RD Congo : les ex-combattants réintègrent la communauté

Wathum  a suivi une formation en menuiserie après sa démobilisation, Ituri, République démocratique du Congo.
Wathum a suivi une formation en menuiserie après sa démobilisation, Ituri, République démocratique du Congo. Photo: Jin Hee Dieu/PNUD

Wathum Ukecha, 32 ans, vit à Mahagi, dans le district de l’Ituri en République démocratique du Congo (RDC), à la frontière avec l’Ouganda. Cette région n’a pas toujours été paisible, dit-il.

« Dans les années 2000, [chaque communauté possédait son propre groupe armé et les conflits ethniques avaient dégénéré en de graves guerres civiles] cela devenait de plus en plus risqué de travailler dans les champs et de se déplacer. C’est pour cela que j’ai rejoint l’armée patriotique des Congolais. »

A retenir

  • Le bilan des violents conflits ethniques survenus en Ituri entre 1999 et 2004 est de 50 000 morts et d’environ 600 000 personnes déplacées.
  • Le programme de réinsertion des ex-combattants vise le renforcement de la cohésion sociale, l’accès aux services sociaux de base et la relance économique locale.
  • Le projet est financé par le Fonds d’affectation spéciale des Nations Unies pour la sécurité humaine à hauteur de 5 millions de dollars EU.
  • Depuis 2009, environ 300 000 personnes ont bénéficié de la reconstruction et réhabilitation des infrastructures de base.

Après quatre années précaires passées dans la forêt, Wathum a choisi volontairement de se démobiliser après avoir entendu parler du projet de réinsertion pour les ex-combattants du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD).

Organisés en groupes d’une vingtaine de bénéficiaires, ex-combattants, jeunes déscolarisés et femmes vulnérables reçoivent une formation en agriculture, élevage ou menuiserie et disposent d’un atelier où travailler. Pour l’ensemble du projet, 8 groupes ont été établis dans 4 locations différentes de la région.

Après avoir suivi une formation de six mois, Wathum a reçu un kit d’outils pour se lancer. Depuis, son carnet de commandes est plein. « Mon métier de menuisier me rapporte en moyenne 30 dollars EU par semaine. Grâce à notre capital, ma femme a pu, elle aussi, se lancer dans le commerce. »

La formation  dont Wathum a bénéficié entre dans le cadre d’un projet plus large d’autonomisation communautaire et de consolidation de la paix (ACPI) mis en œuvre depuis 2009 par plusieurs agences des Nations Unies en Ituri avec un budget de 5 millions de dollars EU.

Le projet vise le renforcement de la cohésion sociale, l’accès aux services sociaux de base et la relance économique locale. Ainsi, depuis 2009, 3 commissariats, 3 marchés modernes et 3 centres de soins de santé primaires ont été construits ainsi que les infrastructures sanitaires réhabilitées au bénéfice de quelque 300 000 personnes.

Les 1 200 bénéficiaires du projet de réinsertion des ex-combattants du PNUD ont, dans environ 50 pour cent des cas, réussi à obtenir un emploi stable et pérenne.

Disposant de revenus réguliers, Wathum a maintenant accès à des crédits solidaires, octroyés aux groupes qui démontrent leur fiabilité et leur capacité à fabriquer et vendre leurs produits. Le montant du prêt (en général 100-200 dollars EU) est versé à une personne du groupe sur base rotative. Le bénéficiaire s'engage à rembourser le prêt chaque semaine et le groupe l’épaule en cas de défaut, selon le principe de solidarité. « À moi seul, on n’accorderait pas une telle somme » dit Wathum.  « Grâce à cela, nous achetons à présent plus facilement du carburant pour nos machines, des pièces de rechange et des clous. »