Neutraliser les restes explosifs de la guerre en Bosnie-Herzégovine


Un travailleur découpe des armes, avant leur fusion à la fonderie Jelsingrad de Banja Luka, en Bosnie-Herzégovine. ©Irfan Redzovic

Dans la petite ville de Modrica, deux adolescents ont récemment provoqué l’émoi en apportant des restes explosifs au sein de leur école. Ils les avaient trouvés dans un ancien champ de guerre.

À retenir

  • Un citoyen sur cinq en Bosnie-Herzégovine est susceptible de posséder une arme à feu illégale.
  • En moyenne, plus de 10 actes de violence sont commis avec des armes illégales chaque semaine.
  • Plus de 16 000 tonnes de munitions sont encore présentes en Bosnie-Herzégovine.
  • Depuis 2006, le PNUD a aidé le pays à neutraliser plus de 11 000 tonnes de munitions et de 130 000 armes légères et de petit calibre.
  • Partenaires : PNUD, UNICEF, Royaume-Uni, Union européenne, SEESAC, ICRC (Comité international de la Croix-Rouge), World Future Council, OSCE (Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe).
  • Budget : 406 025 dollars.
  • Durée : septembre 2013 – décembre 2014.

Plusieurs incidents de ce genre ont eu lieu dans la région ces derniers mois. Vingt ans se sont écoulés depuis la fin de la guerre en Bosnie-Herzégovine (1992-1995), mais le pays est encore sous la menace des restes explosifs. Les 750 000 armes à feu illégales et les 16 000 tonnes de munitions en libre circulation ont causé plus de 10 000 décès ces vingt dernières années et continuent de faire des victimes à ce jour.

« Nous devons encore améliorer la sensibilisation des jeunes aux dangers des munitions non explosées, » déclare Zeljko Terzic, un membre de la Protection civile, à l’occasion de l’incident de Modrica.

En 2013, le PNUD et ses partenaires ont lancé la campagne « Pour une vie sans armes » dans le but d’encourager les habitants de Bosnie-Herzégovine à profiter de la loi d’amnistie et remettre à la police, sans aucune répercussion juridique, les armes et les explosifs détenus illégalement. Le métal de ces armes est fondu et recyclé pour produire des pièces de rechange qui serviront aux trains et à d’autres infrastructures publiques.

Depuis le début de la campagne en septembre 2013, plus de 100 000 munitions et engins explosifs ainsi que plus de 4 500 armes à feu ont été récupérés. Ce dangereux butin comprend des fusils, des armes de poing, des mitraillettes, des grenades, des munitions d’artillerie classique et même quelques obus de mortier. Il s’ajoute aux 11 000 tonnes de munitions et aux 130 000 armes que le gouvernement a neutralisées avec l’aide du PNUD depuis 2006.

« L’ampleur de cette campagne de collecte d’armes est sans précédent », déclare Yuri Afanasiev, représentant résident du PNUD en Bosnie-Herzégovine. « D’après les estimations des Nations Unies, depuis la fin de la guerre, près de 4 000 ex-combattants se sont suicidés en utilisant des armes illégales, emportant souvent amis et famille avec eux. C’est une des raisons pour laquelle cette campagne est cruciale. »

 « La majeure partie des armes collectées sera détruite et mise hors de portée des enfants et des groupes criminels, » ajoute Radislav Jovicic, ministre des Affaires intérieures de la République serbe de Bosnie, l’une des deux entités de Bosnie-Herzégovine. 

« À l’avenir, nous voulons que nos enfants puissent marcher dans la rue sans crainte, » affirme l’un des professeurs de l’école secondaire de Modrica. « Ce projet n’en est qu’à ses débuts, mais chaque arme illégale récupérée nous écarte peu à peu du danger et de l’insécurité. »

Le PNUD en action
De nouveaux partenariats pour le développement

Notre Rapport annuel 2013-2014 met en lumière les résultats de notre travail dans plusieurs domaines clés. De la sécurité alimentaire à la création d’emplois, au bon déroulement des élections, au relèvement d’après crise et à la gestion des ressources naturelles non renouvelables, nos efforts convergent vers un but concret : aider les pays à éliminer la pauvreté et à réduire les inégalités.

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