Le Soudan du Sud renforce la fonction publique et les services de santé

Opération chirurgicale dans un hôpital du Soudan du Sud.
Bowembo Kakande est le seul chirurgien d'un hôpital de l'ouest de Bahr Gazal. Celui-ci reçoit en moyenne 50 patients par jour. Photo: PNUD au Soudan du Sud.

Pour beaucoup, partir travailler à l’étranger, c’est faire face à de nombreux imprévus. Pour Yenew Azale, un infirmier éthiopien qui travaille aujourd’hui au Soudan du Sud, ce choix l’a déjà confronté à une évacuation à cause des violents conflits secouant le pays.

Après avoir été évacué de l’état de Jonglei à la mi-décembre, Azale a rejoint le service médical de la prison de Juba en début avril. Il fait partie des 200 infirmiers, docteurs, membres du personnel médical et fonctionnaires recrutés en Éthiopie, en Ouganda et au Kenya déployés dans 10 états afin de maintenir les principaux services gouvernementaux du pays. Il fournit des soins médicaux aux prisonniers, au personnel pénitentiaire et aux membres de leur famille.

À retenir

  • Le PNUD offre des services d’encadrement et de conseil pour les fonctionnaires au Soudan du Sud.
  • Le programme, initié en 2010 et renforcé pour répondre à la crise actuelle, prendra fin en 2016.
  • Budget : 26 million de dollars financés par le gouvernement du Royaume de Norvège.

« Tout ne se passe pas comme je l’imaginais, » dit-il. « Quand on a commencé sur le terrain avec le personnel sud-soudanais, nous n’avions que très peu de médicaments à disposition, aucune clinique à proximité et aucune coordination avec nos partenaires. »

Le Soudan du Sud est en conflit depuis décembre 2013. Des conflits armés, aggravés par l’effondrement de l’autorité gouvernementale et de l’état de droit, ont entrainé des milliers de mort. Des milliers d’habitants ont dû quitter leurs habitations, donnant lieu à une crise humanitaire sans précédent. De nombreux fonctionnaires ont fui, aggravant les souffrances des habitants restés sur place. La région a plus que jamais besoin de services de santé, d’éducation et de nouveaux emplois.

En utilisant une approche innovatrice reposant sur l’assistance gouvernementale des pays en développement de la région, le PNUD a facilité l’embauche de fonctionnaires comme Azale pour une durée de deux ans. Ils reçoivent leur salaire de leur pays d’origine, ainsi qu’une allocation du gouvernement du Royaume de Norvège.

En plus de fournir des services aux populations affectées, ces spécialistes se sont associés a plus de 200 ressortissants sud soudanais afin de fournir formations et conseils au niveau juridique, de l’éducation, de la santé et de l’aide sociale. Certains fonctionnaires mènent également un programme de formation professionnelle auprès de 200 jeunes dans la capitale de Juba dans des domaines tels que la plomberie, la charpenterie, la mécanique, le soudage, l’installation électrique et le bâtiment.

 « En tant qu’agent d’appui de la fonction publique, je suis content de participer à la formation continue des docteurs et des médecins sanitaires qui travaillent ici, » dit Dr Buwembo Kakande, le seul chirurgien de l’hôpital de la ville de Wau dans le Bahr el Ghazal occidental. Cet hôpital reçoit entre 40 et 50 patients par jour. « Désormais, mon équipe peut prendre plusieurs opérations en charge séparément. »

Malgré l’insécurité et le manque d’infrastructures et de moyens de transport, la situation évolue. Les bureaux sont en activité et grâce à la standardisation des systèmes, des procédures, des budgets et des plans stratégiques, les différents services commencent à fonctionner efficacement.