Russie: préserver l'environnement bénéficie aussi à l'économie


La péninsule du Kamtchatka dans l'Extrême-Orient russe abrite des geysers projetant des jets d'eau bouillante, des volcans en activité, des montagnes couronnées de neige et une grande variété de plantes et d'animaux. Le pygargue de Steller, une espèce d'aigle rare, plane dans ses cieux, tandis que la seule colonie de loutres de mer du Pacifique occidental niche le long de ses côtes.

La péninsule est inscrite au patrimoine mondial de l'Unesco et classée par le Fonds mondial pour la nature (WWF) comme l’une des régions écologiques les plus importantes au monde.

A retenir

  • Le gouvernement central a engagé 16,5 millions de dollars sur trois ans pour le développement de l'écotourisme.
  • Les taux d'emploi et la taille de l'économie locale ont doublé.
  • Un mécanisme de microcrédit pour financer la conservation de la nature pendant 25 ans a été mis en place pour les entreprises locales.

Pourtant, depuis les années 1990, une menace pèse sur la faune de cette région. Après l'effondrement du bloc soviétique, les temps sont devenus difficiles pour les 340 000 habitants du Kamtchatka. Nombre d'entre eux ont eu recours au braconnage pour survivre, avec pour conséquence la disparition d'un nombre sans précédent d'ours bruns, de moutons de neige, de rennes, de mammifères marins et de saumons.

En 2002, des partenaires gouvernementaux nationaux et régionaux, assistés par le PNUD, ont lancé un programme de préservation international destiné à améliorer les moyens de subsistance de la population locale et à mieux protéger l'environnement. Avec l'appui du Fonds pour l'environnement mondial (FEM), du gouvernement canadien et de la fondation Moore, le programme s'est attelé à améliorer la gestion professionnelle de quatre aires protégées : la Réserve de biosphère d'État de Kronotsky, le Sanctuaire d'État du sud Kamtchatka, le Parc naturel de Bystrinsky et le Parc naturel de Nalychevo.

Le programme a lancé des investissements ciblés en infrastructures, en équipement et en personnel. Plus de 1 000 membres du personnel ont été formés au développement du tourisme, plaidoyer environnemental et efficacité de gestion.

Les aires protégées ont également mis en place leur premier système d'information géographique de façon à identifier les profils de braconnage et à permettre une surveillance étroite des espèces essentielles à la santé environnementale.

Avantages en termes de moyens de subsistance

L'amélioration de la gestion des aires protégées est directement liée à l'autre objectif majeur du programme : l’amélioration des conditions d'existence des habitants tout en atténuant le stress environnemental. Dans la zone à proximité du Parc naturel de Bystrinsky, le programme PNUD/FEM a offert des formations en développement d'entreprises et en tourisme responsable en donnant une possibilité aux entrepreneurs d’acquérir les compétences nécessaires pour lancer leur propre entreprise et créer des emplois.

Depuis 2003, la taille de l'économie locale a plus que doublé, comme d'ailleurs le taux d'emploi. Les habitants ont découvert de nouveaux moyens d’équilibrer leurs besoins avec ceux de l'environnement. Une compagnie qui offre des parties de pêche guidées emploie aujourd'hui 10 guides de pêche, qui autrefois pratiquaient le braconnage.