Des militants font de l’éducation civique en Libye

Libye - education civique
Khadija Baba fait une présentation lors de la première formation pour devenir instructeur en éducation civique. Photo : Asma Arriyani/PNUD

L’an dernier, Khadija Baba n’aurait jamais songé à participer à une action politique ou civique indépendante dans sa ville natale de Tripoli.

De telles activités étaient non seulement interdites sous l’ancien régime libyen, mais elles auraient vraisemblablement valu à la jeune étudiante de faire de la prison.

Aujourd’hui, grâce au Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), Baba vient de terminer le premier volet d’une formation pour devenir instructrice en éducation civique dans les universités libyennes.

A retenir

  • On estime à 375 000 le nombre d’étudiants inscrits dans les 13 universités libyennes.
  • Environ 180 000 étudiants suivraient des cours de formation professionnelle dans onze instituts nationaux.
  • Cinquante pour cent des étudiants du cycle supérieur seraient des femmes.
  • Vingt-six personnes (15 femmes et 11 hommes) ont terminé le premier volet de la formation BRIDGE.
  • La moitié d’entre eux proviennent d’universités et l’autre moitié d’organisations de femmes ou de jeunes de la société civile.

« La jeunesse était au cœur de la révolution libyenne », explique Baba. « Nous, les jeunes, nous avons un rôle à jouer pendant la période de transition que va vivre le pays dans sa marche vers une démocratie durable. »

Baba faisait partie d’un groupe de 15 femmes et 11 hommes sélectionnés par le PNUD dans toute la Libye pour prendre part à une session complète de formation en éducation civique utilisant l’approche BRIDGE (acronyme anglais pour « développer des ressources pour la démocratie, la gouvernance et les élections »).

« L’approche BRIDGE convient particulièrement au contexte libyen », estime l’instructeur Emad Yousef. « Elle n’est pas trop normative et elle encourage les étudiants à imaginer des solutions créatives adaptées aux défis qu’ils doivent relever dans leur travail. »

La formation est le premier des trois éléments d’un projet du PNUD intitulé « Appui à l’engagement civique pendant la transition en Libye », qui a débuté en janvier avec un budget de 4,37 millions de dollars. Il vise à encourager les jeunes et les femmes à s’engager dans la transition politique en Libye. Le PNUD travaille en étroite collaboration avec le ministère du Plan, celui de la Culture et de la Société civile et celui de l’Education supérieure.

Les quarante années passées sous la férule d’un des régimes autoritaires les plus durs de la région arabe n’ont pas permis à Baba et à ses pairs d’apprendre ce que sont la démocratie et la bonne gouvernance.

« Renforcer la compréhension qu’a la population des principes démocratiques et de la façon dont ils sont appliqués lors des élections ou de la rédaction de la Constitution est une priorité aujourd’hui en Libye », dit l’analyste de programme du PNUD Amal El-Mograbi. « Ce cours permet l’intégration et aide à promouvoir la réconciliation de façon indirecte. Les participants viennent de toute la Libye, et certains sont des Thuwar (« révolutionnaires du 17 février » en arabe).

Une fois terminée la période de stages supervisés, où ils mettent en pratique les compétences en éducation civique qu’ils viennent d’acquérir, les apprentis instructeurs reçoivent leur certificat. Une fois agréés, ils peuvent travailler eux-mêmes comme formateurs de BRIDGE en Libye et dans la région arabe.

Ces instructeurs donneront bientôt des cours d’éducation civique de deux ou trois jours à près de 10 000 étudiants, via un réseau de centres de formation répartis dans dix universités du pays. Ils pourront aussi participer de façon bénévole à des campagnes d’éducation des électeurs pour la Haute Commission pour les élections nationales.

Khadija et ses condisciples ont créé une page Facebook BRIDGE Libye qui leur permet d’échanger fréquemment des idées et de planifier les étapes suivantes.

« Nous sommes heureux d’avoir terminé la toute première formation BRIDGE en Libye à un moment crucial », se réjouit Eric Overvest, directeur de pays du PNUD Libye. « Les organisations de la société civile, un certain nombre de ministères et la Haute Commission pour les élections nationales réclament déjà des formateurs ayant leurs compétences pour que la transition démocratique bénéficie de plus d’expertise. »

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