Les forgerons porteurs de nouveaux espoirs au Ghana

Abukari Abdulai, un forgeron du Ghana, transforme des armes légères en ustensiles de cuisine
Des forgerons du Ghana ont appris à produire de nouveaux produits, dont des ustensiles de cuisine et des seaux à charbon. Photo: PNUD au Ghana

C’est dans un quartier périphérique de Yendi, une ville autrefois redoutée de la région du même nom dans le nord-est du Ghana, que vit Abukari Abdulai, homme d’âge moyen, assis ce jour-là à l’ombre d’un atelier de forgeron délabré dans lequel il travaille. Abdulai est secrétaire de l’Association des forgerons de Boriguyili. Les artisans qui comme lui travaillent le fer ont été longtemps accusés de fabriquer une grande partie des armes légères et autres équipements de torture utilisés lors des conflits civils à Yendi.

Pendant la saison creuse, lorsque l’activité agricole s'arrête et qu’ils n’ont pas de clients pour acheter leurs houes, machettes et haches, les forgerons peuvent être tentés de fabriquer des armes légères, celles-ci étant très demandées dans la région.

A retenir

  • Le programme a permis à 250 forgerons de se regrouper en associations.
  • Les forgerons ont été formés pour lutter contre la prolifération des armes légères.
  • Soixante forgerons ont pu travailler avec des institutions de microfinance pour trouver de nouveaux moyens de subsistance.
  • Depuis 2011, 140 chefs traditionnels et sages ont reçu des formations en prévention et résolution de conflits.

Abukari Abdulai se remémore les événements de mars 2002, lorsque 30 habitants de Yendi, membres de deux familles opposées par une longue rivalité, ont été assassinés de sang-froid. L’enquête qui suivit a déterminé que la principale cause de ce conflit avait été la possibilité pour les factions ennemies d'acquérir des armes « sans aucune restriction » et a recommandé aux pouvoirs publics de prendre des mesures pour récupérer toutes ces armes, en raison de la menace qu’elles faisaient planer en permanence sur la sécurité nationale.

Sur la base de ces recommandations, les Nations Unies ont mis en œuvre le Programme commun pour la sécurité humaine au Ghana et ont fait appel aux compétences de six organismes onusiens, dont le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD).

La contribution du PNUD a notamment permis dès 2011 à plus de 250 forgerons dont M. Abdulai et ses collègues de former des associations professionnelles dans les villes de Yendi, Bawku, Tamale et Wa. Les participants ont ensuite été formés à devenir des leaders dans la lutte pour la réduction du risque de prolifération des armes légères.

La création d’associations de forgerons fait également partie d’un effort plus vaste visant à dissuader les gens de produire des armes illégales en leur offrant d’autres sources de revenus. C’est ainsi, par exemple, que le programme a permis à 60 forgerons de travailler avec des institutions de microfinance ghanéennes pouvant les aider à lancer des entreprises et à trouver de nouveaux moyens de subsistance. Les forgerons apprennent maintenant à fabriquer de nouveaux produits tels que des ustensiles de cuisine, des seaux à charbon, des conteneurs à eau et des outils agricoles.

De plus, depuis 2011 le PNUD a dispensé des formations de prévention et  résolution de conflits à 140 chefs traditionnels et sages de communautés  situées dans quatre régions du pays.

Selon un sondage récent sur la sécurité mené dans les zones touchées par les conflits dans le nord-est du Ghana, 85,5 % des personnes interrogées déclarent avoir vu une réduction des tensions entre 2009 et 2011. Les habitants disent également avoir assisté au retour de plus de la moitié des gens qui avaient fui par milliers les flambées de violence de 2002 à Yendi, tandis que les fonctionnaires de l’État acceptent à nouveau d’occuper des postes dans la région.

« Partout où nous avons travaillé, les fils de Dagbon ont bien compris que nous avons besoin de paix pour nous développer », déclare M. Abdulai, assis parmi ses confrères forgerons, riant et prévoyant déjà un plan d’action pour convaincre ceux qui continuent à fabriquer des armes d'arrêter. « Notre passé tragique nous a démontré que la paix est primordiale. »

Le PNUD en action
De nouveaux partenariats pour le développement

De la sécurité alimentaire à la création d’emplois, au bon déroulement des élections, au relèvement d’après crise et à la gestion des ressources naturelles non renouvelables, nos efforts convergent vers un but concret : aider les pays à éliminer la pauvreté et à réduire les inégalités.

Voir tous les rapports annuels