Aider la communauté affectée par les inondations à se reconstruire


SANGEETA DEVI ET TROIS GÉNÉRATIONS DE SA FAMILLE DEVANT SA MAISON NOUVELLEMENT RECONSTRUITE DANS L'ETAT DE BIHAR, EN INDE. (CRÉDIT PHOTO: JAY MANDAL / PNUD INDE)

"Je continue d'entendre parfois dans mon sommeil le grondement du fleuve déferlant sur mon village," raconte Sangeeta Devi, lorsqu’elle se remémore avec terreur une nuit de 2008 où le puissant fleuve Kosi a inondé de vastes étendues de terre autour de sa maison dans l'état le plus pauvre d'Inde, Bihar, affectant les vies de trois millions de personnes et faisant 150 000 sans abris.

Devi et 130 voisins de deux villages du nord de Bihar ont pu reconstruire leurs vies de façon à mieux résister aux catastrophes et autres phénomènes environnementaux au cours des trois dernières années grâce au soutien du gouvernement de Bihar et du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD).

A retenir

  • Une initiative appuyée par le PNUD aide les victimes des inondations au Bihar, en Inde a prendre en main la reconstruction de leur communauté.
  • Cette initiative a permis la construction de 100000 maisons durables suite aux inondations qui ont affecté plus de trois millions de personnes dans l'état ​​le plus pauvre de l'Inde.
  • L'Inde est un pays sujet aux catastrophes, avec 68% du pays susceptible à la sécheresse, 60% aux tremblements de terre, 8% aux inondations.

Le projet a permis d’allouer l’équivalent de 1 200 dollars aux familles affectées pour qu’elles réparent les maisons endommagées à condition qu’au moins un des demandeurs soit une femme. Cela a représenté une avancée majeure dans un pays où près de 60 pour cent de la population vit en milieu rural et ne possède pas de compte bancaire.

"Dans un pays exposé à de nombreux risques tel que l’Inde, les fréquentes catastrophes naturelles entravent le développement humain, " explique Caitlin Wiesen, directrice du PNUD en Inde. "Le projet démontre que des solutions durables existent lorsque les technologies et le soutien nécessaires sont offerts à des communautés responsabilisées qui se sentent intégrées au processus. "

Devi et les autres membres de la communauté ont construit leurs propres maisons à travers un partenariat avec l’Owner Driven Reconstruction Collaborate (ODRC), un réseau d’organisations de la société civile, de représentants gouvernementaux et d’institutions internationales. Le partenariat a permis la formation de 262 maçons et d’ouvriers travaillant le bambou pour garantir l’utilisation de matériaux locaux bon marché et résistants aux catastrophes.

Il y a un peu plus d’un an, Devi et ses voisins sont devenus propriétaires de maisons robustes, en bambou renforcé, dotées de lumières à énergie solaire et de toilettes écologiques. Pour 200 dollars, Devi a acheté des latrines à compostage installées en hauteur pour éviter toute contamination des eaux souterraines, élément particulièrement essentiel dans le nord Bihar où le niveau de la nappe phréatique est élevé.

"Je ne redoute plus les longues marches matinales à la recherche d’un peu de tranquillité," déclare Devi.

Reconnaissant le succès de ce modèle, le gouvernement de Bihar a décidé de mettre le projet en œuvre à plus grande échelle pour construire 100 000 maisons similaires dans trois autres régions affectées par les inondations. La Banque Mondiale a attribué 220 millions de dollars au processus de reconstruction, notamment en faveur de l'augmentation du nombre de logements occupés par leurs propriétaires.

"L’expérience a montré que la reconstruction est particulièrement efficace et les maisons moins susceptibles d’être abandonnées lorsque les communautés elles-mêmes ont la possibilité d’y participer," ajoute Wiesen.