Restaurer le bassin de la mer Noire et du Danube


Des terrains humides florissants fournissent de l’eau pure au pays et constituent un habitat vital pour la faune en même temps qu’une source de revenus touristiques. © PNUD Belarus

Un écosystème menacé

Le Danube traverse plusieurs pays d’Europe de l’Est avant d’atteindre la mer Noire. Pendant des décennies, les eaux polluées qui se déversaient dans le fleuve ont provoqué un enrichissement en nutriments trop important pour la mer Noire, avec des effets pervers sur les stocks de poissons, les plages et l’incidence des maladies hydriques.

La dissolution de l’Union soviétique a été l’occasion, pour les pays de la région, de lancer une initiative collective afin de résoudre ce problème. Avec l’appui du Fonds pour l’environnement mondial (FEM) et du PNUD, les pays ont diagnostiqué conjointement ce problème transfrontalier et se sont mis d’accord sur des programmes environnementaux qui ont permis des améliorations quantifiables pour le Danube et la mer Noire.

A retenir

  • L’appui fourni conjointement par le PNUD et le FEM pendant quinze ans a donné, entre autres:
  • Un cadre financé à hauteur de 97 millions de dollars US pour fournir à 17 pays des fonds destinés aux investissement et un appui au renforcement des capacités.
  • Plus de 3,5 milliards de dollars d’investissements en faveur de la réduction de la pollution et de la restauration des habitats.
  • Le retour de plusieurs espèces importantes dont la disparition avait été constatée localement.

Réponse conjointe pour un problème commun

En 1993, la Convention de Bucarest sur la protection de la mer Noire a débouché sur le premier projet PNUD/FEM : une analyse diagnostique transfrontalière qui servirait de base à un programme de restauration et de protection de la mer Noire. En 1996, six pays ont adopté ce plan écologique, intitulé le Programme d’action stratégique. Au cours des dix années qui ont suivi, une série de programmes intergouvernementaux coordonnés a permis la mise en œuvre d’une programmation environnementale tant nationale que régionale pour la mer Noire et le Danube.

Le PNUD a travaillé en étroite collaboration avec le FEM pour ses programmes Danube et mer Noire. Il a bénéficié de la méthodologie de ce dernier et de ses ressources financières pour s’attaquer à des problèmes écologiques caractéristiques des systèmes hydrologiques partagés. De son côté, il a mis à profit sa longue expérience et sa réputation de neutralité pour réunir les instances gouvernementales, renforcer les capacités institutionnelles nationales et internationales et coordonner les partenaires afin de faire avancer des réformes liées à la gouvernance dans l’ensemble de ces pays. En plus du FEM, l’Union européenne, la Banque mondiale et la Banque européenne pour la reconstruction et le développement ont financé les programmes.

De 1991 à 2000, le côté « bassin du Danube » de cette approche intégrée a été pris en charge par deux programmes menés par le PNUD et le FEM tandis que deux autres programmes s’occupaient de la mer Noire. En 2001, un partenariat stratégique a été créé afin de réunir les principaux acteurs autour d’une approche englobant le bassin tout entier et comprenant trois volets :

Le projet régional PNUD/FEM pour le Danube, que le PNUD a mis en œuvre et auquel participait la Commission internationale pour la protection du Danube.

Le projet PNUD/FEM pour la restauration des écosystèmes de la mer Noire, conçu par le FEM et mis en œuvre par le PNUD, le Programme des Nations Unies pour l’environnement et le Bureau des services d'appui aux projets de l’ONU.

Le Fonds d’investissement Banque mondiale/FEM pour la réduction des nutriments, créé par la Banque mondiale pour donner au FEM l’appui nécessaire pour lever davantage de fonds à investir dans la réduction de la quantité de nutriments.

Arrêt des détériorations et nouvelles perspectives

Les pays riverains de la mer Noire et du Danube ont mis en place les mécanismes juridiques, institutionnels, politiques  et financiers nécessaires pour gérer les nutriments polluants. Citons quelques-uns de leurs résultats :

* Partenariat stratégique du FEM pour la mer Noire et le bassin du Danube – un cadre financé à hauteur de 97 millions de dollars US pour fournir des fonds d’investissement et un appui au renforcement des capacités à 17 pays.

* Plus de 3,5 milliards de dollars  d’investissements pour réduire la pollution et restaurer les habitats, avec des usines municipales de traitement des eaux usées, la gestion des nutriments agricoles, une réduction de la pollution industrielle et la restauration des zones humides.

* Réduction évidente des charges polluantes grâce à des investissements visant à réduire les éléments nutritifs et à appliquer des réformes ciblant la gestion des sources de pollution.

* Amélioration évidente du statut écologique du Danube et de la mer Noire, avec le retour d’un certain nombre d’espèces importantes.

* Mise en place de projets de suivi pilotes ainsi que d’ateliers de renforcement des capacités, rédaction de directives pour l’assurance qualité et achat de matériel pour calculer les niveaux de nutriments.

* Mise sur pied d’un réseau d’organisations non gouvernementales s’intéressant à la mer Noire.

Le suivi et le respect des engagements pris par chaque pays pour la gestion des nutriments demandent une attention continuelle. Or, le renforcement des capacités et l’élaboration de programmes nationaux n’ont pas été une réussite totale dans chacun des 17 pays. On n’en constate pas moins des améliorations durables.

Appui au changement transformateur
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Etudes de cas de coopération au développement durable et réussie
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Leçons apprises

L’appui fourni conjointement par le PNUD et le FEM pendant quinze ans pour améliorer la gouvernance environnementale de plusieurs pays riverains du Danube et de la mer Noire offre une série de leçons:

 

Les processus intergouvernementaux demandent du temps et un appui soutenu. Les programmes intergouvernementaux sont plus complexes que les projets nationaux. Les donateurs doivent être prêts à fournir des investissements de longue durée s’ils espèrent susciter les réformes de la gouvernance et les investissements nécessaires à la gestion durable de cours d’eau partagés par plusieurs pays.

 

Une volonté politique née de l’appropriation nationale est essentielle pour une collaboration intergouvernementale soutenue. Le moteur peut en être soit le fond, soit le contexte politique. Dans ce cas précis, la gravité de la détérioration de l’environnement n’aurait peut-être pas suffi s’il n’y avait eu la volonté des pays post-soviétiques de s’intégrer à l’Europe de l’ouest.

 

Des partenariats multiples sont essentiels. Chaque partenaire national ou international avait quelque chose à apporter. Le PNUD a joué un rôle important de facilitation et de coordination. Dès la phase initiale, le travail en partenariat a été essentiel pour que chaque organisation joue le rôle qui lui était dévolu afin d’atteindre l’objectif global.

 

Le point de départ doit être une analyse technique solide.  Le PNUD et le FEM se sont engagés pour une période plus longue que d’habitude suite à l’analyse diagnostique transfrontalière à laquelle les deux organisations procèdent en général afin d’établir les faits et de définir les priorités pour des programmes relatifs aux eaux internationales. Cette méthodologie offre un bon support technique pour répertorier les problèmes transfrontaliers et décider de ceux qui sont prioritaires, et permet d’adopter une approche stratégique afin de s’attaquer aux causes profondes de la pollution. Cette analyse a indiqué la direction à suivre pendant quinze ans pour les mesures nationales, la collaboration internationale et la coopération avec le PNUD.

 

Le renforcement des capacités est au cœur de toute coopération au développement fructueuse. Dès le début, les programmes pour le Danube et la mer Noire se sont attachés au renforcement des capacités nationales et régionales. Sans cela, les fonds importants fournis par le FEM et d’autres n’auraient pas donné les mêmes résultats.