Burundi : la réinsertion crée des revenus et aide à refaire sa vie


Marie Chantal Misago dans une session d'information pendant laquelle un coordinateur du PNUD encourage les travailleurs a creer des mini entreprises. Photo: PNUD Burundi

Pour Marie-Chantal Misago, qui vit dans le sud-ouest du Burundi, la route qu’elle aide à reconstruire est la preuve que les choses ont changé depuis que la guerre a pris fin en 2005.

A retenir

  • Le Programme communautaire de Réhabilitation d’un montant de 24 millions de dollar est opérationnel dans 6 des 17 provinces du Burundi durement touchées par la guerre.
  • Des femmes, jeunes, anciens combattants et autres groupes vulnérables réparent les infrastructures de base en 78 jours.
  • 5296 personnes ont jusqu’à présent investi leurs économies pour démarrer des mini entreprises.
  • Le programme vise près de 80.000 personnes sur 3 ans, dont un tiers de femmes.

« La crise m’avait si profondément marquée, jamais je n’aurais pu m’imaginer travaillant avec toutes ces différentes personnes », dit cette mère de sept enfants du village de Nyagasaka. Avec des ex-combattants, des rapatriés et autres habitants du village, elle remet en état cette route longue de 8 km qui mène à un centre de soins tout proche et à l’école.

Mme Misago fait partie d’un groupe de près de 13 000 personnes qui participent à une ambitieuse initiative financée par le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) qui donne des emplois de courte durée à habitants des zones fortement touchées par le conflit.

Des femmes, des jeunes, des ex-combattants et autres groupes vulnérables sont choisis par les autorités locales pour remettre en état, dans l’espace de quelque 78 jours, des infrastructures de base telles que des routes, des ponts, des écoles et autres structures.

On les encourage aussi à économiser une partie de leur salaire et à former des associations qui pourraient les aider à lancer de petits commerces, comme la fabrication de vêtements ou l’élevage. Mme Misago fait partie des 5 296 personnes choisies, elle économise le tiers de son « Je gagne ma vie maintenant, je peux nourrir mes enfants et acheter des fournitures scolaires, ce qu’il m’était très difficile de faire il y a à peine quelques mois », dit-elle. « Je me suis maintenant inscrite avec un groupe pour acheter une meunerie. »

Le programme de relèvement communautaire, d’un montant de 24 millions de dollars et d’une durée de trois ans, est actif dans six des 17 provinces du pays. Il encourage la réinsertion des ex-combattants, des personnes qui étaient déplacées et des autochtones, et vise à aider au total 80 000 personnes, dont un tiers de femmes.

Non loin de Nyagasaka, dans la localité de Rumonge, 80 autres personnes fabriquent des briques renforcées et construisent un poste de police; lorsque celui-ci sera achevé, au milieu de 2012, il contribuera à la sécurité locale et au respect de la loi.

Jordan Ryan, qui dirige le Bureau du PNUD de la prévention des crises et du relèvement, s’est récemment rendu à Nyagasaka et à Rumonge. « Je peux témoigner qu’aujourd’hui, les outils de la construction ont remplacé les armes, et que les jeunes sont en train de travailler ensemble pour forger l’avenir du pays», a a-t-il déclaré.

M. Ryan a également souligné qu’en travaillant ensemble, les habitants du village et les ex-combattants sont en train d’établir des rapports de confiance – un pas important vers la consolidation de la paix.

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