Sauver le café ougandais des effets du changement climatique

producteurs de cafe en Ouganda
Robert Toskin et sa famille trient des grains de café dans le village de Kok, dans le district de Kapchorwa, en Ouganda. Photo: PNUD en Ouganda

Dans le village de Kok, situé à environ 240 km de Kampala en Ouganda, Robert Toskin plonge la main dans un sac de grains de café vert.

« Le café est une culture de rente importante dans cette région », explique l’agriculteur. « Les gens cultivent pour leur propre consommation, mais les recettes provenant de la production du café contribuent à financer des services tels que l'éducation et les soins de santé, ce qui la rend vitale pour l'économie locale. »

Niché sur les pentes boisées du mont Elgon dans l’est de l’Ouganda, Kok se situe au sein de l’une des principales régions productrices de café. Le changement climatique pourrait cependant mettre cette industrie en danger. Si les producteurs de café de Kapchorwa bénéficient de riches sols de montagne et de précipitations relativement prévisibles, les effets du changement climatique ont déjà commencé à menacer la quantité et la qualité des grains de café vert, entraînant une baisse des prix et nuisant aux exportations.

A retenir

  • L'Ouganda est le plus grand producteur de café en Afrique.
  • Plus de 2 millions de personnes sont employées directement ou indirectement par l'industrie du café.
  • L’augmentation des températures a vu la production de café diminuer et les prix chuter de plus de moitié depuis 2011.
  • Les agriculteurs sont formés a l'amélioration des installations de stockage, au développement de l'irrigation et la plantation de variétés de cultures résistantes au stress.

Mêmes faibles, les variations des conditions de croissance telles que les changements dans les précipitations ou la température, peuvent affecter la saveur du café et donc la valeur du produit. Les températures moyennes ont augmenté d'environ 1,8 °C en Ouganda au cours des 40 dernières années, et les agriculteurs comme Toskin affirment que cela a nui à la qualité de leur produit. La production du café, ainsi que les prix, ont diminué de façon constante au cours des dernières années. D'environ 4 dollars en 2011, le prix du kilogramme de café ougandais est tombé à 1,30 dollars en 2013.

« Les gens de Kapchorwa et d'autres districts tels que le district de Rakaï, où nous avons travaillé, sont très affectés par la variabilité climatique et ses effets sur la production de leurs récoltes de café », affirme Martha Bbosa, spécialiste en gestion des risques climatiques pour le PNUD à Kampala. « Même les faibles changements des conditions météorologiques sont susceptibles de produire des grains amers ou à l’arôme faible. »

Un projet appuyé par le PNUD (anglais) a révélé que le changement climatique en Ouganda a déjà un impact. Alors que les effets à long terme ne sont pas encore connus de façon certaine, les fortes pluies, les inondations et les glissements de terrain sont déjà en hausse. Le rapport du PNUD (anglais) prévoit l’augmentation de la fréquence aussi bien que de l’intensité des événements météorologiques extrêmes, ce qui affectera le régime des précipitations et perturbera les pratiques agricoles en réduisant la quantité de terres propices à la production du café.

Cela porte non seulement préjudice aux agriculteurs locaux mais également à l'économie ougandaise dans son ensemble. Dans toute la région de Mbale, plus de 50.000 ménages dépendent de la production du café pour leurs revenus. Au niveau national, plus de 2 millions de personnes sont employées directement ou indirectement par l'industrie du café, qui en 2012, a contribué à l’économie nationale à hauteur de près de 400 millions de dollars.

« Peu de gens le savent, mais l'Ouganda est en fait le plus grand producteur de café en Afrique », déclare Matthias Nabutele, président de Coffee a Cup, une coopérative spécialisée dans l'exportation de café et qui travaille avec les agriculteurs locaux de l’ensemble de la région de Mbale.

Même si, dans le cadre de sa stratégie de développement et d’éradication de la pauvreté à long terme, le gouvernement envisage d'augmenter la production et de développer la transformation et la distribution, le projet du PNUD montre que l'impact du changement climatique pourrait bien compromettre ces objectifs. Ce projet, qui s'inscrit dans le cadre plus large des efforts du PNUD pour évaluer l'impact du changement climatique dans 17 pays à haut risque, prouve déjà que dans les pays en développement, les gens devront modifier la façon dont ils gagnent leur vie pour faire face aux changements climatiques.

Dans les districts de Kapchorwa et de Rakaï, le PNUD a fourni des conseils au gouvernement sur la façon de mieux préparer les communautés en renforçant les systèmes d'irrigation, en développant et en plantant des cultures résistantes au stress, ainsi qu’en améliorant le stockage des semences et des denrées, entre autres mesures. Le projet, qui donne la parole aux agriculteurs, met également à contribution les connaissances locales afin de comprendre comment les générations passées ont fait face aux périodes d'incertitude.

« La culture du café fait partie du mode de vie de l'Ouganda et la connaissance de la culture du café se transmet de génération en génération dans les ménages », précise Bbosa. « Ce savoir autochtone face à la variabilité et au changement climatique a servi de mécanisme d'adaptation. »

Pour en savoir plus sur le travail du PNUD en matière d’atténuation et de préparation aux effets du changement climatique, veuillez consulter notre nouveau rapport, qui fait état de huit années de Protection du développement contre les catastrophes (en anglais).

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