Albanie : débarrassée des mines et sur le chemin du développement

La survivante de mine Izet Ademaj:
La survivante de mine Izet Ademaj: "J’ai perdu ma jambe pendant la guerre du Kosovo. Depuis que j’ai obtenu ma première prothèse, je peux marcher librement, danser et jouer au football." Photo: PNUD

Après une décennie de déminage, l’Albanie est officiellement débarrassée de ses mines.

A retenir

  • 13 000 mines antipersonnel détruites.
  • 16 millions de mètres carrés de terres agricoles et de pâtures déminés.
  • De nouveaux investissements dans les routes, les systèmes d’approvisionnement en eau, les centres de santé et les écoles.
  • 185 organisations communautaires créées pour mettre en œuvre des projets de développement à petite échelle.

Cet héritage du conflit du Kosovo en 1999 a coûté la vie à 34 personnes et blessé 238 autres. Les efforts conjoints d’organismes publics et du PNUD ont toutefois permis l’élimination de 12 452 mines antipersonnel, 152 mines antichar et 4 965 pièces de munitions non explosées.

Au nord-est de l’Albanie – la région considérée comme la plus pauvre et la moins accessible du pays – 16 millions de mètres carrés ont été déminés. Près de 25 000 habitants ont ainsi pu reprendre les activités agricoles dont dépendent leurs moyens de subsistance.

 « Maintenant, nos enfants peuvent jouer librement, nous pouvons utiliser nos terres et faire paître notre bétail sans craindre d’être blessés », se réjouit Rujmene Begiraj, un habitant du village de Borja.

Un héritage de la guerre

Pendant les 78 jours du conflit, des mines ont été éparpillées à travers les districts de Kukes, Has et Tropoja. À la fin des hostilités, le Gouvernement albanais a demandé au PNUD de l’aider à éliminer les mines et à rétablir la sécurité dans les districts affectés.

Le PNUD a œuvré à renforcer les capacités de coordination, d’exécution et de surveillance des travaux de déminage. En 2006, fort de leurs nouvelles compétences techniques et managériales, les opérateurs albanais constituaient l’essentiel des six équipes de déminage manuel.

Ces activités s’inscrivent dans le vaste effort du PNUD pour renforcer le lien entre le déminage et le développement local en Albanie.

Le PNUD s’est donc efforcé de fournir aux survivants d’accidents un meilleur accès aux soins médicaux, aux services sociaux et de rééducation, et aux prothèses. Les enfants blessés ont obtenu une assistance pour le transport ainsi que des cours privés, tandis que les victimes adultes bénéficiaient de formations professionnelles et de microcrédits pour la création d’entreprise.

De plus, des ateliers conduits par le PNUD ont appris aux habitants des zones infestées par les mines comment éviter les munitions non explosées, réduisant ainsi le nombre des accidents de 154 en 1999 à zéro en 2006.

Le PNUD a également fourni la formation et l’équipement nécessaires à l’ouverture des toutes premières unités de physiothérapie et d’orthopédie au sein de l’hôpital régional de Kukes.

 « J’ai perdu ma jambe le 27 mai 1999, au moment où de nombreux réfugiés traversaient la frontière vers l’Albanie, » raconte Izet Ademaj, une victime survivante des mines. « Depuis que j’ai obtenu ma première prothèse à Kukes, je peux marcher librement, danser et jouer au football. »

Vers un avenir meilleur

Pour assurer un développement continu, le PNUD et la Commission européenne ont mis en place l’Initiative de développement régional de Kukes, qui vise à élargir le cadre de la lutte antimines afin d’y intégrer des thèmes de développement clés, tels que les infrastructures, la pauvreté et le chômage.

Le PNUD et la Commission européenne ont permis de canaliser plus de 6 millions de dollars vers des projets de modernisation des routes et des systèmes d’approvisionnement en eau, et de construire des centres de santé et des écoles. Aussi souvent que possible, les entreprises locales ont exécuté les projets, multipliant ainsi les opportunités d’emploi dans la région.

En 2008, au terme de l’Initiative de développement régional de Kukes, ses activités avaient atteint 89 % des habitants de la zone du programme, et le taux de pauvreté absolue avait baissé de 3 %.

 « Cette zone n’est plus un lieu de désolation mais de paix et d’harmonie », conclut Rama Basha, un représentant de la commune de Shishtavec dans la région de Kukes.

Campagne 'Prête ta jambe'

 

Le Secrétaire Général de l'ONU Ban Ki-moon, l'Administratrice Associée du PNUD Helen Clark, l'Ambassadeur de bonne volonté du PNUD et superstart du football Iker Casillas, et de nombreuses autres célébrités et survivants de mines anti-personel, encouragent tout le monde à Prêter leur jambe pour un monde sans mines.

 

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