Népal : Nouveau départ pour les ex-combattants

woman selling spices
Shobha Raymajhi sert les clients à son étal d'épices. ©Manish Gautam/PNUD au Népal

Shobha Raymajhi, marchande d'épices sympathique, habite à la périphérie de Katmandu au Népal. Mais, cette mère de famille souriante, propriétaire d'un étal au marché, a connu une existence moins affable. Pendant la guerre civile, il y a moins d'une décennie, elle a combattu pendant 10 ans aux côtés des Maoïstes de l'Armée populaire de libération.

À retenir

  • Programme interorganisations pour le relèvement : Partenariat entre le PNUD, l'UNICEF, le FNUAP et l'OIT pour réhabiliter les ex-combattants népalais et leur offrir un modèle viable de réinsertion sociale ;
  • Près de 40 pour cent des participants sont des femmes. L'appui spécial à ces ex-combattantes inclut centres de soins pédiatriques, subventions et aliments pour bébés ainsi que conseil professionnel et psychosocial spécialisé ;
  • 2 234 ex-combattants ont pu réintégrer la vie civile grâce à l'appui du PNUD.
  • Durée : Juin 2010 - Août 2013.

Bien que Shobha dirige maintenant un commerce florissant, son processus de reconversion en commerçante à la fin du conflit en 2006 n'a été ni simple, ni rapide, ni facile.

Partie combattre aux côtés des Maoïstes à 13 ans, elle avait à peine 19 ans lorsqu'un accord de paix a officiellement mis fin aux hostilités.

L'Armée populaire de libération n'a été démantelée qu'en 2011, et certains de ses membres ont pu intégrer l'armée du Népal. Mais, Shobha et d'autres ex-combattants, encore mineurs au moment de leur recrutement, n'ont pas eu cette possibilité. Quoique blessée de guerre, son âge au moment de son recrutement limitait l'aide officielle qu'elle pouvait recevoir pour sa réinsertion sociale.

« On m'a remis 6000 roupies (61 dollars) et une paire de chaussures. C'est tout », se rappelle-t-elle.

Après des années de combat, le retour au bercail n'a pas été facile. Les membres de sa communauté ont encore du mal à l'accepter.

« Les gens doutaient de mon caractère et disaient que personne ne m'épouserait », confie-t-elle. « Ces propos de nos voisins faisaient pleurer ma mère ».

Aujourd'hui, sept ans après la signature de l'Accord de paix global qui a mis fin à la guerre civile au Népal, il n'est pas rare d'entendre ce genre de témoignage parmi les ex-combattants. Avec près de 15 000 morts et 150 000 déplacés, les ressentiments sont encore vivaces, et les communautés peuvent être portées à douter de la parole d'un ex-combattant qui se dit désormais acquis à la cause de la paix. Si la majorité des ex-combattants rejette le retour à violence, beaucoup doivent se battre pour trouver du travail.

En collaboration avec d'autres agences de l'ONU au Népal, le PNUD travaille depuis 2010 à changer la situation de milliers d'ex-combattants. 

Lorsque des ex-combattants n'arrivent pas vivre décemment ou réintègrent une vie faite de chômage et de pauvreté, ils deviennent mécontents, ce qui risque de déstabiliser la paix à terme, indique le PNUD. 

Pour Abdul Hameed Omar du PNUD, « Le processus de paix au Népal dépend des possibilités pour les ex-combattants de mener une vie productive épanouie. Leur participation active à la vie sociale confortera leur passage à la vie civile et favorisera la consolidation de la paix ». 

Ciblant des ex-combattants pour la plupart mineurs lors de leur recrutement, le PNUD a financé la création d'entreprises en octroyant aux bénéficiaires diverses petites subventions pour suivre des formations dans des domaines aussi divers que l'éducation et la gestion. Grâce à cet appui, les ex-combattants ont acquis les compétences nécessaires pour créer une entreprise et trouver un emploi.

Avant la fin du programme cette année, plus de 2 200 ex-combattants ont acquis un métier, suivi une formation en santé et en éducation ou choisi d'autres options d'éducation formelle ou non formelle grâce à l'appui du PNUD. Ceux qui ont achevé le programme en 2010 ont, pour la plupart, déjà trouvé un emploi, voire créé leur propre entreprise. 

Le programme a profondément changé la vie de Shobha. Avec le soutien de son père, elle et son mari ont acheté un magasin non loin de chez eux. Le couple a reçu 975 dollars du PNUD pour s'approvisionner en marchandises. Les affaires marchent bien, assure Shobha, qui a pu scolariser son fils grâce à ses revenus. 

« Je veux oublier le passé. Je me tourne vers l'avenir », confie-t-elle. « Maintenant, je veux m'occuper de l'éducation de mon fils et lui éviter les tribulations que j'ai connues ».

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Présent dans 177 pays et territoires, le PNUD appuie des activités visant à relever le niveau de vie et à créer des opportunités. Notre Rapport annuel 2012-2013 présente toute la gamme de nos partenariats et illustre notre rôle de leader en matière de coordination et de responsabilisation au sein du système des Nations Unies.

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