Jordanie : le micro-crédit pour se tirer d’affaire

Female participant for entrepreneurial skills scheme
Amira Rizk Abu Bqeira est une des 60 participants d'un programme qui lui a permis d'acquérir des compétences entrepreneuriales. ©PNUD Jordanie

Remettre à neuf les couches de bébé abîmées d’une usine voisine n’est sans doute pas du goût de tous – mais pour Amira Rizk Abu Bqeira et les membres de sa communauté qui ont commencé à pâtir de l’afflux de réfugiés de la Syrie, les couches en tissu se révèlent être une niche commerciale qui pourrait leur éviter de plonger dans la pauvreté.

Alors que des milliers de réfugiés fuient le conflit en Syrie pour la Jordanie, la vie est devenue difficile pour Abu Bqeira, qui a trente-huit ans, et son mari. Avec quatre enfants à sa charge, le couple, comme de nombreux autres Jordaniens, est confronté à une situation de surpeuplement, à des logements inabordables, aux pressions qui s’exercent sur les ressources locales et sur les infrastructures. Pire encore, le flux de réfugiés fait fuir les investissements, entraîne une hausse des prix et une compétition accrue pour les emplois locaux.

Cependant, depuis que le PNUD a sélectionné Abu Bqeira et 60 autres participants pour un programme leur offrant la possibilité d’acquérir des compétences entrepreneuriales, elle va bientôt devenir la reine des réparations de couches pour bébés. Ce cours, qui s’intègre dans un ensemble de plusieurs programmes de soutien aux moyens d’existence et à la génération de revenus, couvre des domaines tels que la planification financière, le marketing, la vente de produits, la durabilité de l’environnement et l’impact social.

À retenir

  • 80 entreprises seront financées d'ici fin 2014.
  • 60 jordaniens ont pu être formés jusqu'à présent, grâce à un budget de 6,85 millions de dollars destiné à former et financé de potentiels projets d'entreprise.
  • Le projet a été mis en oeuvre grâce au gouvernement jordanien, les ONG partenaires Ruwwad For Development, Ruwwad Micro-Venture Fund, Jordan Career Education Foundation, ACTED et REACH, ainsi que le Centre d'études stratégiques de l'Université de Jordanie et l'Université Yarmouk.

Le projet aide Abu Bqeira à développer une idée commerciale qu’elle a eue il y a quelque temps de cela. Avec les 6 000 JOD (environ 8 500 dollars) reçus à la fin de la formation, elle est en train de créer une entreprise qui utilise les couches défectueuses que lui fournit à bas prix une usine locale – elle les répare et les reconditionne – pour les revendre ensuite bien moins cher que les marques réputées.

« Cette formation permet aux ménagères qui n’avaient pas d’expérience professionnelle d’entrer sur le marché du travail, » déclare Abu Bqeira. « La situation économique m’a poussée à m’inscrire – afin d’aider mon mari qui est sans travail, et les familles de ma communauté à mieux vivre. »

Depuis avril 2013, le PNUD soutient les communautés d’accueil vulnérables qui subissent l’arrivée de réfugiés syriens dans les deux gouvernorats d’Irbid et Mafraq, au nord du pays. « Les réfugiés syriens constituent désormais environ 10 % de la population jordanienne », signale Nadia Al Awamleh du PNUD. « Cet afflux de population pourrait modifier l’équilibre démographique des pays d’accueil et des communautés locales, attiser des tensions sociales et augmenter la compétition pour des ressources déjà rares dans l’ensemble de la région. Pour éviter que l’instabilité ne s’accentue avec le conflit, le PNUD assiste les pays touchés par la crise en aidant les autorités locales, et les communautés d’accueil à accroître leur résilience, à gagner plus d’argent et à échapper à la pauvreté. »

Une fois que les 60 participants (dont 40 pour cent sont des femmes) auront accompli leur formation, les 16 idées de micro-entreprises les plus prometteuses seront financées à hauteur de 6 000 JOD. Ceux qui n’ont pas reçu de subventions sont conseillés sur la façon de solliciter de l’argent à d’autres institutions financières potentielles. D’ici à décembre 2014, le projet créera et financera 80 micro-entreprises dans les régions de Mafraq, Ramtha et Irbid.

« Je sais maintenant comment commercialiser ma production et diriger mon entreprise. Je peux aussi embaucher les personnes qui m’entourent, notamment les membres de ma famille, » déclare Abu Bqeira. Son plan d’entreprise consiste en partie à engager ceux qui en ont le plus besoin. « Je compte également faire travailler des femmes qui font face à des conditions de vie très difficiles, telles que les femmes divorcées, celles qui sont au chômage et les veuves. Elles pourront ainsi aider leurs familles et leurs enfants à améliorer leur quotidien. »

Le PNUD en action
De nouveaux partenariats pour le développement

Notre Rapport annuel 2013-2014 met en lumière les résultats de notre travail dans plusieurs domaines clés. De la sécurité alimentaire à la création d’emplois, au bon déroulement des élections, au relèvement d’après crise et à la gestion des ressources naturelles non renouvelables, nos efforts convergent vers un but concret : aider les pays à éliminer la pauvreté et à réduire les inégalités.

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