Îles Marshall : protéger l’eau potable de la sécheresse et de la montée des eaux de mer

nouveau réservoir aux Îles Marshall

Lorsque le gouvernement s’est décidé à déclarer l’état d’urgence en 2013, cela faisait longtemps que les puits s’étaient asséchés dans la partie nord des îles Marshall frappée par la sécheresse et que de nombreuses familles étaient parties se réfugier à Majuro, la capitale.

Situé très au dessous du niveau de la mer, ce petit coin de paradis possède peu de réservoirs ou de sources d’eau douce. La raréfication des précipitations depuis 2012 a provoqué une double crise, causant une pénurie d’eau et endommageant les récoltes.

À retenir

  • En 2012, les îles Marshall ont subi une grave sécheresse qui a mis en danger leurs récoltes et leurs réserves d’eau potable. Vingt pour cent de la population en ont souffert.
  • Le projet PACC-RMI a permis d’améliorer la récolte d’eau de pluie à Majuro, la capitale du pays, et d’installer des purificateurs d’eau solaires dans des zones reculées.
  • Les réserves d’eau de Majuro ont augmenté grâce au projet de rénovation du réservoir. Elles peuvent désormais durer trois ou quatre mois en cas d’urgence.
  • 186 purificateurs d’eau solaires seront livrés aux communautés éloignées dans tout le pays.

Fin février, « nos arbres à pain, nos pandanus, nos bananiers et nos cocotiers étaient tous en train de crever, le taux de salinité des lentilles d’eau douce [réservoirs souterrains] était élevé, et les captages familiaux d’eau de pluie s’étaient asséchés », se souvient Nathan Jake, qui habite sur le minuscule atoll d’Ujae, où il est instituteur.

Lorsque la pluie est enfin arrivée, la sécheresse avait déjà fait 11 000 victimes, soit environ 20 pour cent de la population totale des îles Marshall. Les organisations humanitaires avaient prévenu qu’il faudrait des mois pour réalimenter les sources et revitaliser les cultures.

Cette situation n’a rien d’habituel pour les îles Marshall. Ces derniers temps, les pénuries d’eau potable se font plus fréquentes. Le changement climatique entraîne davantage de manifestations météorologiques extrêmes et cet ensemble d’atolls doit faire face à la montée du niveau de l’océan et à la diminution de ses réserves d’eau douce. Les 34 îles qui le composent se situent en moyenne trois ou quatre mètres au-dessus du niveau de la mer, et si le niveau de l’océan monte d’un mètre, elles connaîtront de graves inondations. Dans un récent discours sur le changement climatique, le président du pays Christopher Loeak a déclaré : « Je crains que la vie dans les îles Marshall ne deviennent bientôt comme la vie dans une zone de guerre. »

Conscient du péril que représente la diminution des réserves d’eau, le Programme Pacific Adaptation to Climate Change (PACC) œuvre à accroître la quantité et la qualité de l’eau potable dans la région. Sa mise en œuvre a permis d’améliorer la récolte et le stockage d’eau de pluie dans le réservoir de Majuro, et d’installer des purificateurs d’eau à énergie solaire dans des endroits plus reculés.

À Majuro, la piste de l’aéroport constitue la zone goudronnée la plus longue de l’île, ce qui en fait une surface idéale pour récolter l’eau de pluie. Celle-ci est ensuite canalisée, traitée et déversée dans un réservoir. Mais le réservoir et les systèmes de captage actuels étaient vieux et ne suffisaient plus. En collaboration avec la régie des eaux locale, le PACC a augmenté la capacité du réservoir, qui est passée de 121 à 138 millions de litres, et rénnové le revêtement et le couvercle de l’une des plus grosses citernes pour réduire les pertes dues aux fuites et à l’évaporation.

Les résultats sont spectaculaires : avant, Majuro pouvait stocker jusqu’à trois ou quatre semaines d’eau en réserve. Aujourd’hui, la ville est préparée à faire face à une sécheresse de trois ou quatre mois.

« Grâce à ce projet de revêtement et de nouveau couvercle… l’eau est plus propre, plus salubre et plus abondante pour tous » explique Alington Robert, directeur des ressources humaines et administratives de la Compagnie des eaux de Majuro, qui a participé au projet.

Pour les habitants des îles Marshall qui vivent dans des zones plus reculées, il existe suffisamment de terres non occupées pour pouvoir dépendre uniquement des captages d’eau de pluie. Pour eux, des purificateurs solaires peuvent produire de l’eau potable, utilisant l’énergie solaire pour se débarrasser du sel et des contaminants par évaporation.

« L’avantage de ces unités, c’est qu’elles fournissent une eau salubre en période de sécheresse, lorsque les réservoirs sont vides et qu’il n’y a pas d’autre source d’eau potable, explique Joseph Cain, coordonnateur de projet pour le PACC. Elles ne demandent aucun entretien, ont une durée de vie de 20 ans, sont légères et se montent en 10 à 20 minutes. »

Le PACC, avec l’appui du gouvernement australien, a commandé 186 purificateurs d’eau et 56 pompes fonctionnant à l’énergie solaire pour les centres hospitaliers des îles périphériques.

« Avec l’appui du PACC, les habitants de ces îles savent à présent comment tester et entretenir les captages d’eau », explique Jina David, qui s’occupe des problèmes d’eau à la faculté agricole du Collège des îles Marshall. M. David, accompagné d’une équipe du ministère de la Santé, a livré les six premiers purificateurs de l’atoll de Jaluit et a l’intention d’en livrer d’autres dans les mois qui viennent.

La réponse initiale à la sécheresse de l’an dernier a ouvert la voie à des solutions à long terme. En préparant et en investissant dès maintenant, les habitants des îles Marshall espèrent être prêts pour la prochaine sécheresse.

« C’est une réalisation importante pour notre pays, estime le coordonnateur de projet Cain. La sécurité en matière d’eau potable est un défi énorme pour les petites îles de basse altitude et nous devons aussi tenir compte des incertitudes dues aux changements climatiques. Des mesures pratiques comme celles-ci nous aident à envisager l’avenir avec plus de confiance. »

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