Kirghizistan : promouvoir la paix en améliorant l’accès à l’eau


Les travaux effectués sur le canal ont eu des effets positifs pour les agriculteurs de la région. Photo : PNUD Kirghizistan

Le Kirghizistan est aujourd’hui un pays relativement pacifique, mais cela n'a pas toujours été le cas. Tout récemment, en 2010, les troubles politiques et les tensions ethniques entre les communautés Kirghize et ouzbèque ont dégénéré. Ces violences ont fait plus de 400 morts, près de 2 000 blessés et plus de 80 000 personnes déplacées.

À retenir

  • Un projet du PNUD contribue à apaiser les tensions qui divisent les communautés ethniques au Kirghizistan tout en fournissant un accès à l'eau.
  • Le programme nécessite de nettoyer les canaux et de travailler avec des communautés de 10 000 membres pour réduire le potentiel de conflit et de violence.
  • La perte en eau a été réduite de 40 à 50 % et un canal aide à irriguer des plus vastes zones de terres bénéficiant ainsi à plus de 3 000 personnes.

Dans tout le pays, le PNUD a œuvré pour apaiser ces tensions et appuyer les efforts visant à gérer les conflits. Avec l’aide notamment de comités de paix locaux, il vise à régler les questions liées à la gestion de ressources limitées.

Zhapa-Saldy et Kyzyl-Ata sont deux communautés situées dans le sud du Kirghizistan, non loin du lieu où les émeutes ont éclaté en 2010. Les tensions transfrontières et multiethniques n'ont rien de nouveau dans cette région où environ 10 000 habitants, des paysans ouzbèques et kirghizes, sont éparpillés dans des petits villages. Ces dernières années, l'une des principales sources de conflit était la pénurie de terres et d'eau. Le contrôle de cette ressource rare est un enjeu majeur, exacerbant les clivages ethniques. 

Le canal d'irrigation, qui alimente plusieurs villages, a été obstrué par des roseaux et des arbres, entravant considérablement son écoulement. Au fil des années, les tensions liées à l'utilisation de l'eau se sont accrues et le canal, comme de nombreux autres dans la région, est devenu difficile à gérer et à entretenir.

Pour régler ce problème et apporter une solution concrète au conflit, le PNUD a acheté des matériaux de construction et recruté des travailleurs locaux pour placer une couverture en béton sur le canal. Cela empêche l'eau du canal de s'évaporer, et permet également d’éviter que les arbres et d'autres plantes n’obstrue son flux. Pendant deux mois en 2013, environ 70 habitants ont aidé à assainir le canal en échange de vivres. Aujourd'hui, la perte hydrique a été réduite de 40 à 50 % et le canal aide à irriguer de plus vastes étendues de terres bénéficiant à plus de 3 000 personnes.

Le programme encourage des communautés habituellement séparées à travailler ensemble pour parvenir à un objectif commun et partager les ressources de façon pacifique. 

« Ce travail a été une bonne expérience et a permis de régler des problèmes communs aux résidents de la région d'Ak-Tam », dit Mirzapar Mambetov, un bénévole de l'ONU qui a dirigé le projet. « Cette expérience aidera les villageois à à négocier de façon constructive à l’avenir et à régler les problèmes pacifiquement. Ces évolutions nous donnent l'espoir de voir un jour tous ces problèmes réglés de façon pacifique. »

Le canal, dont la construction a été achevée en 2013, a déjà eu un impact important dans la vie des agriculteurs de la région. « L'eau coule maintenant plus rapidement et irrigue des zones plus vastes de nos terres », explique Artykbaev Rahmatilla, maire de Zhapa Saldy. « Cela nous permet d'éviter les conflits liés à la pénurie d'eau. »

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