Le Belarus : une nouvelle approche pour la gestion des ressources

Un homme le long du canal de la tourbière de Bartenikha
Un barrage le long du canal de la tourbière de Bartenikha. Photo: Alexander Kozulin

Une terre aride, une végétation éparse, un silence assourdissant brisé seulement par les hurlements du vent… Telle est la tourbière de Bartenikha, dévastée par des décennies d’exploitation sauvage de la tourbe.

Mais depuis peu, la faune et la flore sauvages font leur réapparition dans la région. Les efforts du PNUD et de ses partenaires pour la remise en eau de Barthenikha et de 14 autres zones marécageuses du Bélarus ont permis le développement de capacités locales en matière de gestion des terres et la remise en état de 28 000 hectares de tourbières.

A retenir

  • 28 000 hectares de tourbières exploitées sont redevenus des zones humides.
  • Près de 96 pour cent de la végétation et 48 pour cent de la faune sont revenus dans les zones reconquises.
  • Les émissions de carbones ont diminué de 300 000 tonnes par an.

Ces dernières sont des ressources naturelles essentielles pour le Bélarus. Elles absorbent de vastes quantités de carbone et les habitants en dépendent pour la chasse, la pêche et la cueillette de plantes et de baies.

Pourtant, à partir des années 1950, des compagnies spécialisées en techniques d’aménagement hydraulique ont commencé à extraire la tourbe, qui est un combustible abondant et bon marché. Pour faciliter leur travail, elles ont effectué des travaux de drainage à grande échelle.

C’est alors que des incendies ont commencé à ravager les terres asséchées, qui se sont mises à émettre du dioxyde de carbone au lieu d’en absorber. Des gaz toxiques et des aérosols ont pollué l’atmosphère et l’État a été contraint de dépenser des millions de dollars pour lutter contre les feux de tourbe.

Une solution simple mais efficace

En 1999, le PNUD et la Société royale britannique pour la protection des oiseaux, l’initiative Darwin pour la survie des espèces, l’ONG nationale APB-Birdlife Belarus et l’Académie nationale des sciences ont conjugué leurs efforts pour accroître les capacités en matière d’évaluation et de gestion des zones humides. La première étape a consisté en une expérience menée dans trois tourbières afin de déterminer quel était le niveau d’eau optimum pour la biodiversité et les activités économiques.

Puis en 2006, le PNUD, le Fonds pour l’environnement mondial et APB-Birdlife Belarus ont lancé une initiative, financée à 65 pour cent par l’État, afin de créer un cadre national pour la gestion durable des tourbières. Ils ont réuni des fonctionnaires des ministères de l’Environnement et des Forêts, ainsi que des groupes écologistes et des industriels spécialisés dans l’extraction de la tourbe pour débattre des priorités en termes d’utilisation des sols et élaborer un plan rentable de ré-irrigation  de 15 tourbières en mauvais état dans les régions de Minsk, Brest, Vitebsk, Grodno et Gomel.

Le PNUD a également aidé les compagnies hydrauliques locales à modifier leur approche et à se mettre à construire des écluses et des barrages d’irrigation au lieu de creuser des canaux.

Aujourd’hui, ces 15 marécages sont revenus à la vie, la faune aviaire et la végétation y sont de retour. Les populations vivant à proximité peuvent reprendre des activités qui améliorent leurs revenus, comme la chasse, la pêche et la cueillette. Une telle réussite ouvre aussi la porte à l’écotourisme et permet d’épargner au moins un million de dollars par an en frais de lutte contre les incendies.

La demande de tourbe, qui peut servir de combustible et d’engrais, reste forte, mais l’État fait des travaux pour protéger 20 marécages qui se trouvent encore à l’état sauvage. Il a l’intention d’introduire des plans de gestion des sols pour tous les districts administratifs du pays d’ici 2015.