En Haïti, la reconstruction se poursuit un an après Sandy

flooding in Haiti
Inondations après le passage de Sandy, en Haïti. ©PNUD Haïti

« J'entendais le vent hurler dans la rue et le fracas des débris », raconte Marie Alta Jean-Baptiste, qui se rappelle une nuit terrifiante lors du passage de l'ouragan Sandy il y a un an, faisant 60 morts et 1,8 million de victimes en Haïti.

À retenir

  • Sandy a fait 60 morts et plus de 1,8 million de victimes en Haïti
  • 2500 jeunes ont été formés à la prévention des catastrophes
  • Des centaines de personnes ont reçu une formation en secourisme et à la prévention des catastrophes en milieu urbain
  • 9500 enseignants et élèves ont été sensibilisés aux séismes et aux tsunamis

Cette nuit, Marie Alta Jean-Baptiste, directrice de l'Agence nationale de la protection civile, un service gouvernemental haïtien chargé de la protection contre les catastrophes, a vu l'ouragan emporter de nombreuses maisons. « Les dégâts étaient immenses, et les sans-abri se comptaient par centaines. Et ce, seulement deux ans après le séisme dévastateur qui avait rasé certains quartiers de Port-au-Prince. »

À l'approche de Sandy en octobre, les pays des Caraïbes avaient pris leurs dispositions. Mais, de toute la région, c'était en Haïti, encore sous le coup du séisme de 2010, que le pire était à craindre. Avec 170 000 déplacés encore dans des camps, les épidémies de cholera et un grand nombre de personnes toujours sans habitat permanent, on pensait, à juste titre, que le pays n'était pas suffisamment préparé pour un ouragan aussi puissant. Beaucoup s'attendaient au pire.

« Malgré les importants dégâts causés par Sandy, la situation aurait pu être pire pour Haïti. Tout le monde convient que les mesures prises en amont ont permis d'atténuer la gravité de l'ouragan, de sauver des vies et de limiter les dégâts », souligne Fenella Frost, Chef de l'Unité de prévention des catastrophes du PNUD à Port-au-Prince. « Des efforts énormes ont été déployés, sous la conduite du gouvernement haïtien, pour continuer à renforcer le système national de gestion des catastrophes. Haïti est exposé à des risques de catastrophes très élevés, et l'intégration des mesures préventives au relèvement post-séisme et, de façon plus générale, au développement national, a aidé le pays à se prémunir. Il faut saluer l'approche prospective adoptée depuis par le gouvernement, qui a reconnu l'existence de risques de catastrophes et pris les mesures préventives appropriées. »

En Haïti, le PNUD a soutenu les initiatives de relèvement post-séisme, notamment à travers un vaste programme d'emplois temporaires, et a recruté plus de 300 000 personnes, dont près de la moitié des femmes, pour la réhabilitation communautaire. Ces emplois à court terme ont le double avantage d'offrir une source de revenus et une assistance économique à ceux qui en ont besoin tout en mobilisant les projets de relèvement communautaire.

En Haïti, ces projets incluent l'enlèvement des débris dangereux, qui sont ensuite recyclés en produits utiles, notamment pour faire des routes, construire des caniveaux ou protéger les mangroves du vent et des raz-de-marée.

« Il est essentiel de se préparer aux catastrophes si l'on veut sauver des vies et protéger les investissements », ajoute Fenella Frost. « La saison des ouragans est inévitable, il faut prendre ses précautions en conséquence. »

« Malgré tous les efforts déployés, Haïti a tout de même souffert du passage de Sandy », indique-t-elle, en relevant que ces efforts ont été insuffisants même s'ils ont permis d'atténuer l'impact de l'ouragan.  

Compte tenu de cette situation, le PNUD et ses partenaires continuent de travailler avec le gouvernement haïtien à renforcer les systèmes de gestion des risques de catastrophes. C'est ainsi qu'un vaste programme de reboisement a été lancé dans le sud du pays. Les arbres et les forêts constituent, en effet, une défense naturelle contre les vents violents, les raz-de-marée, les glissements de terrain et les inondations.


 « Nous avons beaucoup appris avec Sandy. Nous sommes résolument déterminés à continuer de renforcer la coordination entre les différents acteurs. Il nous faut également des ressources supplémentaires pour mieux sensibiliser les communautés et les aider à mieux se préparer pour les prochaines tempêtes », ajoute Marie Alta Jean-Baptiste.