Les femmes d’Ampara au Sri Lanka s’engagent

Les participantes du Projet brandissant une bannière symbolisant lúnité
Des femmes dirigeantes réunies lors d'une rencontre politique à Ampara, Sri Lanka. (Photo: PNUD)

K. Lalith Kulanayaka est récemment devenue la première femme élue au conseil régional d’une région du Sri Lanka où la participation des femmes à la politique est l’une des plus faibles du pays.

Lalith, déterminée à servir sa communauté et en particulier les femmes, a été élue au Pradeshiya Sabha (conseil régional) de la division de Lahugala dans le district d’Ampara. Elle attribue une bonne partie de son succès au projet de développement du leadership des femmes -Women’s Leadership Development Project – (WLDP), mis en place par le Bureau pour la prévention des crises et le relèvement du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD).

A retenir

  • Un programme de formation des femmes au leadership, appuyé par le PNUD, a donné à 30 femmes du district d'Ampara au Sri Lanka les moyens d’assumer des rôles dirigeants au niveau local.
  • 23 d’entre elles occupent des positions de leadership dans leurs villages, et plusieurs se sont présentées aux récentes élections locales.
  • Au Sri Lanka, moins de 5 % des parlementaires sont des femmes.

Ce projet lui a fourni une formation qui lui a permis d’affuter ses compétences et connaissances politiques. Il l’a également mise en relation avec un réseau de soutien composé de femmes visionnaires, qui l’a aidée à devenir une meilleure dirigeante, plus confiante en elle-même.

Bien que les femmes aient un rôle clé à jouer dans la prise de décision, elles sont souvent sous-représentées dans les organes de décision locaux au Sri Lanka. Moins de cinq pour cent des membres du parlement sont des femmes et la représentation féminine est encore plus faible aux niveaux provincial et local.

Le WLDP a été mis sur pied en 2009, avec un budget de 250.000 dollars pour une période de 15 mois. Il est conçu pour faire tomber les barrières socioculturelles auxquelles sont confrontées les femmes dans le district sri lankais d’Ampara, en leur donnant les moyens d’assumer des rôles dirigeants au niveau local.

Pour un coût d'environ $ 8.300 par bénéficiaire, l'initiative appuie les femmes au travers d’une formation intensive d’un an. Les participantes reçoivent ensuite un financement pour développer leurs propres initiatives communautaires.

Des sessions de réseautage communautaire mensuelles leur permettent aussi de rencontrer des prestataires locaux de services, tels que des membres des forces de police, des agents des services de développement et de bien-être social, ou des représentants du conseil des eaux.

Au cours d'une récente session à Colombo, la capitale, les participantes ont discuté des avantages que leur ont apportés leurs connaissances nouvellement acquises et ont partagé les expériences acquises en essayant de jouer des rôles plus actifs dans la détermination des politiques et la gouvernance. Elles ont également expliqué comment elles ont surmonté les barrières familiales et culturelles en invitant des membres de leurs familles à participer au programme.

Les participantes ont de plus remarqué que la formation leur avait fait comprendre les avantages et le potentiel d'une action conjointe. Elles sont aujourd'hui mieux à même de travailler comme un groupe, malgré la diversité de leurs origines ethniques, sociales et économiques.

Le WLPD a aidé les participantes à s’engager et assumer un rôle de dirigeantes.

Rajini Dhanaraja s'était inscrite au programme de leadership en espérant apprendre comment elle pouvait aider les femmes victimes de violences. Deux sessions du programme lui ont permis de développer ses connaissances sur les droits des femmes et de diriger une femme de son village vers un centre d'assistance juridique gratuite.

Rajini a également rassemblé un groupe de 25 personnes pour éveiller les consciences aux mauvais traitements subis par les femmes dans sa zone. Ensemble, elles visitent les commissariats de polices locaux et plaident en faveur d'une plus grande attention à la sécurité des femmes.

À juste 21 ans, elle est devenue un catalyseur de l'autonomisation des femmes dans son village et est actuellement présidente de la Tharagai Women’s Society.

Comme l'a déclaré une des femmes qui ont pris part au projet, « en participant, nous avons développé notre confiance en nous-mêmes. Aujourd'hui, nous n’avons pas peur d'aller n'importe où ni de parler à n'importe qui ».