Redonner espoir aux familles somaliennes confrontées à la famine

Haredo Ali et ses collègues, dans la région de Bakool, Somalie.
Haredo Ali et ses collègues, dans la région de Bakool, Somalie.

Avec ses deux enfants qui maigrissaient de jour en jour et les revenus de la famille qui ne cessaient de s’amoindrir, Haredo Ali, une habitante de 26 ans de la région de Bakool au sud de la Somalie, s’est retrouvée au cœur de la pire sécheresse que le pays ait connue en 60 années.

Son mari avait perdu sa petite affaire de récolte de miel lorsque ses abeilles avaient abandonné leurs ruches pour partir à la recherche de nectar et d’eau. Sans argent, ni moyens de transport ni nourriture, la famille de Haredo n’avait aucune chance de pouvoir aller chercher ailleurs l’aide dont elle avait besoin.

A retenir

  • Il y a actuellement sept projets communautaires en cours dans les régions de Gedo et de Bakool.
  • 6400 travailleurs ont été employés, pour un total de 216 120 journées de travail.
  • 79 km de routes (accès et routes de desserte) ont été réhabilités.
  • 16 canaux ont été réhabilités pour une longueur totale de 25 km.

« Nous n’avions aucun choix, raconte-t-elle. Nous risquions de mourir de faim et je n’étais pas du tout certaine que nous pourrions atteindre en vie le camp de réfugiés de Mogadiscio. »

Au lieu de partir, Haredo a trouvé du travail dans la réparation de 18 systèmes de captage des eaux dans la région de Bakool qui, avec le Gedo voisin, abrite 218 000 personnes en grand besoin d’une aide humanitaire.

Ce projet de captage, mis sur pied par le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), vise à remettre en état l’infrastructure essentielle afin d’aider à stimuler les moyens de subsistance locaux. En plus des captages, il restaure également les forages, les routes, les installations des marchés et les silos à grains, tout en réhabilitant les terres agricoles.

Ce faisant, il procure des emplois à court terme et un argent combien nécessaire qui permettra aux membres de la communauté les plus frappés par la sécheresse d’acheter de la nourriture et de satisfaire leurs besoins fondamentaux.

Quelque 18 000 membres de 3 000 ménages bénéficient actuellement de ce projet, en particulier des femmes chefs de famille, des jeunes, et des personnes forcées de quitter leurs maisons, handicapées ou autrement marginalisées.

Pendant sa deuxième semaine passée à construire des digues, Haredo a utilisé les 18 dollars gagnés pendant la première semaine pour procurer à sa famille un repas complet et acheter du sucre pour maintenir les abeilles de son mari dans leurs ruches.

Le travail de Haredo est supervisé par Aragti Relief and Development, l’une des nombreuses organisations non gouvernementales impliquées dans ce projet mis en place avec un financement de 1 million de dollars EU versé par le Fonds central des Nations Unies pour les interventions d'urgence.

« Dans le sud de la Somalie centrale, où l’aide humanitaire a un accès très limité, nous entretenons avec nos partenaires de la société civile d’étroites relations de planification, supervision, suivi et production de rapports », explique Abdallah Al-Laham, le responsable du programme du PNUD en faveur du redressement et de moyens de subsistance durables en Somalie.

« Nous avons tiré des enseignements de notre expérience et de nos activités de réaction à d’autres situations de crise et d’après-crise résultant d’événements dévastateurs tels que le tsunami à Aceh, le conflit à Gaza et le tremblement de terre à Haïti. »

Le PNUD a déjà alloué 6 millions de dollars à une extension immédiate de programmes critiques en Somalie, au Kenya, en Éthiopie et à Djibouti. Ces programmes visent 3,6 millions de personnes dans la Corne de l’Afrique, notamment certaines des communautés les plus affectées et déplacées. Elles comprennent des communautés du sud de la Somalie et proches de Mogadiscio, des régions frontières sujettes aux conflits de Garissa et Turkana au Kenya, et celles touchées par la sécheresse en Éthiopie et à Djibouti.

Compte tenu de la sécheresse récurrente qui caractérise la région, les efforts du PNUD pour assurer la sécurité alimentaire et offrir un choix aux familles souffrant de graves pénuries alimentaires s’étendront sur plusieurs années.

Haredo continue à travailler dur aux côtés des 850 hommes et femmes qui ont été les premiers engagés du programme « argent contre travail » de la région de Bakool. Avec le petit salaire versé par le projet, ils espèrent reconstituer leurs avoirs, pouvoir rester chez eux et développer la résilience de leur communauté.

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