Ex-République yougoslave de Macédoine : Les municipalités coopèrent pour fournir de meilleurs services

des hommes a un marche en Macedoine
De nouveaux fonds ont été investis dans un marché rénové au centre de Krivogastani, ou des citoyens peuvent trouver une variété de biens et de services. Photo: PNUD

Des cartes plus précises pour guider les pompiers, des routes ou des systèmes d’adduction d’eau améliorés, des formations pour les enseignants qui s’occupent d’enfants ayant des besoins spéciaux – ce sont là certains des services publics que les municipalités de petite taille peuvent dorénavant offrir à leurs administrés dans l’ex-République yougoslave de Macédoine.

Dans le cadre d’un projet bénéficiant de l’appui du PNUD, les municipalités disposant de ressources limitées ont formé des organes administratifs communs. Cette coopération leur permet de mieux servir leurs administrés, de réduire les coûts et d’améliorer le recouvrement et la gestion des impôts.

A retenir

  • 800 000 personnes reçoivent de meilleurs services publics.
  • En ex-République yougoslave de Macédoine, trois municipalités sur quatre participent à la coopération inter-villes.
  • Le taux de perception des impôts a augmenté de 60 pour cent.
  • Les dépenses publiques ont diminué, en partie à cause de la réduction des effectifs.

D’après Zaklina Zitosanska, fonctionnaire de l’agence conjointe de perception des impôts des villes de Krivogastani et Dolneni, de nouvelles compétences en matière d’administration fiscale et la mise à jour de la base de données des personnes imposables ont permis une augmentation de 30 pour cent des recettes.

« Nous avons désormais les capacités de récolter les ressources dont nous avons besoin pour nos communautés », dit-elle.

Vers une participation locale

Après l’accord de paix d’Ohrid qui, en 2001, a mis fin aux conflits internes dans l’ex-République yougoslave de Macédoine, le gouvernement, qui espérait remplir les conditions d’accession à l’Union européenne, s’est lancé dans des réformes ambitieuses afin d’arriver à une administration décentralisée. Son but était d’améliorer l’éducation, la santé et la protection sociale, ainsi que l’urbanisme, la protection de l’environnement et le développement économique dans les 85 municipalités du pays.

Les réformes se sont déroulées sans heurts dans les grandes villes. Mais les petites villes et les villages ne s’en sortaient pas. Les disparités s’aggravant entre municipalités, la population des régions en difficulté a commencé à s’agiter.

Des partenariats pilotes

Pour réduire les tensions et faire avancer le processus de manière plus équitable, le PNUD a proposé une solution : que les municipalités mettent leurs ressources en commun par le biais d’une coopération inter-villes.

Pour en faire la démonstration, le PNUD a aidé à mettre en place un projet pilote à Bosilovo, Vasilevo et Novo Selo, trois villages du sud de l’ex-République yougoslave de Macédoine. Il s’agissait de créer trois organes administratifs communs pour gérer les impôts, l’urbanisme et les inspections publiques en vue de délivrer des certificats et de vérifier la conformité aux règlements locaux. Chacune des municipalités a accueilli l’un des organes communs et fourni le personnel nécessaire.

Le projet prévoyait aussi une formation pour les fonctionnaires des municipalités et une sensibilisation de la population. Pour cela, il a ouvert des centres de service pour citoyens, créé un site Internet pour chacune des administrations locales et fourni des véhicules pour que les fonctionnaires puissent se rendre dans des endroits isolés.

En deux ans, Novo Selo avait amélioré les infrastructures pour les télécommunications, l’eau, l’électricité et les transports, Bosilovo avait refait les routes et acheté du matériel pour les écoles et Vasilevo avait réparé les systèmes de canalisation d’eau et les égouts. Le taux de perception des impôts avait augmenté de 60 pour cent dans les trois municipalités, alors que leurs dépenses avaient baissé de 12 pour cent.

Un succès national

Impressionné par le succès du projet pilote, le gouvernement a adopté ce modèle de coopération à l’échelon national. Avec l’aide du PNUD, il a rédigé un projet de loi et créé une Commission nationale sur la coopération inter-villes.

Début 2011, 62 municipalités se sont engagées à participer à 26 partenariats inter-villes. Le PNUD a poursuivi son aide pour former plus de 800 responsables locaux et s’est efforcé de définir une stratégie pour les subventions, afin d’obtenir les fonds de départ pour des innovations en matière de prestation de services.

À l’heure actuelle, l’ex-République yougoslave de Macédoine est devenue un leader régional en matière de coopération inter-villes. Plus de 800 000 personnes ont bénéficié d’initiatives comme l’accord officiel signé dans la ville de Zajas pour que la protection sociale des groupes vulnérables devienne une priorité.

« Avant le projet, les autorités locales ne semblaient guère se soucier de ces gens », explique Lutfi Osmani, président du Conseil villageois de Zajas. « Maintenant que les municipalités travaillent visiblement de concert pour définir leurs besoins, nous avons bon espoir. »