De l'espoir pour les jeunes somaliens, malgré les difficultés

De jeunes Somaliens jouent au foot. Photo UNHCR/ B. Heger
De jeunes Somaliens jouent au foot. Photo UNHCR/ B. Heger

Orphelin depuis plusieurs années suite au décès de ses parents lors d’une explosion, Ali, 21 ans, a travaillé dans un poste de sécurité pour pouvoir se nourrir, lui, ainsi que ses deux petits frères. Armé d’un fusil, il devait contrôler les véhicules qui passaient par le point de contrôle.

Highlights

  • Plus de 70% de la population somalienne a moins de trente ans
  • Le taux de chômage des jeunes de 14 à 29 ans est de 67%, l'un des taux les plus élevés dans le monde
  • Depuis 2011, 1.650 jeunes Somaliens ont eu une chance de réinsertion grâce à des activités d'éducation et de formation en leadership
  • Le programme est financé par le Gouvernement du Japon, qui a contribué de 12 millions de dollars entre 2011 à 2013

Ali s'est tourné vers la drogue et a vite oublié son rêve d'enfance : devenir une star du football. « Je rêvais de devenir une star du football comme Ronaldo, mais je n'en ai jamais eu la chance», confie-t-il. Son rêve s’est évanoui jusqu'au jour où il a rencontré un groupe de femmes qui a changé sa vie.

Le Groupe de protection civile des femmes (WCPU, Women Civilian Protection Unit), qui fait partie du projet Sécurité communautaire du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), aide des jeunes comme Ali à changer le cours de leur vie. En partenariat avec le programme Youth for Change (Y4C), une initiative conjointe du PNUD, de l'UNICEF et de l'Organisation internationale du travail (OIT), ce groupe de femmes sensibilise les jeunes Somaliens en lien avec des groupes armés à l'impact négatif du conflit et de la violence sur leur pays, pour les aider à renoncer à la violence.

Lancé en 2011, le programme offre aux jeunes une chance de réinsertion et de développement personnel à travers des activités éducatives, la réinsertion sociale, l'intégration économique et la formation au leadership. Le Gouvernement du Japon finance l’initiative, avec une enveloppe de 12 millions de dollars pour la période 2011-2013.

 Ali terminera le programme Y4C ce mois-ci, en même temps que plus de 1650 autres jeunes. Il y aura appris à renforcer la paix et la gouvernance et suivi des cours d'art, de théâtre et de Coran ainsi que de sport. Il a également reçu une formation professionnelle et choisi d'apprendre la mécanique pour avoir un revenu stable.

Ce qui l'a le plus séduit, c'est la possibilité de rejouer au football. « J'ai retrouvé ma passion de toujours : le football ! J'ai dû courir des kilomètres pour retrouver la forme, car je fumais tout le temps avant. J'ai tout arrêté et je me suis consacré à devenir le meilleur footballeur de Mogadiscio », raconte-t-il avec un grand sourire.

Un tournoi de football a été organisé en mai, une première depuis 20 ans du fait de la grande insécurité qui règne en Somalie. Le match entre policiers et jeunes du programme Y4C a été le clou de l'événement. La rencontre, organisée par des ONG locales et les partenaires de Y4C, visait essentiellement à favoriser de meilleurs rapports entre la police et les jeunes précédemment impliqués dans la criminalité ou des comportements à risques.

Le jour du grand événement, Ali a été impressionné par les policiers. « C'étaient de bons joueurs. Et quand je suis tombé, l'un d'eux m'a aidé à me relever. Je n'en revenais pas. Nous avons remporté le match grâce à mon but. Je ne m'étais pas senti si bien depuis des années ».

Publication (Anglais)
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