L’accès à l'eau potable apporte la stabilité au Ghana

Puits mécanisés au Ghana
La vie s’améliore à Changli, au Ghana, depuis l'installation de puits mécanisés pour le pompage de l'eau potable. Photo: PNUD/Ghana

Fatimata Seidu, une jeune fille de 12 ans originaire de Changli dans le nord du Ghana, passait de longues heures à aller chercher de l'eau au lieu d’aller à l’école. Avec un seul puit pour une communauté de 10 500 habitants, les violentes disputes qui éclataient au point d’eau contraignaient de nombreux enfants, y compris Fatimata, à de longues marches vers d'autres sources.

« C’était une véritable foire d’empoigne chaque fois que j’allais chercher de l'eau. Les gens sont nombreux, donc il nous [les enfants] était toujours difficile d’y accéder », explique Fatimata à propos du puit de sa communauté qui ne dessert que 250 personnes par jour. Nous arrivions toujours en retard à l'école et la paix était loin de régner près du puits », ajoute-t-elle.

A retenir

  • Plus de 23 conflits ont eu lieu dans les régions les plus pauvres du nord du Ghana au cours des deux dernières décennies.
  • Le programme vise à autonomiser les institutions locales, les communautés et les individus pour la gestion et la prévention des conflits, notamment en facilitant l'accès à l'eau potable.
  • Selon une évaluation à mi-parcours du projet, 85,5 % des répondants étaient d'avis que le niveau de tension avait diminué dans leurs communautés entre 2009 et 2011.
  • Le PNUD, l'UNICEF, la FAO, l'ONUDI, l'UNU et le PAM sont partenaires du programme, financé par le gouvernement japonais à hauteur de 3 millions de dollars pour une durée de 4 ans.

Bien que le Ghana fasse figure d’un oasis de stabilité dans la sous-région ouest-africaine, il fait toujours face à des problèmes de sécurité, en particulier dans la région du Nord, où plus de 23 conflits ont éclaté au cours des deux dernières décennies. Le travail du PNUD pour analyser les causes de conflits locaux a révélé que beaucoup ont commencé par un manque d'accès aux ressources naturelles, notamment l'eau.

Avec d'autres partenaires, le PNUD a investi 15.000 dollars pour forer un deuxième puits plus efficace à Changli et contribuer à réduire les tensions. Ce nouveau forage est alimenté électriquement et pompe l'eau dans des réservoirs surélevés, où l’eau s'écoule vers le bas et peut être recueillie par un maximum de quatre personnes à la fois – contrairement à une seule personne précédemment - desservant plus de 1500 personnes par jour.

 « Ce nouveau tuyau signifie que nous avons de l'eau potable et que nous aurons la paix parce que nous ne nous battrons plus pour l'eau », déclare Fatimata.

« Nous sommes extrêmement satisfaits des résultats du programme à ce jour, et les améliorations des conditions de vie des habitants de Changli sont plus que visibles », affirme le directeur de pays du PNUD, Dominic Sam. « Les gens à qui nous avons parlé non seulement consacrent moins d’un temps qui leur est précieux à chercher de l'eau, mais ont également commencé à interagir plus librement avec différentes factions et tribus dans une région jusqu’ici instable. »

« Nous devons travailler dur pour pérenniser la paix dont nous jouissons maintenant. Nous avons de l'eau potable et les gens peuvent maintenant consacrer les longues heures qu'ils passaient à chercher de l’eau à d'autres entreprises plus fructueuses », explique Chang-Naa Azima Mahama, le chef du village.

Dans cette communauté traditionnelle, les femmes et les enfants, à qui incombent en grande partie les corvées d’eau, sont les principaux bénéficiaires de l'intervention.

Mais il reste beaucoup à faire et les gouvernements locaux mettent en place des mesures pour faire en sorte que ces gains soient durables. « Notre assemblée de district doit également subvenir à d’autres besoins de la communauté, tels que la création d'emplois. S’il y a des emplois, personne n’aura de temps à perdre en disputes insignifiantes ni en querelles », ajoute Chang-Naa.