Nigéria : l’histoire de deux chefs

Chiefs from the Agila community in Nigeria attend a peace celebration. Photo: UNDP in Nigeria
Les chefs de la communauté d'Agila au Nigéria assistent à une célébration pour la paix. (Photo: PNUD Nigéria)

Une belle journée de juin, des centaines d’hommes, de femmes et d’enfants de la communauté d’Agila, dans le centre du Nigéria, dansent au son des tambours. Deux chefs – autrefois en guerre – échangent une écharpe blanche en symbole de paix et se font l’accolade. La foule se met à crier.

La paix est finalement revenue à Agila.

La situation a bien changé depuis 15 ans. La petite communauté agricole de l’État de Benue était alors déchirée par une crise de pouvoirinterminable, qui a coûté de nombreuses vies et déplacé des milliers de personnes.

À retenir

  • Le projet de paix a été lancé en 2010 pour répondre à 30 ans conflit prolongé entre les communautés frontalières, conduisant à la perte de vies et de biens.
  • L'initiative a été financée par le PNUD pour un budget total de 150 000 dollars sur 4 ans.
  • Deux centres de compétences ont été créés, 100 étudiants devant décrocher leur diplôme chaque année.

« Les habitants ne pouvaient plus se rendre dans leurs fermes, et l’agriculture a subi un coup d’arrêt », explique Alex Ogaba, le Président du gouvernement local. « Les enfants ont arrêté l’école, et les enseignants ont pris la fuite, craignant pour leur vie. Les médecins étaient loin de la communauté et des marchés, et les activités économiques se sont interrompues ».

En 2010, le PNUD est intervenu pour contribuer à rétablir la paix, en se focalisant sur les causes du conflit. En tant qu’arbitre neutre, le PNUD a aidé les chefs belligérants et les membres de la communauté à discuter et à négocier la paix. Les deux chefs se sont ainsi retirés, et les membres de la communauté vont bientôt participer à des élections.

Pour assurer une paix durable, le PNUD s’est également attaqué aux questions de fond, telles que le chômage des jeunes, qui étaient devenus des acteurs consentants de la guerre communautaire. Avec l’ONG Women Environment Programme et l’Institute for Peace and Conflict Resolution du gouvernement fédéral, le PNUD construit deux centres de formation professionnelle. Un centre de compétences forme les femmes à la confection de vêtements, tandis qu’un autre centre forme les hommes à la menuiserie ainsi qu’à d’autres qualifications techniques.

« Vous voyez cet élégant vêtement, je l’ai cousu moi-même », se félicite Elizabeth Osepe, mère de trois enfant et récemment diplômée du centre de connaissances. « Je ne confie plus les vêtements de mes enfants au tailleur, je les couds moi-même. Et j’en ai également confectionnés pour un certain nombre de clients ».

Elizabeth est l’une des étudiantes à avoir décroché un diplôme du centre de formation appuyé par le PNUD. Plus de 100 étudiants doivent suivre la formation chaque année. Beaucoup créeront leur propre entreprise.

« Je prévois de monter une boutique de mode et de design dès que je peux recueillir l’argent nécessaire », indique Elizabeth, montrant son diplôme avec fierté.

En plus d’assurer un emploi à long terme, les centres de compétences aident à rassembler de nouveau la communauté. Les récents diplômés ne se livrent à aucune discrimination à l’encontre des clients qui étaient autrefois des ennemis. Et, lentement, au fil du temps, les membres des factions rivales ont recommencé à collaborer et même à se marier entre eux.

« Diverses tentatives pour rétablir la paix ont échoué dans le passé car les causes profondes du conflit n’avaient pas été traitées, et les tensions avaient rapidement recommencé à flamber », explique Says Matthew Alao, l’administrateur de projet du PNUD-Nigéria chargé de l’initiative de paix à Agila. « Mais l’approche du PNUD met l’accent sur les objectifs de développement à long terme, tels que la fourniture de la formation professionnelle et des opportunités d’emplois à long terme. Le fait de travailler côte-à-côte créée un sens de la solidarité, aide à surmonter les différences et améliore l’économie. Et notre médiation et formation en matière de règlement des conflits a aidé les membres de la communauté à parvenir à un accord et à régler leur différend une bonne fois pour toutes ».

Les deux anciens chefs, qui s’étaient faits la guerre pendant plus de dix ans, participent également. Le Chef Ede Otokpa indique qu’il est heureux que la paix soit enfin revenue.

Lors des célébrations de paix, l’un des anciens  chefs bélligérants acquiesce « Aujourd’hui, nous avons tiré un trait sur la désunion à Agila ».

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