Haiti: un an plus tard

Josiane Vesna, résidente de Bel-Air, Haïti

Josiane Vesna, qui habite Bel Air, l’une des communes les plus pauvres, les plus violentes et les plus remplies de détritus de Port-au-Prince, a été engagée, avec près d’un millier d’autres Haïtiens, pour reconstruire six quartiers, dont le sien, suite au séisme qui a ravagé le pays il y a onze mois.

A retenir

  • Le tremblement de terre a fait plus de 220.000 victimes et directement affecté 1,5 millions de personnes en Haïti.
  • « Argent contre travail », le programme appuyé par le PNUD, permet aux gens de gagner leur vie dans un environnement propre.
  • Plus de 240.000 travailleurs -- 40% dont femmes -- ont été employées temporairement.

« Après le tremblement de terre, j’étais complètement désarmée: j’avais perdu tous mes biens et ne disposais d’aucun moyen de subsistance, explique Josiane Vesna, 36 ans, qui est mère de deux enfants. Mais reprendre le travail et recevoir un salaire m’a permis de prendre soin de mes enfants et de payer le loyer. »

Le séisme, qui a frappé Port-au-Prince et les régions voisines le 12 janvier, a causé la mort de plus de 220 000 personnes et directement affecté la vie de 1,5 million d’habitants.

Pour Haïti qui, avant le séisme, était déjà le pays le plus pauvre de l’hémisphère ouest, l’ampleur des dégâts et des pertes est catastrophique. Évalués à environ 7 milliards de dollars, ils représentent plus de 120 pour cent du produit national brut du pays en 2009.

Les détritus n’ont pas de pieds – prévenir les catastrophes futures

Suite au séisme, des initiatives de relèvement « Argent contre travail » ont permis de donner du travail à beaucoup d’habitants de Bel Air, pour évacuer les débris et les déchets des rues et des voies d’eau.

Grâce à cela, plus de 1700 mètres cubes de déchets (de quoi remplir un terrain de football tout entier) ont été ramassés dans six quartiers de Bel Air.

Domeck Prockline, 40 ans et mère de deux enfants, a perdu son père, son frère et sa maison lors du séisme. Elle travaille à présent pour un projet intitulé Fatra pa gen pye (Les détritus n’ont pas de pieds, en français).

« Ce projet me permet de prendre soin de moi et de mes enfants, explique Prockline, qui vit toujours dans une tente. Mais il me donne aussi une certaine fierté, car j’aide ma communauté à bâtir un avenir meilleur dans un environnement plus propre. En ramassant les détritus et les débris, nous empêchons les épidémies d’éclater et espérons éviter d’autres catastrophes. »

Aider Haïti à se relever

Les programmes de ce type aident les Haïtiens à gagner leur vie et à acheter le nécessaire pour leur famille. Ils injectent aussi de l’argent frais dans l’économie, qui en a un besoin urgent pour accélérer la reprise du commerce et des petites entreprises.

Le Programme des Nations Unies pour le développement – en partenariat avec d’autres agences de l’ONU, les autorités locales et des organisations de la société civile – collabore dans tout le pays avec les communautés touchées afin de rétablir les modes de subsistance. De février à novembre 2010, quelque 230 projets de ce genre ont placé les communautés au cœur du processus de relèvement en les payant en argent liquide ou avec des liquidités et des vivres. Plus de 240 000 travailleurs – dont 40 pour cent de femmes – ont reçu un emploi temporaire.

Mais les difficultés demeurent. Il reste énormément à faire pour aider la population à se remettre sur pied. Reconstruire ce pays appauvri, ravagé à plusieurs reprises par des catastrophes naturelles, est une tâche énorme qui demandera du temps.

Le Match contre la pauvreté de janvier 2010, qui s’est déroulé à Lisbonne, a levé des fonds pour aider à financer les initiatives communautaires de relèvement à Haïti. L’équipe Zidane/Ronaldo du PNUD a joué contre le Benfica, attirant une foule de 55 000 spectateurs, ce qui a permis de récolter plus d’un demi-million d’euros (767 000 dollars) pour la population haïtienne.

Le Match contre la pauvreté de cette année, qui se tiendra à Athènes, transférera à nouveau une partie de ses bénéfices à ceux qui ont été les touchés par le séisme. Aujourd’hui, 1 million d’Haïtiens sans abri vivent dans des tentes (un nombre en baisse par rapport au 1, 5 million de juillet 2010) dans plus de 1000 campements et sont exposés aux tempêtes et aux inondations.

Le coût du relèvement d’Haïti est estimé à 11,5 milliards de dollars et les organisations qui travaillent dans le pays ont constamment besoin de soutien.

Pour en savoir plus
Voir le site du PNUD a Haïti
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