En Géorgie, les SMS contribuent à créer un réseau de sécurité communautaire

homme sur son téléphone
Gela Mindiashvili, un coordinateur local de Ditsi, envoie un rapport de sécurité au centre de messagerie texte. Ce dernier permet de reporter les incidents de sécurité le long de la frontière administrative entre la Géorgie et l'Ossétie du Sud. (Photo: David Khizanishvili / PNUD Géorgie)

Le sms : anketa#a#non00b#wed1c#7d#pol24ngo2 peut sembler mystérieux mais lorsque le personnel d’un centre d’information de Gori, en Géorgie, reçoit ce texto du village de Ditsi, dans la région de Shida Kartli, il le comprend parfaitement.

Ce message signifie : aucun incident ne s’est produit la semaine dernière ; un mariage a donné lieu à un franchissement de frontière vers l’Ossétie du Sud ; la communauté donne une note de 7/10 concernant la sécurité ; la police a fait 24 patrouilles, et les ONG en ont fait deux.

À retenir

  • Un réseau de SMS sert à relayer les incidents relatifs à la sécurité le long de la frontière administrative entre la Géorgie et l’Ossétie du Sud : 650 incidents ont été communiqués par les volontaires communautaires depuis janvier 2012.
  • Le réseau relie 18 villages.
  • Trente minutes après un incident, l’information est relayée aux responsables de la sécurité concernés, ce qui permet à la police, aux autres autorités et même aux observateurs internationaux d’intervenir.

Au cours des deux dernières années, cette technologie est devenue le point central d’un réseau de sécurité communautaire simple mais vital qui aide les autorités à réagir rapidement aux crises éventuelles et à réduire le risque de conflit dans cette région troublée.

Le système surnommé Elva, « éclair » en géorgien, comprend des représentants communautaires bénévoles dans chacun des 18 villages répartis le long de la frontière administrative avec l’Ossétie du Sud. Ces bénévoles ont été formés et ont reçu des téléphones. Ils envoient des bulletins hebdomadaires à un service de messages textes et centre d’information, et communiquent les incidents au moment même où ils se produisent. L’information est ensuite relayée aux prestataires de sécurité dans les 30 minutes qui suivent, ce qui permet à la police, à d’autres autorités et même à des observateurs internationaux d’intervenir rapidement.

Mis sur pied en 2011 par une ONG géorgienne, Caucasus Research Resource Centers, et l’ ONG britannique Saferworld avec l’appui du PNUD, le système aide à gérer le sentiment d’insécurité et les tensions ethniques persistant après le conflit d’août 2008 entre la Géorgie et la Russie à propos de l’Ossétie du Sud. Dans de nombreux cas, des textos envoyés immédiatement après un incident ont permis de résoudre rapidement le problème et de restaurer un sentiment de sécurité dans les communautés. Bien que la situation s’améliore, plus de 650 incidents ont été communiqués à Shida Kartli en 2012, notamment des tirs, des mouvements de groupes armés, des détentions près de la frontière administrative et des blessés par mines terrestres et autres explosifs abandonnés après le conflit. Elva offre désormais un certain degré d’assistance et de protection en cas d’incident de ce genre.

« Nous sommes trop près de la frontière. Parfois, certains la franchissent sans même le savoir, surtout lorsqu’ils doivent nettoyer les canaux d’irrigation ou retrouver une vache égarée. Un grand nombre de fermiers ont été détenus par des gardes frontaliers simplement pour avoir ramassé du bois de feu dans une forêt proche » dit Gela Mindiashvili, coordinateur local de Ditsi.

« Cela prenait des jours entiers pour informer tout le monde, retrouver les détenus et négocier leur retour. Mais maintenant, nous envoyons simplement un message Elva qui est immédiatement communiqué à la police et aux observateurs internationaux. »

« L’accès rapide à l’information peut sauver des vies et des biens, protéger les investissements dans le développement et les moyens de subsistance. Cette nouvelle technologie peut faire partie de plateformes de prévention car elle contribue à organiser et communiquer l’information, relie les populations à leur gouvernement, et les populations entre elles », dit le Directeur du PNUD en Géorgie, Jamie McGoldrick.

Le directeur du projet Elva, Jonne Catshoek, explique que ce système cartographie l’information reçue des villages dans des rapports hebdomadaires. Il permet de surveiller l’évolution des événements au fil du temps et de voir les changements des différents indicateurs.

« Nous pouvons voir les tendances saisonnières des incidents de sécurité, par exemple, et discerner les variations de ces tendances. »

Simultanément aux alertes de sécurité, Elva peut aussi faire circuler des prévisions météorologiques, des actualités agricoles et des annonces.

« Nous avons eu quelques jours de mauvais temps, il y a deux semaines. Mais les fermiers de mon village ont eu suffisamment de temps pour s’y préparer car j’ai été rapidement alerté à propos des gelées » dit Zaal Akhalkatsi, fermier local de Dvani.

Avec le projet Elva, le PNUD déclare avoir trouvé un moyen bon marché et efficace de renforcer la sécurité des populations des communautés géorgiennes affectées par le conflit. « L’appui du PNUD à Elva a procuré à ces communautés une interface peu coûteuse, d’emploi aisé, qui garantit aux milliers de personnes vivant en situation de vulnérabilité et de conflit potentiel une sécurité accrue, la confiance et le bien-être », dit McGoldrick.

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