RCA : venir en aide aux réfugiés tchadiens

Réfugiés au Tchad
Aziza Galmi, 39 ans, a abandonné la République centrafricaine avec ses 3 enfants après avoir perdu son mari: "A Bangui… nous vivions comme une seule grande famille. Puis les problèmes ont commencé", dit-elle.(Photo: PNUD Tchad)

Aziza Galmi, 39 ans, ignore à peu près tout du Tchad, son pays d’origine. Elle est née en République centrafricaine, où ses parents se sont installés il y a plusieurs  années, et elle considère Bangui comme sa ville natale. Cependant, le conflit qui sévit dans le pays depuis décembre l’a obligée, tout comme des dizaines de milliers d’autres ressortissants tchadiens à retourner dans un pays qui lui est étranger.

À retenir

  • La violence République centrafricaine a contraint plus de 100 000 Tchadiens regagner leur pays d’origine. Le PNUD va appuyer la réinstallation de 80 000 réfugiés.
  • La communauté humanitaire a préparé un plan d’urgence de 33 millions de dollars au profit de 150 000 personnes pour une période de six mois.
  • Selon l’ONU, les donateurs ont déjà mobilisé près de 6 millions de dollars et les 27 millions de dollars restants sont requis d’urgence.

« À Bangui, nous vivions en bonne entente avec les Centrafricains », dit Galmi. « Puis les problèmes ont commencé. » Son mari a trouvé la mort au cours des violences interreligieuses et interethniques. Témoin de la scène, elle s’est réfugiée à l'aéroport avec ses trois filles. « Nous étions terrifiées », dit-elle. « J'ai tout perdu. J’ai vu mon mari et beaucoup d’autres personnes mourir. J'ai même dû m’enfuir et abandonner l’un de mes enfants. »

Galmi fait partie des quelque 100 000 personnes, en majorité des femmes et des enfants, qui ont fui la violence en République centrafricaine pour se réfugier au Tchad, pour la plupart dans des centres de transit ouverts à travers le pays.

Face à cette crise humanitaire, les agences des Nations Unies établissent des camps et fournissent des services de base et d’autres secours d'urgence. Selon le PNUD, l’une des priorités consiste à saisir l'ampleur du problème. En collaboration avec l'Organisation internationale pour les migrations, le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés et l'UNICEF, le PNUD collecte des données qui permettront au ministère tchadien de la planification d'identifier les centres de réinstallation qui ont le plus besoin d’aide.

Les communautés d’accueil du Tchad paient, elles aussi, un lourd tribut à cette crise. Dans un pays déjà en proie au manque de ressources, les répercussions sur le système de santé, les écoles et autres services de base comme la voirie, sans parler des moyens de subsistance et de l’accès à l'emploi seront considérables. Elles viendront aggraver la crise humanitaire engendrée par des années de sécheresse dans cette région du Sahel.

Le gouvernement prévoit une baisse de 19 pour cent des récoltes cette année par rapport à la moyenne annuelle, et environ 1,5 million de Tchadiens seront touchés par « l’insécurité alimentaire » d’ici fin 2014. Le PNUD a lancé une série d’interventions qui permettront de relever certains de ces défis à long terme. Le programme s’est aussi engagé à soutenir les efforts de réinstallation des réfugiés ainsi que la création de meilleures opportunités d'emploi et la fourniture des services sociaux de base. Des interventions similaires seront également mises en œuvre au Cameroun et en République démocratique du Congo.

Toutefois, la situation demeure critique. « Les réfugiés arrivent dans des régions qui peinent déjà à répondre aux besoins essentiels des populations locales », a dit Thomas Gurtner, Coordonnateur de l'action humanitaire et Représentant résident du PNUD au Tchad. « Dans la perspective d’une réinstallation permanente, nous devons aider les autorités locales à accueillir les nouveaux arrivants et à accroître l’offre des services de base comme l'éducation et les soins de santé pour tous. »

Au centre de transit de N'Djamena de nombreux rapatriés sont encore sous le choc. « C’est là que je suis né et c’est là que sont mes amis », dit Ahmad Aboubacar, un jeune étudiant de 18 ans qui a grandi à Bangui. « Du jour au lendemain, mes propres voisins sont venus m'attaquer. Ça fait mal. Comment des personnes avec qui nous avons grandi en sont-elles arrivées là ? ».

Son ami Abdelaziz Hamid âgé de 20 ans, étudiant de première année en économie, a dû interrompre ses études en raison du conflit. « Depuis le 5 décembre, mon quartier avait sombré dans le chaos », dit-il. « Les affrontements faisaient rage. Des coups de feu et des hurlements retentissaient autour de notre maison. Nous nous sommes d’abord refugiés, mais la situation a empiré et nous avons décidé de quitter cet enfer ».

Beaucoup se sont résignés. Pour Galmi et ses trois filles, il n’est pas question de retourner en République centrafricaine; ce pays qu’elles considéraient comme leur patrie. « Je ne veux pas retourner à Bangui. Après ce qui est arrivé à mon mari, je ne m’y sens plus en sécurité », dit-elle. « Mes voisins m'ont dit que ma maison a été détruite. Maintenant, je dois refaire ma vie. »

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Notre Rapport annuel 2013-2014 met en lumière les résultats de notre travail dans plusieurs domaines clés. De la sécurité alimentaire à la création d’emplois, au bon déroulement des élections, au relèvement d’après crise et à la gestion des ressources naturelles non renouvelables, nos efforts convergent vers un but concret : aider les pays à éliminer la pauvreté et à réduire les inégalités.

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