Burundi : les femmes apportent une solution au problème de gestion des déchets

Femme qui recycle au Burundi
Les femmes à Cibitoke, au Burundi, recyclent les déchets dans le cadre d'un programme de réinsertion des rapatriés et des anciens combattants dans la société. (Photo: PNUD Burundi)

Originaire de la province de Cibitoke, dans le nord-est du Burundi, Peruth Ndayiramye se lève tous les matins pour chercher de la nourriture et de l'eau pour sa famille et conduire sa chèvre au pâturage.

« Après m’être lavée, je confie les tâches ménagères à mes enfants et je pars au travail », explique Peruth.

À retenir

  • Au Burundi, 4 projets de gestion des déchets emploient des anciens combattants et des rapatriés, dont 80% de femmes.
  • Chaque employé gagne 2 dollars par jour, dont 0,50 sont mis de côté pour l'épargne et 0,20 placés sur le compte du projet.
  • Le programme fournit les équipements de protection et paie les salaires pendant les six premiers mois. À terme, le projet doit être financièrement autonome pour assurer sa pérennité.

Membre d'une équipe de 60 anciens combattants, rapatriés et autres personnes vulnérables, Peruth participe à un nouveau projet de gestion des déchets, dont le but est d’assurer la collecte les ordures de la ville. Avec l'appui du PNUD, le projet assure la collecte, le stockage et l'évacuation quotidiens des ordures.

« Ce projet est un ensemble d'initiatives partenariats public-privé qui entrent dans le cadre du projet d'autonomisation des femmes de Cibitoke, dont la plupart sont en situation de vulnérabilité », indique Jean Bukware, coordonnateur régional du PNUD Burundi.

Financé par le Bureau de prévention des crises et de relèvement du PNUD, le projet pilote est placé sous la supervision de l'Association pour le développement intégré du Burundi (ADIB). « Nous avons identifié les bénéficiaires en étroite collaboration avec les autorités municipales », explique Jovite Bayavuge, représentant du projet.

Les femmes collectent les ordures ménagères dans des sacs fournis par l'ADIB. Stockés à des endroits spécifiques de chaque quartier, les déchets sont ensuite acheminés par camion vers une décharge située hors de la ville. Lors du triage, la matière organique est séparée du plastique et de la ferraille, puis transformée en compost.

En 2012, quatre projets pilotes ont été lancés dans les provinces de Cibitoke et de Bubanza. Ils visent en particulier à autonomiser les femmes, qui constituent 80 pour cent des participants. La moitié d'entre elles sont des veuves.

« Certaines femmes n'ont aucune source de revenus », dit Jacqueline Ndikumana, bénéficiaire du projet. « Avec l'argent gagné grâce au projet, elles peuvent maintenant se lancer dans l’agriculture, faire du commerce et subvenir à d'autres besoins ».

Ruben Tubirabe, conseiller économique de la province de Cibitoke, souligne que les changements sont visibles. « L’association a assuré la collecte de toutes les ordures qui s'entassaient pendant des mois au marché de Cibitoke », dit-il.

Les cotisations des ménages (0,50 dollars par mois) et la vente du compost issu de la matière organique collectée constitueront à terme les deux principales sources de revenus du projet.

« Personnellement, je gagne mieux ma vie », confie Peruth. « Je sors progressivement de la pauvreté. J'ai acheté des outils ménagers, et ils sont très utiles pour ma famille ».

Si les succès se confirment, le projet pourrait être étendu à d'autres parties du Burundi.

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