Le Salvador : un exemple de consolidation de la paix

Un électeur dépose son vote à San Miguel, au Salvador. ©Milton Grant/PNUD
Un électeur dépose son vote à San Miguel, au Salvador. Depuis la fin du conflit armé, le PNUD a aidé à remettre sur pied les institutions démocratiques pour la consolidation de la paix. © Milton Grant /PNUD

Le conflit armé qui a déchiré le Salvador de la fin des années 70 aux années 80 a pris fin en 1992 avec les Accords de paix de Chapultepec.  Depuis, le PNUD a contribué à remettre sur pied les institutions mais la consolidation de la gouvernance démocratique est freinée par des obstacles persistants, notamment un système fragile de protection des droits de l’homme, un système électoral désuet, une culture politique polarisée, un appareil étatique lourd et centralisé et un manque de capacités à négocier et résoudre les conflits sociaux.

A retenir

  • 2751 personnes ont été tuées au Salvador en 2012, dans 70% des cas par des armes à feu. La plupart des victimes étaient des jeunes entre 18 et 30 ans.
  • Le PNUD appuie l'Etat depuis 2003 pour renforcer les systèmes d'enregistrement et améliorer la ​​communication entre les différents organismes gouvernement au niveau ministériel, fiscal et judiciaire.
  • Les données du projet concernant les municipalités où les armes sont interdites font ressortir que les violences meurtrières ont été réduites de 49 % tandis que les actes criminels commis avec des armes à feu ont enregistré une réduction de 24 %.

Depuis 2003, le PNUD s'attelle à comprendre la violence sociale généralisée, en identifiant plusieurs facteurs, tels que la faiblesse des institutions, les séquelles de la guerre civile, l’accès facile aux armes, les facteurs psychosociaux, les habitudes culturelles et la criminalité internationale liée au trafic de stupéfiants et d’armes. Bien que ce diagnostic ait mis en évidence les nombreux aspects de la violence, les réponses programmatiques se concentrèrent sur leur manifestation la plus visible : les armes à feu.

Le PNUD a soutenu le renforcement de la législation relative au contrôle des armes et les mécanismes administratifs permettant de l’appliquer. L’une des principales contributions du PNUD a été d’éclairer le débat national sur la violence à travers des recherches, des interventions expérimentales et des discussions participatives. Une étude du PNUD sur les armes à feu et la violence au Salvador a été cruciale pour la formulation par le Gouvernement de propositions visant à amender les lois et les réglementations existantes sur les armes à feu. Cette recherche a impliqué 70 chercheurs, 35 superviseurs et des données fournies par la police sur 80 000 crimes.

Bien que ces interventions n’aient pas eu d’impact quantifiable sur la violence dans l’ensemble du pays, elles fournissent néanmoins des cadres qui ont été adoptés nationalement. Dans la municipalité de San Martin, la réduction de 49 % des violences meurtrières et la diminution de 24 % des actes criminels commis avec des armes à feu sont attribuables au projet pilote du PNUD établissant des municipalités où les armes sont interdites.

Depuis 2005, 30 municipalités parmi les plus violentes du pays ont mis en place un ban sur les armes, touchant directement 2,5 millions de personnes.

En 2011, dans la zone métropolitaine de San Salvador le taux de meurtres locaux avait diminué de 19 %, celui des vols de 78 % et celui des blessures causées par les armes de 68 %.

Leçons apprises

Les changements prennent du temps après un conflit : même après l’arrêt des conflits armés, les tensions sociales sous-jacentes compliquent les processus politiques, judiciaires et administratifs. Pour que les transformations soient durables, il faut compter des décennies, et non des cycles de projet de trois à cinq ans.

 

Il est important d’avoir une vision stratégique : le PNUD a d’abord donné priorité au renforcement des capacités institutionnelles pour la gouvernance démocratique avant de s'adresser à la violence endémique.

 

Une certaine souplesse dans la mise en oeuvre est essentielle : le programme a englobé divers projets, tant au niveau national que local. Bien qu’autonomes, ils se complétaient et se renforçaient mutuellement.

 

Importance des partenariats : le PNUD a des ressources modestes et d’autres donateurs doivent intervenir, car ils apportent une expérience et un appui politique différents à un processus délicat.