Au Burundi, des réfugiés et anciens combattants se lancent dans les affaires

Adrian et sa machine à coudre
De retour chez lui après avoir été déplacé par la guerre, Adria a démarré un commerce avec l'aide d'un projet du PNUD. (Photo: PNUD/ Burundi)

Dans son salon de coiffure alimenté par des panneaux solaires, Jean-Marie, 42 ans, propose les dernières coiffures à la mode et recharge les téléphones mobiles d'une clientèle sans cesse grandissante.

Tout près de là, dans un atelier de couture en propriété collective résonne le bruit de huit machines à coudre. Le sourire aux lèvres, Adrian, l’un des co-propriétaires, est assis à l’avant.

Adrian et Jean-Marie vivent à Giharo, un petit village près de la frontière tanzanienne, dans le sud-est du Burundi. La quarantaine tous les deux, ce sont des hommes d’affaires typiques, même si les ourlets, les mèches ou la laque n’ont pas toujours été leur préoccupation principale. Tous deux ont été chassés de leur foyer pendant le long conflit qui a ravagé le pays.

A retenir

  • 17 000 personnes bénéficient des programmes de désarmement, de démobilisation et de réinsertion du PNUD au Burundi
  • La guerre civile de 1993 à 2005 au Burundi a fait 300 000 morts et 1,2 million de déplacés (dont 800 000 réfugiés dans d’autres pays).
  • 2,67 millions de dollars ont été injectés dans la communauté depuis 2010. L’argent provient (entre autres) du Fonds pour la consolidation de la paix, du gouvernement du Japon et de l’Union européenne

Jean-Marie s'est réfugié en Tanzanie dans les années 1970. Adrian est parti habiter une autre petite ville du Burundi. Ils sont rentrés en 2007, alors que les combats touchaient à leur fin. Et ils participent tous les deux à un projet du PNUD qui les a aidés à créer leur nouvelle et prospère entreprise.

Au départ, le PNUD a donné trois mois de travail à Adrian et Jean-Marie, ainsi qu’à 17 000 autres anciens combattants et rapatriés pour réparer les infrastructures détruites par les combats, fabriquer des briques pour les écoles ou construire des habitations pour les personnes vulnérables. Adrian a aidé à la réfection d’une route, Jean-Marie à la construction d’un marché.

Non seulement ce projet permet de relancer les économies locales, mais un tiers du salaire des travailleurs est versé directement à une institution financière. Après leurs trois mois de travaux, ils peuvent utiliser l’argent ainsi épargné (auquel le PNUD ajoute une subvention valant le triple de la somme accumulée, ainsi qu’une formation et des conseils de départ) pour créer des entreprises et des associations de producteurs. En plus de salons de coiffure ou d’ateliers de couture, les bénéficiaires ont ouvert des exploitations agricoles, des ateliers de soudure, de restauration ou de menuiserie.

« Depuis qu’on a ouvert l’an dernier, nous n’avons pas arrêté, raconte Adrian. Le plus gros de notre activité, c’est la fabrication d’uniformes d’écoliers ou de vêtements pour les dames qui viennent au marché ! » Son entreprise paie sa dette envers la communauté en donnant des leçons de couture certains jours, ajoute-t-il. « Mon rêve, c’est que notre entreprise continue de grandir. Je veux ouvrir un deuxième atelier dans peu de temps. »

Et le projet réduit aussi la stigmatisation et aide à la réinsertion des ex-soldats. « Bien souvent, les anciens combattants et les réfugiés sont perçus comme une menace pour la paix, la stabilité et le développement », explique Xavier Michon, Directeur de pays du PNUD au Burundi. « Le programme favorise une réelle réconciliation, ce qui a encouragé les anciens combattants, les réfugiés et les communautés à envisager un avenir partagé en temps de paix. »

« Les gens ont peur de quelqu'un qui a vécu dans la forêt, même s’il est de leur propre famille », dit Sharron, une ex-soldate qui a passé des années à se battre dans la savane et participe à la réfection des routes avec l’appui du PNUD.

« Lorsque je suis rentrée chez moi, on disait de nous que nous étions des sauvages et des assassins. Mais depuis que nous avons commencé à travailler ensemble, il n’y a plus de discrimination et nous avons l’impression d’appartenir à notre région. Que Dieu soit loué de m’avoir donné cet emploi. »

Jean-Marie est tout aussi enthousiaste. « Le PNUD me permet non seulement de nourrir ma famille, mais aussi de rencontrer des gens et de me faire de nouveaux amis ».

Vidéo

Appui à la réintégration des rapatriés et des populations affectées par les conflits

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