va dans son jardin et ramasse des branchages tombés des arbres.

« Le temps que je gagne ainsi, je le consacre à mes enfants et à ma maison. Je désherbe le jardin, fais la lessive et balaie l’entrée. Je m’occupe aussi du potager », dit-elle en buvant du tereré, boisson traditionnelle à base de yerba maté.

Le feu a une portée spirituelle pour les Kaiowá : il est synonyme de purification. En général, ce sont les femmes qui s’en occupent, car leur rôle est de nourrir la famille et de la garder unie. Devant leur foyer, 
désormais durable et sain, non seulement Delma et les autres femmes autochtones de Panambizinho subviennent aux besoins de leur famille, mais elles perpétuent une tradition vénérable.

DANIEL DE CASTRO est analyste chargé de la communication pour le PNUD Brésil. Avant de rejoindre le PNUD en 2010, il a travaillé en tant que journaliste pendant plus de six ans à Bloomberg LP à New York ainsi que comme coordonnateur pour Médecins sans frontières au Cameroun.

JACOB SAID est assistant chargé de la communication pour le PNUD Brésil depuis 2011. Auparavant, il était consultant chargé de la communication, du plaidoyer et des multimédias au Centre international de politiques pour une croissance inclusive, à Brasilia.

VIDEO: Fours écologiques au Brésil (anglais)

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