Népal : Les collectivités locales se mettent au vert

Femme au Népal
Une femme bénéficie des mesures écologiques mises en place dans sa communauté. Photo: PNUD/Népal

Le Népal est un pays d'une beauté naturelle et d'une diversité culturelle incroyables. Ses ressources naturelles (forêts, fleuves, ressources minérales et terres fertiles) assurent la survie de 90 pour cent de sa population et représentent plus de 40 pour cent de son PIB. Pendant des années, l'isolation du pays lui a permis de préserver le caractère pur de cet environnement.

Toutefois, ces dernières décennies ont vu le capital naturel du Népal se dégrader rapidement. L'érosion, la déperdition de la biodiversité, le manque d'eau et les caprices du climat pèsent négativement sur la production vivrière, les revenus et la sécurité environnementale de sa population croissante.

Cette dégradation de l'environnement touche tout particulièrement les plus démunis.

A retenir

  • Les ressources naturelles sont une source de revenus pour la majorité de la population népalaise, ce qui rend le pays spécialement vulnérable à la dégradation de l'environnement.
  • Avec le soutien de l'Initiative Pauvreté-environnement (PEI), des administrations locales du Népal font la promotion du développement vert avec des subventions pour les panneaux solaires, les biogaz et les techniques agricoles durables.
  • L'initiative PEI appuie le gouvernement du Népal dans la formation des planificateurs des collectivités territoriales. L'objectif est de mettre au point une infrastructure durable, des interventions d'adaptation et d'atténuation des effets du changement climatique, des solutions économes en énergie et une agriculture biologique.

« Le niveau de l'eau baisse à cause de la déforestation en amont de la source », explique une femme. « Maintenant, nous avons beaucoup de mal à cultiver car la source d'eau s'épuise. De plus, c'est pénible de puiser de l'eau potable ».

Ces difficultés ont poussé les collectivités locales à promouvoir des modèles de développement plus durables. Grâce à un programme de financement qui augmente le budget des administrations locales qui adoptent des initiatives de développement durable, mais aussi grâce au travail de promotion de modèles de développement vert dans les médias, plusieurs communautés multiplient les initiatives innovantes.

Les comités de développement des districts de Dhading et de Rupandei font partie des collectivités locales ayant augmenté les fonds alloués au développement vert, en subventionnant le biogaz, l'installation de panneaux solaires et en encourageant des pratiques agricoles durables.

En collaboration avec la Commission nationale de planification et le ministère des Affaires fédérales et du développement local du Népal, l'Initiative Pauvreté-Environnement (PEI), un programme conjoint du Programme des Nations Unies pour le développement et du Programme des Nations Unies pour l'environnement, appuie l'adoption de méthodes vertes par les districts de Dhading et de Rupandei.

L'initiative PEI vérifie que des évaluations d'impact environnemental et des examens environnementaux initiaux ont été effectués pour des projets tels que la construction de routes ou l'extraction de sable, de gravier et de pierres. Ce, pour s'assurer de la préservation des écosystèmes clés et de l'emploi de la main d'œuvre locale.

De plus, l'initiative PEI aide le gouvernement du Népal à former les planificateurs des collectivités locales. L'objectif est de mettre au point une infrastructure durable, des interventions d'adaptation et d'atténuation des effets du changement climatique, des solutions économes en énergie et une agriculture biologique.

Pramila Dallakoti, 27 ans, est agent de mobilisation sociale au sein du comité villageois de Jogimara dans le district de Dhadding. Son travail consiste à amener la population à adopter de nouvelles technologies et pratiques, telles que le génie biologique, les foyers améliorés, le biogaz ou les méthodes durables de construction de routes, et à en comprendre les bienfaits.

« Nous travaillons avec la population pour promouvoir ce type d'agriculture intégrée », explique Dallakoti. « Cette plantation organique est bénéfique pour la santé tout en atténuant les risques de glissements de terrain vers la ville en contrebas. Elle a procuré aux populations locales moyens de subsistance et emplois ».

L'action des collectivités locales népalaises pour un modèle de développement plus durable a déjà un impact notable sur les moyens de subsistance des populations rurales.

L'adoption du biogaz et de l'agriculture organique a changé la vie d'Arjun Kumari Mala et celle de ses cinq enfants.

« Le biogaz et les foyers améliorés nous ont permis de réduire la consommation de bois », explique-t-elle. « Maintenant, nous sommes à l'abri de la fumée et de la poussière, mais aussi de maladies respiratoires comme la bronchite ou la pneumonie ».

Vidéo (anglais)