Sri Lanka : des frigos pour faciliter la conservation du poisson frais

woman drying fish
Une femme sèche du poisson au Kallaru Fish Collection Centre, au Sri Lanka. ©PNUD Sri Lanka

Au sein des communautés de pêcheurs sri-lankais, des pêches plus abondantes ne sont pas forcément synonymes d'affaires plus lucratives, surtout lorsqu'on n'a aucun endroit pour les stocker. Pour de nombreux pêcheurs, qui se débrouillent toujours comme ils peuvent après des années de conflit et le tsunami dévastateur de 2004, acheminer le poisson au marché avant qu'il ne se gâte est une véritable course contre la montre.

À retenir

  • Plus d'1 million de personnes ont été déplacées ces 20 dernières années en raison du conflit.
  • Les années de conflit et les catastrophes naturelles ont exacerbé le manque d'infrastructure, freinant les efforts des pêcheurs du Sri Lanka qui se battent pour apporter du poisson frais sur les marchés.
  • Le projet du PNUD a permis à 7 000 pêcheurs d'augmenter leurs revenus, dans la région du Mullaitivu.
  • Des femmes formées aux techniques de production de poisson séché ont pu augmenter leurs revenus et scolariser leurs enfants.

« J'avais l'habitude de pêcher une fois par jour seulement, mais comme la plupart du temps, les glacières n'arrivaient pas à temps, la qualité du poisson se dégradait et je n'en obtenais pas un bon prix », explique Sithamparapillai Sivakumar, un pêcheur local.

Depuis mai 2013, près de 150 tonnes de poissons ont pu être traitées par une nouvelle usine de nettoyage, de transformation et de stockage, construite grâce à l'appui du PNUD, dans le district de Mullaitivu. 

Lorsque les pêcheurs déposent leurs poissons frais au centre, les ouvriers des coopératives de pêche locales trient et estiment leur valeur, puis les placent dans de la glace pour les transporter au marché. L'usine permet d'améliorer l'hygiène, ce qui n'assure pas seulement une qualité supérieure, mais augmente également la production et les revenus.

« L'appui du PNUD à ces communautés, dont beaucoup ont été déplacées par les catastrophes naturelles et les conflits, aide à développer des savoir-faire pour améliorer les revenus et les moyens de subsistance », dit Razina Bilgrami du PNUD. « Nous sommes parvenus à améliorer la qualité de vie de ces hommes et de ces femmes. »

Au Sri Lanka, de nombreuses communautés côtières dépendent des ressources halieutiques pour se nourrir et générer des revenus. Un grand nombre de personnes ont été déplacées et ont perdu leur maison, en raison d'un conflit civil violent, qui a pris fin en 2009, et du tsunami de 2004. Le centre de collecte de poissons participe d'une plus large  initiative du PNUD qui vise à accroître les revenus et les moyens de subsistance des villageois touchés par les crises récentes.

Une aide précédente avait déjà permis de doter la communauté d'une usine de fabrication de glace, de camions frigorifiques et d'autre matériel. Avec l'appui du PNUD, plus de 7 000 pêcheurs de Mullaitivu ont pu diminuer leurs pertes financières causées par le poisson avarié. Un poisson de meilleure qualité permet aux pêcheurs de donner davantage de valeur aux produits qu'ils vendent sur le marché, améliorant ainsi leur pouvoir de négociation.

Dans le cadre de ce projet, près de 100 femmes appartenant aux communautés locales ont été formées à la transformation, au séchage et à la conservation du poisson, grâce à l'utilisation d'un grand séchoir à poissons fourni par le PNUD.

Cette nouvelle installation a permis d'augmenter le revenu de Mary Clatures dont le mari est un ouvrier agricole et qui a quatre enfants toujours scolarisés. « Même si je prends part à la production du poisson sec depuis mon enfance, j'ai beaucoup appris grâce à cette formation qui a permis de réduire ma charge de travail et d'améliorer la qualité du poisson sec », explique-t-elle.

Grâce au séchoir, qui est plus efficace que le séchage solaire et peut traiter jusqu'à 250 kilos de poissons à la fois, Clatures peut maintenant gagner 1 000 dollars supplémentaires par an, une somme importante dans un pays où près de 24 % de la population vit avec moins de 2 dollars par jour.

« J'utilise ce revenu supplémentaire pour couvrir les frais de scolarité de mes enfants », explique Clature. « Je suis fière de dire que je peux payer à ma fille des cours d'un niveau avancé sans l'aide de mon mari. »

Pour Sivakumar, qui a à sa charge une fille d'âge scolaire, les perspectives se sont également améliorées.

« Avant l'intervention du PNUD, mon revenu mensuel variait entre 10 000 LKR et 15 000 LKR » (entre 76 et 114 dollars américains), dit-elle. « Mais maintenant, je peux aller pêcher quand je veux, même deux fois par jour, et je peux me procurer toute la glace que je veux, quand je le veux. Mon revenu a augmenté d'environ 20 000 LKR à 25 000 LKR par mois » (entre 153 et 191 dollars américains).

Grâce à l'augmentation de ses revenus, Sivakumar est en mesure d'économiser pour acheter davantage de filets et d'articles ménagers. « Mon objectif est de permettre à mon enfant d'accéder à un meilleur niveau d'éducation et d'accroître mes économies pour elle » dit-il.

Le centre a été construit avec l'aide financière de l'Agence canadienne de développement international.  

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