Retrouver l’espoir dans un Pakistan frappé par les inondations

Thousands of villagers are forced to live under temporary shelters, Pakistan. (Photo: Hira Hashmey/UNDP Pakistan)
Thousands of villagers are forced to live under temporary shelters, Pakistan. (Photo: Hira Hashmey/UNDP Pakistan)

“Les eaux vont descendre un jour et je pourrai enfin rentrer chez moi”, dit Najma, 35 ans, une mère de trois enfants qui a survécu aux plus récentes inondations qui ont frappé le sud du Pakistan. Cette nouvelle catastrophe a  touché près de 5 millions de personnes, laissant quelque deux millions sans foyer, alors que cette région ne s’était pas encore remise des grandes inondations de l’an dernier, qui avaient anéanti habitations et moyens de subsistance et détruit des infrastructures communautaires.

Selon les évaluations des Nations Unies et des autorités, l’accès à une eau potable propre est d’importance critique à l’approche de l’hiver. Dans le Sindh, une des provinces du sud les plus touchées, l’eau stagnante reste la plus grande menace environnementale et sanitaire; des maladies d’origine hydrique et des épidémies de diarrhée y ont été signalées.

A retenir

  • Les inondations de 2011 ont touché cinq millions de personnes, détruit 1,5 million d'habitations et 72% des cultures dans une zone qui avait déjà été sévèrement touchée en 2010.
  • 440,000 personnes ont été mises à l'abri et près de 900,000 autres ont pu recevoir des ravitaillements en eau potable.
  • Moins d'un tiers des 357 millions de dollars de fonds d'urgence requis par les Nations Unies a été versé.

“Il y a beaucoup de moustiques ici. Les enfants souffrent de paludisme, de diarrhée et d’autres infections de l’estomac. Nous n’avons pas les moyens de lutter contre les maladies”, dit Meeran, une veuve de 40 ans, mère de six enfants, qui désespère de retrouver la possibilité de gagner sa vie et nourrir ses enfants.

“Notre bétail est mort. Nos cultures sont parties avec les eaux. Nos maisons se sont effondrées et nos vies sont vides”, ajoute-t-elle.

En réponse à la crise, les Nations Unies ont lancé il y a deux mois un plan d’intervention rapide de 357 millions de dollars visant à fournir une aide d’urgence et du travail pour un relèvement rapide. Environ 27 pour cent de ce montant, soit 96 millions de dollars, ont été reçus jusqu’ici.

En partenariat avec le Gouvernement pakistanais, le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) a fourni aux villages touchés des unités de pompage et va bientôt lancer une initiative de relèvement communautaire visant un demi-million de personnes.

“Faire participer la collectivité affectée dans la phase initiale du relèvement après une catastrophe est essentiel. Il est nécessaire de leur redonner un sentiment d'appartenance et de l'espoir pour un meilleur futur”, a déclaré Jordan Ryan, Directeur, au PNUD, du Groupe de la prévention des crises et du relèvement, “car cela leur donne un sentiment d’appropriation et un espoir pour un avenir meilleur”.

En outre, le PNUD travaille avec les autorités pakistanaises de gestion des catastrophes, aux niveaux national et provincial, afin d’aider les collectivités à mieux être à même de lutter contre de nouvelles inondations, notamment en envoyant des coordonnateurs de gestion des risques dans les zones les plus touchées, ainsi que des Volontaires des Nations Unies pour aider l’autorité provinciale de gestion des catastrophes dans la province du Sindh et dans quelques-unes des zones les plus affectées.

Selon le Bureau de la coordination des affaires humanitaires (ONU), depuis le début des inondations 3 millions de personnes environ ont reçu des denrées alimentaires et près d’un million ont reçu des médicaments essentiels. En outre, des centres d’hébergement ont été mis en place pour accueillir près de 440 000 personnes, et environ 900 000 autres ont désormais accès à  l’eau propre.

“La prospérité reviendra chez nous”, a déclaré Kamlesh Kumar, l’un des millions qui se trouvent dans les zones touchées par les inondations dans le sud du Pakistan. “Le bétail et le soutien agricole nous aideront à rétablir nos moyens de subsistance et nous recommencerons à gagner notre vie de manière adéquate.”