Éliminer les obstacles physiques à la réunification de Chypre

Cyprus
Antigoni Kallouri dans son champs de fruit déminé, au sud de la zone tampon. Photo : Dionysios Manganis pour le PNUD

De part et d’autre de l’île, Antigoni Kallouri et Necmi Maraşuna font partie des fermiers chypriotes longtemps privés de l’accès à leurs terres, la présence de mines terrestres dans les zones tampons entre la partie nord et sud de Chypre rendant l'agriculture trop dangereuse.

“« Il y a quelques années, un accident est survenu dans le champ à côté du notre. Un fermier est passé sur une mine avec son tracteur, », rappelle Antigoni.

Aujourd’hui,  81 champs on été déclarés exempts de mines.  « J’ai retrouvé ma terre, » dit-elle. « La surface totale de nos terres arables ayant augmenté, notre revenu va s’améliorer. » Pendant  plusieurs décennies, les mines ont empêché la réhabilitation de nombreux secteurs dans les zones tampons et autour de ces zones, des deux côtés de l’île. Elles ont aussi retardé l’ouverture de nouveaux points de passage et constituaient un vestige des conflits passés, entravant la réconciliation des communautés chypriotes grecques et turques.

A retenir

  • 27 000 mines terrestres retirées de la zone tampon
  • 81 champs de mines déclarés déminés
  • 1 571 206 mètres carrés de terre retrouvent leur utilisation première

Depuis 2004, le programme du PNUD Partenariat pour l’avenir à Chypre (PNUD-PFF), en partenariat avec l’Union Européenne, le Bureau des Nations Unies pour les services d'appui aux projets (UNOPS), et la Force des Nations Unies chargée du maintien de la paix à Chypre (UNFICYP), a travaillé avec les deux communautés pour réduire le nombre de mines terrestres sur l’île et normaliser les conditions dans la zone tampon.

Au lancement du projet, 101 champs de mine ont été identifiés – 53 en dehors de la zone tampon et 48 à l’intérieur. Dans ces champs, 5000 mines antichars et 15000 mines antipersonnel ont été trouvées.

Les démineurs du PNUD ont participé au déblayage de ces champs, ainsi que d’autres zones suspectes telles que les immeubles piégés.  Pendant que les fouilles prenaient place, ils ont soutenu le Comité des personnes disparues à Chypre (CMP), ont aidé l’UNFICYP à identifier les nouvelles zones suspectes et ont mené un programme de Sensibilisation au danger des mines (MRE) auprès des Casques bleus des Nations Unies.

Grâce à ces efforts, plus de 27 000 mines terrestres ont été retirées des zones tampons au cours des 7 dernières années.  1 571 206 mètres carrés de terre ont progressivement été restitués au peuple.

Le projet de déminage a constitué une mesure importante de confiance à Chypre et a servi de plateforme pour de nouveaux projets bicommunautaires.

Le peuple de Chypre peut maintenant profiter des nouvelles opportunités économiques et sociales.  Il peut concevoir un avenir sans les dangers liés aux mines dissimulées et munitions non explosées. Cependant, il reste beaucoup à faire puisqu’on estime qu’il reste encore 15 000 mines terrestres sur l’île.

« Maintenant que nous savons que notre terre est complètement déminée, nous voulons l’exploiter pour cultiver des concombres, des tomates et des fraises, mais nous craignons toujours que les mines n’aient pas toutes été enlevées », dit Necmi.

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