La pisciculture pour répondre à l’insécurité alimentaire au Cambodge

fish farm in Cambodia
Say Sorn et sa femme, Yi Sinuon, nourrissent les poissons qu'ils élèvent dans leur jardin, dans la région de Siem Reap. Photo: Alejandro Boza / PNUD Cambodge

Autrefois, Say Sorn lançait ses filets dans le canal de son village, dans la province de Siem Reap au nord-ouest du Cambodge, pour attraper du poisson. Maintenant il lui suffit d’aller dans son arrière-cour où sont installés un réservoir de filtration d’eau, des bacs d’incubation, et 12 étangs contenant près de trois tonnes de poisson.

Say Sorn s’est lancé dans ce projet il y a six ans, après avoir remarqué que les stocks de poisson du canal étaient en train de diminuer. Selon lui, cette évolution est due à l’augmentation de la population nationale et aux méthodes illégales utilisées par de nombreux pêcheurs. « Il m’arrivait de plus en plus souvent de ne capturer que peu de poisson. Et certains jours je n’en attrapais pas du tout. » 

À retenir

  • Le Cambodge est classé parmi les 10 premiers pays les plus exposés aux impacts du changement climatique.
  • Environ 10,8 millions USD ont été engagés dans la mise en œuvre du Programme CCCA d’ici à 2015.
  • 20 subventions ont été fournies aux différents ministères de tutelle, gouvernements locaux et organisations de la société civile qui œuvrent pour permettre aux communautés de résister au changement climatique.

Selon lui, cette évolution est due à l’augmentation de la population, le poisson étant principale source de protéines pour les Cambodgiens,et aux méthodes illégales utilisées par de nombreux pêcheurs.. « Je crains qu’il ne reste plus beaucoup de poisson à pêcher dans le futur, » dit-il.

Dans les premiers temps, Say Sorn ne connaissait rien à la pisciculture. Aucun des alevins qu’il achetait au marché local ne survivait, car l’eau de son étang était trop trouble.

Mais sa persistance attira l’attention de l’Administration cambodgienne des pêches, soutenue par l’Alliance cambodgienne contre le changement climatique– un programme financé par l’Europe, la Suède, le Danemark et le PNUD. Say Sorn suit alors une formation sur la pisciculture qui s’insère dans le cadre d’une stratégie gouvernementale visant à permettre aux familles rurales d’augmenter leurs revenus et leur sécurité alimentaire et de mieux s’adapter aux changements climatiques.

Le programme apporte son appui au renforcement des capacités et des institutions et fournit des subventions aux principaux ministères de tutelle, au gouvernement local et aux organisations de la société civile œuvrant dans le but de permettre aux communautés locales de résister au changement climatique. Une vingtaine de projets reçoivent actuellement un soutien du fonds fiduciaire du programme.

L’installation sophistiquée de Say Sorn est un modèle illustrant comment l’élevage familial de poisson peut contribuer à garantir la sécurité alimentaire au Cambodge. Ses douze étangs contiennent environ trois tonnes de carpes, de tilapia et de poissons-chats africains. Les 150 dollars US mensuels qu’il tire de ses ventes lui permettent de subvenir aux besoins des cinq membres de sa famille. L’année dernière, ses économies lui ont permis d’acheter à ses petites filles, deux bicyclettes pour aller à l’école et un ordinateur pour étudier. Par ailleurs, Say Sorn partage activement la formation qu’il a reçue avec d’autres villageois  : « J’ai formé environ 200 personnes aux techniques d’incubation et d’élevage, » déclare-t-il.

A 73 ans, Say Sorn compte prendre sa retraite bientôt. Mais une de ses deux petites-filles, Say Danou, est prête à reprendre le flambeau.

« C’est déjà une affaire familiale, et si j’y arrive, j’en ferai une entreprise de pisciculture encore plus importante, » dit-elle.

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Notre Rapport annuel 2013-2014 met en lumière les résultats de notre travail dans plusieurs domaines clés. De la sécurité alimentaire à la création d’emplois, au bon déroulement des élections, au relèvement d’après crise et à la gestion des ressources naturelles non renouvelables, nos efforts convergent vers un but concret : aider les pays à éliminer la pauvreté et à réduire les inégalités.

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