Égypte : une carte d’identité pour prouver son existence

Nesma fait partie des millions d'Egyptiennes qui ne possèdent pas une carte d'identité.
Nesma fait partie des millions d'Egyptiennes qui ne possèdent pas une carte d'identité. Photo: Mohamed Hany/ONU Femmes

À 28 ans, Nesma doit s’occuper de ses trois enfants et de son mari invalide. Comme beaucoup de familles en Egypte, sa famille souffre de l’instabilité de la situation économique et peine à accéder au logement, à l’enseignement et à la nourriture.

Quand Nesma entend parler de l’Initiative citoyenne, un projet visant à délivrer 2 millions de cartes d’identité nationales pour les femmes égyptiennes, elle s’arrange pour être parmi les premières au bureau d’enregistrement de son quartier à Gizeh.  

À retenir

  • L’Initiative a pour but de renforcer la démocratie et d’autonomiser 2 millions de femmes vivant sans cartes d’identité.
  • À ce jour, 250 000 dossiers ont été enregistrés et 117 000 femmes ont reçu leur carte d’identité.
  • Lancée en 2011, l’initiative est menée par ONU Femmes en partenariat avec le PNUD, et les autorités locales.

« C’est un rêve qui devient réalité, » dit-elle. « J’ai en ai besoin pour trouver un travail et assumer mes responsabilités de mère et d’épouse. Mais c’est avant tout un moyen de m’affirmer en tant que femme. »

L’initiative s’inscrit dans un projet de renforcement de la démocratie lancé en Égypte en 2011 par ONU Femmes en partenariat avec le PNUD, le Ministère d’Etat pour le développement administratif (MSAD) et le Fonds social de développement (SFD) en collaboration avec l’Organisation de l’Etat civil au sein du Ministère de l’Intérieur.

Des bureaux d‘enregistrement mobiles ont été mis en place dans les régions les plus éloignées et des campagnes de sensibilisation publiques sur les avantages de la carte d’identité ont été menées auprès des femmes isolées et vivant dans la pauvreté.

La carte d’identité donne aux femmes le droit de voter et de rejoindre un parti politique. Elle leur donne accès aux services gouvernementaux, y compris aux hôpitaux, aux programmes d’alphabétisation et aux services bancaires. Elle leur permet d’obtenir des contrats de mariage légaux qui préservent leurs droits maritaux et leur droit à la mobilité. Elles peuvent ainsi participer à la vie publique et bénéficier de leurs droits et responsabilités de citoyennes.

« Comme des millions de femmes en Égypte, Nesma n’a pas de carte d’identité et sa citoyenneté n’est pas reconnue, » explique Heba Wafa, spécialiste des questions de genre au bureau de pays du PNUD Égypte. « Il lui est impossible de postuler pour un emploi, d’inscrire son enfant à l’école ou de générer un revenu suffisant pour subvenir aux besoin de sa famille. »

À ce jour, 250 000 dossiers ont été enregistrés et 117 000 femmes ont reçu leur carte d’identité nationale dans les villes d’Alexandrie, Assiout, Assouan, Gizeh, Qalyubiya et Sohag.

« Aucune de mes voisines n’a de carte d’identité, » ajoute Nesma. « Je leur expliqué les avantages de l’initiative citoyenne et les ai encouragé à obtenir la leur. »

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