RDC: les centres communautaires aident les femmes au quotidien

Productrices de savon d’Uvira au Sud-Kivu en République démocratique du Congo.
Productrices de savon d’Uvira au Sud-Kivu en République démocratique du Congo.

« Tutaenda ! », « allons-y! », disent d’une seule voix, les femmes de l’organisation de productrices de savon d’Uvira au Sud-Kivu en République démocratique du Congo.

Grâce à leur travail et au soutien d’un projet de relèvement communautaire fondé sur le genre mis en place par le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), les membres de « Tutaenda » ont pu démarrer leur activité après avoir été longtemps désœuvrées.

A retenir

  • L’autonomisation financière, l’amélioration de l’image de la femme et la réintégration sociale des victimes de violences sexuelles figurent parmi les objectifs primordiaux du Projet de sécurité, autonomisation et réintégration socio-économique (PSAR) des femmes en RDC.
  • En 2010, 10 000 femmes et filles ayant subi des violences sexuelles ont eu accès à des centres communautaires polyvalents créés par le PNUD, où elles ont pu bénéficier, entre autres services, d’appuis psychosociaux et de conseils professionnels pour permettre leur réinsertion dans la population active.
  • 4 200 combattants démobilisés au Nord-Kivu, du Sud-Kivu et en Maniema ont été inscrits par le PNUD à des programmes communautaire de réinsertion.

Aujourd’hui, leur organisation rapporte 500 dollars par semaine à ses 25 productrices. « Avant nous vivions de la débrouille et de l’agriculture de subsistance. Nous étions sales et méprisées. Aujourd’hui, quand nous sortons, tout le monde sait que nous allons au travail et que nous nourrissons toute la famille. Nous nous sentons considérées », explique Charlotte.

Pour ces femmes vulnérables, dont beaucoup sont veuves de guerre, célibataires ou victimes de violences sexuelles, obtenir un revenu régulier et assumer un rôle gratifiant constituent une priorité, tant pour leur sécurité que pour leur intégration au sein de la communauté. « Grâce à mon revenu, je subviens aux besoins de 10 personnes, dont 5 seulement sont mes enfants », raconte Abiya.

Implanté depuis juillet 2010 sur les grands axes de retour des ménages ayant fui les conflits, le projet, soutenu à hauteur de 1,6 million de dollars par le Bureau pour la Prévention des Crises et du Relèvement du PNUD, touche aujourd’hui 1025 bénéficiaires au Sud-Kivu et plus de 500 au Nord-Kivu.

La priorité étant de bâtir sur ce qui existe déjà et de responsabiliser la communauté dans le choix et la mise en œuvre des activités génératrices de revenus, ses réalisations varient selon les territoires.

Pour la plupart d’entre eux, le projet de relèvement s’articule autour d’un Centre communautaire polyvalent qui assure la formation des bénéficiaires à des métiers définis avec la communauté, ainsi que des cours d’alphabétisation. A Mangina et Beni, au Nord-Kivu, les femmes ont même décidé d’y établir une garderie.

A Uvira, le projet s’est concentré sur la réintégration économique de 500 femmes, identifiées par une étude des besoins locaux. Vingt organisations de productrices, constituées de 25 femmes chacune, ont reçu des outils, des machines, des matières premières, des locaux ou des terres, leur permettant ainsi de démarrer une activité.

« L’union fait la force », dit encore Charlotte, dont l’organisation a aujourd’hui la charge de deux hectares et de 50 poules. « Nous cultivons mieux ensemble, quand l’une est malade, une autre peut la remplacer aux champs par exemple. A la dernière récolte, chaque femme a reçu ainsi plus de 60 kg de maïs».

Grâce à leurs nouvelles activités, la plupart des femmes paient désormais les frais de scolarité de leurs enfants et nourrissent toute leur famille. Elles apprennent également à gérer un budget, à investir et à épargner sur un compte ouvert par une institution de microfinance partenaire.

A l’avenir, le projet envisage un rapprochement plus systématique avec les cliniques juridiques mises en place par le programme d’accès à la justice du PNUD, afin de fournir aux femmes entrepreneurs les moyens de faire valoir leurs droits.