Soudan du Sud : Permettre un accès à la justice pour les femmes

Alice a formé une organisation locale qui suit les tentatives de justice populaire au Soudan du Sud
Alice a formé une organisation locale qui suit les tentatives de justice populaire au Soudan du Sud

Dans une démocratie aussi jeune que celle du Soudan du Sud , la plupart des litiges sont encore réglés à travers des structures et des institutions traditionnelles et coutumières. Alice Adye a pu observer comment la désintégration des institutions gouvernementales, notamment de la police, des tribunaux statutaires et coutumiers, a fragilisé et victimisé les femmes des régions rurales de sa communauté.

« Dans ma communauté, lorsqu’une famille est soupçonnée ou accusée de meurtre, on cède à titre de compensation la fillette à la famille de la victime. Dans d’autres cas, les femmes accusées sont lapidées et battues à mort, » déclare Alice, qui réside dans l’état d’Easter Equatoria.

A Retenir

  • Avec 400 263 $ de financement, le programme du PNUD organise une formation sur l'accès à la justice et aux droits de l'homme au niveau national depuis 2006.
  • Le projet a pour objectif de permettre aux ONG, aux autorités traditionnelles et aux institutions de l’état de droit de pouvoir connaître et défendre durablement les droits de l’homme.
  • Le PNUD a placé des spécialistes dans dix états afin de fournir un appui technique et politique au secteur de la justice pénale et aux organisations communautaires.

Après avoir participé à une formation parajuridique parrainée par le PNUD, Alice a formé la Women Empowerment for Prosperity (Autonomisation des femmes pour la prospérité). Cette organisation locale suit et transmet au Département des enquêtes criminelles du Service de police national du Sud du Soudan les cas de tentatives de justice populaire. Women Empowerment for Prosperity a embauché 20 volontaires provenant de différents comtés et villages d’Eastern Equatoria pour qu’ils aident à collecter des informations sur les lieux où les femmes sont en danger.

« Pour être un bon parajuriste, vous devez savoir comment nos lois du Sud du Soudan peuvent être utilisées pour protéger la vie des femmes. Grâce à la formation du PNUD, j’ai pu maîtriser ces outils et rentrer en contact avec les personnes du département de la police et avec d’autres activistes ».

Grâce à un financement de 400 263 USD, le Programme du PNUD sur l’Accès à la justice et à l’état de droit, a organisé depuis 2006 en collaboration conjointe avec le ministère de la Justice et avec la police des Nations Unies, une formation parajuridique sur l’accès à la justice et aux droits de l’homme au niveau des états et de la nation.

La formation réunit des juges, des avocats, des policiers et des agents pénitentiaires, des gardiens des règles coutumières et des activistes communautaires tels qu’Alice, pour qu’ils connaissent mieux les lois permettant aux communautés de faire valoir leurs droits, ainsi que celles  sur la conduite des fonctionnaires, et pour leur expliquer également le fonctionnement des tribunaux.

Bien que les pratiques parajuridiques ne soient pas codifiées par les lois du Sud du Soudan, dans un pays qui compte à peine 400 avocats en exercice, la formalisation du corps parajuridique ou des auxiliaires juridiques communautaires peut combler de grosses lacunes et permettre aux personnes d’accéder à la justice tant formelle qu’informelle. Les activistes communautaires et les parajuristes sont de plus en plus perçus comme des agents du changement social et des intermédiaires amplifiant la voix des citoyens.

Le PNUD collabore actuellement avec le système de justice pénale du Sud du Soudan, comprenant la magistrature, le ministère de l’Intérieur et le ministère de la Justice pour appliquer un programme de développement des capacités en matière de techniques de plaidoyer et de connaissance des instruments juridiques. Le PNUD a placé des spécialistes de l’état de droit et des conseillers en matière d’application de la loi dans dix états afin de fournir un appui technique et politique au secteur de la justice pénale et aux organisations communautaires.